Alors que l’Union européenne vient d’assouplir le calendrier de sortie des moteurs thermiques après 2035, les finances publiques belges tirent plus que jamais profit de l’essence et du Diesel. Les chiffres communiqués par le SPF Finances montrent une trajectoire claire : sur les dix premiers mois de l’année, les accises et taxes liées aux carburants routiers ont déjà rapporté 5,66 milliards d’euros au Trésor.
Dans le détail, le Diesel reste la première source de revenus fiscaux avec 3,56 milliards d’euros, mais l’essence poursuit une progression rapide et totalise déjà 2,09 milliards. Si la tendance actuelle se confirme jusqu’en décembre, l’exercice en cours pourrait se clôturer autour de 6,79 milliards d’euros, soit nettement au-dessus du record établi l’an dernier à 6,15 milliards. Un sommet inédit alors que l’on connaît une montée en puissance des motorisations électriques.
L’abandon progressif du Diesel ?
On aura remarqué que le Diesel est la première source de revenus alors que, depuis une décennie, les automobilistes délaissent ce carburant au profit de l’essence. Un mouvement amorcé après le scandale du Dieselgate. Sur dix ans, la bascule est spectaculaire : la consommation de Diesel a reculé d’environ 23 %, tandis que celle d’essence a plus que doublé sur la même période. Le basculement s’est accéléré récemment : à l’été dernier, le Diesel a atteint un plus bas historique en volume mensuel. Dans le même temps, l’essence a dépassé les 40% (42,7%) de la consommation totale, un niveau jamais observé auparavant.
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Ce changement n’entraîne pas une baisse équivalente des volumes consommés. Les moteurs essence affichent en moyenne une consommation plus élevée à distance parcourue équivalente, ce qui est évidemment logique vu le rendement supérieur des moteurs Diesel. Résultat : même avec une part croissante de véhicules électrifiés, la demande globale en carburants routiers reste étonnamment stable.
Maximiser les volumes taxés
La structure fiscale belge amplifie cet effet. Contrairement à d’autres pays européens, les droits d’accise appliqués à l’essence et au Diesel sont strictement identiques. En moyenne, les taxes représentent environ 600 euros pour 1.000 litres, soit 60 centimes par litre, soit un tiers du prix final payé à la pompe. La Belgique se situe ainsi parmi les pays les plus taxés. Seule la France applique une pression fiscale plus élevée sur le Diesel tandis que pour l’essence, seul le Luxembourg affiche des niveaux inférieurs.
Au final, la recomposition du parc automobile belge ne se traduit pas par une érosion des recettes fiscales à la pompe. Au contraire. Le recul du Diesel est plus que compensé par la montée en puissance de l’essence. Dans un cadre fiscal inchangé, cette évolution maintient – et même renforce à court terme – le rendement des accises, malgré la progression des motorisations électrifiées. L’État ne devrait donc pas trop se plaindre, car l’automobiliste contribue largement au budget.
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