Le cartel pétrolier de l’OPEP+ – qui rassemble les principaux pays exportateurs et leurs alliés – a annoncé une nouvelle augmentation de sa production pour septembre 2025. Cette décision va se traduire par une hausse de 548.000 barils par jour et elle s’inscrit dans une série d’ajustements successifs opérés depuis avril dernier. Il s’agissait pour l’organisme de retrouver un peu de souplesse après les restrictions drastiques décidées en 2023 lorsque les exportations avaient été réduites de 2,2 millions de barils afin de contrer l’érosion des prix et, surtout, relancer la demande mondiale. Car un pétrole pas cher ralentit forcément les initiatives de transition énergétique. Or, les pays producteurs souhaitent pouvoir compter sur des revenus tirés du pétrole le plus longtemps possible.
Ce choix stratégique implique huit grands producteurs – parmi lesquels l’Arabie saoudite, la Russie, l’Algérie ou encore les Émirats arabes unis – et il avait déjà une pression baissière notable sur les prix. Le baril de Brent, référence du marché, avait ainsi chuté en avril de 74 à moins de 65 dollars, avant de plonger vers les 60 dollars en mai, à mesure que les annonces de l’OPEP+ se succédaient.
Des cours volatils ?
Cette nouvelle hausse de production va donc intervenir alors que le baril s’est récemment stabilisé autour de 70 dollars, après avoir été brièvement soutenu par une conjoncture plus tendue avec notamment les frappes américaines et israéliennes contre des intérêts iraniens, mais aussi une demande estivale traditionnellement plus vigoureuse. Mais la remontée des prix a été plus que freinée, spécialement en raison de pays comme l’Irak et le Kazakhstan qui produisent au-delà de leurs plafonds.
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Les marchés avaient d’ailleurs anticipé la dernière annonce de l’OPEP+. Dès vendredi, le Brent avait perdu près de 3% de sa valeur, s’affichant en deçà des 70 dollars. Les Bourses pétrolières du Moyen-Orient n’ont pas tardé à réagir : le Murban – c’est-à-dire le brut émirati – reculait de 2,5% ce dimanche.
Vers une pause dans les augmentations ?
Mais quelle sera la suite ? La stratégie à venir de l’OPEP+ n’est pas très claire. Selon plusieurs sources, dont l’agence Bloomberg, une nouvelle augmentation de 1,66 million de barils pourrait faire l’objet de discussions d’ici décembre. Mais dans l’immédiat, les analystes s’accordent plutôt sur un probable gel des volumes. Car au prix actuel, il devient de plus en plus complexe pour des États comme l’Arabie saoudite de couvrir les budgets publics qui sont fortement dépendants des revenus pétroliers.
Par ailleurs, l’équilibre du marché semble de plus en plus instable. D’un côté, la demande mondiale reste bridée par une croissance économique molle. De l’autre, la Chine – autrefois moteur du secteur – freine ses achats en raison de l’essor des énergies renouvelables et de la transition vers la voiture électrique. Si la tendance se poursuit, le dernier trimestre de 2025 pourrait être marqué par une chute des prix, même si celle-ci sera certainement à relativiser puisque l’essentiel du prix que les consommateurs payent à la pompe provient des taxes et non du pétrole brut. Mais ce scénario de l’effondrement des prix ne sera certainement pas celui que l’OPEP+ voudra privilégier. L’organisation cherche encore l’équilibre entre production et rémunération. On verra si elle le trouve dans les semaines qui viennent. En attendant, les automobilistes pourront déjà tabler sur une stabilité des prix. Ce qui n’est pas si mal...
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