Feu Jean Rédélé, fondateur de la marque il y a 70 ans, doit se retourner dans sa tombe : en effet, l’A390 est le véhicule le plus lourd de toute l’histoire d’Alpine avec un poids de 2.121 kg à vide ! On passe donc à une nouvelle catégorie de produits qui ne mettent plus en avant leur légèreté comme atout principal. Par contre, les ingénieurs de la firme de Dieppe ont développé ce nouveau véhicule en partant du principe qu’il devrait être aussi agréable à conduire que l’A110, malgré son gabarit très différent.
Identité stylistique forte
Les stylistes d’Alpine ont réussi à notre sens à créer l’un des crossovers les plus réussis esthétiquement du marché qui ne renie pas l’ADN de la marque. On est en présence d’un véhicule musclé aux hanches bien marquées, avec une face avant une face avant arrondie équipée de quatre feux qui fait penser à l’A110, et un toit fuyant semble flotter sur le reste de la carrosserie lorsque le pavillon est peint dans une autre teinte que la carrosserie. Certains détails attirent le regard comme le capot avant sculpté ou le logo Alpine illuminé intégré dans le spoiler l’arrière.
On peut également saluer le fait qu’Alpine n’a pas basculé dans le gigantisme avec une longueur de 4,61 m et une largeur de 1,88 m. Le gabarit de l’A390 est raisonnable, ce qui lui permet de se garer et de passer presque partout. Le coffre est loin d’être ridicule avec un volume de 532 litres et la possibilité de dégager un plancher plat lorsque les dossiers arrières sont rabattus.
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Economies d’échelle
Si le charme opère avec le style extérieur, l’habitacle nous a laissé quant à lui plus sur notre faim. En effet, on reconnait de nombreux éléments dont les écrans (de 12,3 et 12 pouces) positionnés en « L » ou des détails comme le satellite de commandes au volant issus de modèles de la marque au losange. Pour un modèle très premium, on aurait préféré des éléments plus exclusifs mais les économies d’échelle sont passées par là.
Heureusement, Alpine fait passer la pilule avec des matériaux de première qualité comme du cuir au toucher très agréable, de l’Alcantara ou encore des touches d’aluminium. Lles sièges sont très agréables et offrent un bon maintien latéral, surtout ceux développés par Sabelt que l’on retrouve dans l’A390 GTS. On peut également saluer le système audio Devialet offrant un excellent rendu. Comme dans l’A110, on retrouve sur la console centrale la platine de commande de la boîte de vitesses constitué de trois boutons ronds (D,N et R).
Deux propositions
Elaborée sur base de la plateforme AmpR Medium qui a été largement modifiée, l’A390 dispose de trois moteurs, un l’avant et deux à l’arrière. Deux versions sont proposées : A390 GT de 400 ch et 661 Nm, et A390 GTS de 470 ch 824 Nm. Toutes deux sont alimentées par une batterie lithium-ion et NMC d’une capacité de 89 kWh .
L’autonomie de l’A390 est de 557 km WLTP avec les roues de 20 pouces et de 503 km WLTP avec celles de 21 pouces. Quelle que soit la version choisie, elle bénéficie d’une pompe à chaleur. La différence entre les deux batteries se fait lors de la recharge en courant continu puisque la première peut atteindre 150 kW, alors que la seconde grimpe à 190 kW. Le passage de 15 à 80% de charge se fait respectivement en moins de 29 minutes et de 25 minutes. Enfin, le chargeur embarqué est de 11 kW, 22 kW en option. La fonction V2L qui permet de recharger des appareils électriques avec l’énergie de la batterie fait partie de l’équipement standard.
Arme secrète
Pour assurer un comportement exemplaire à son crossover, Alpine s’est adressé à Michelin pour développer une monte pneumatique spécifique à son véhicule. En 20 pouces, c’est le Pilot Sport EV qui a été sélectionné, alors que c’est le Pilot Sport 4S qui fait office de monte standard en 21 pouces. Pour les clients qui désirent des gommes 4 saisons, le Cross Climate 3 Sport fait office de « couteau suisse ».
Cependant, l’arme absolue d’Alpine sur l’A390 est sa transmission intégrale avec système de vectorisation de couple. L’Alpine Active Torque Vectoring génère une différentiation de la répartition du couple aux roues arrière en fonction de l’angle du volant, de la vitesse du véhicule, corrigeant l’écart de de glissement de la roue droite par rapport à celle de gauche et ajustant le couple d’un côté et de l’autre pour corriger le sous-virage ou le sur-virage.
Ce système qui agit sur les trois moteurs électriques a une capacité de réaction de l’ordre du millième de seconde et s’adapte en fonction du mode de conduite (Save, Normal, Sport, Perso et Track) sélectionné.
Comme une main invisible
Nous avons pu essayer l’A390 GT, premier modèle qui sera livrable en Belgique, l’A390 GTS arrivant plus tard en 2026. Sur les premiers kilomètres, le SUV français se montre confortable et bien élevé, avec la possibilité d’adopter une conduite « one pedal only ». Les accélérations sont franches, surtout lorsqu’on appuie sur le petit bouton OV placé sur le volant qui donne un coup de boost temporaire et assez impressionnant. Dans ces conditions, l’Alpine est agréable mais pas plus que la concurrence.
C’est au premier virage dans un col de montagne que la magie a opéré. Nous sommes arrivés un peu rapidement en courbe et le véhicule n’a pas bronché, comme si une grande main invisible l’avait empêché de sous-viré. C’est là que l’expertise des spécialistes d’Alpine fait merveille : ce système de vectorisation de couple et simplement bluffant. Même en arrivant beaucoup trop vite en courbe, le voiture ne change pas de trajectoire, comme si elle était scotchée au bitume.
Combiné à une direction très réactive, le système fait que l’oublie rapidement les plus de 2 tonnes de la voiture et son gabarit. Quant à dire comme Alpine le prétend que l’on a les même sensations au volant que dans une A110, il y a un pas que nous ne ferons quand même pas. Cependant, pour crossover familial, l’A390 est extrêmement amusant et son comportement jour fait que l’on essaie de repousser ses limites au fil des kilomètres, avec des vitesses en courbe qui sont étonnantes. Seul bémol à ce tableau, le pédale de frein au feeling peut engageant en conduite soutenue car sa dureté varie en fonction de niveau de la régénération.
Conclusion
Loin de se contenter de lancer un crossover électrique banal sur lequel on retrouve son badge mythique, Alpine a réussi à faire un véhicule familial aussi agréable à utiliser qu’amusant à conduire, tout on se montrant pratique. Il suffit d’emprunter un parcours sinueux pour constater à quel point son système de vectorisation de couple lui donne de une agilité sans égal.
Caractéristiques techniques : Alpine A390 GT
Moteur : 3 moteurs électriques, 400 ch et 661 Nm, batterie lithium-ion
Transmission : intégrale
Boîte de vitesses : démultiplication unique
L/L/H (mm) : 4.615/1.885/1.525
Poids à vide (kg) : 2.124
Volume du coffre (l) : 532
Batterie (kWh) : 89
0 à 100 km/h (s) : 4,8
Vitesse maximale (km/h) : 220
Autonomie (WLTP, km) : 557
Consommation (WLTP, kWh/100 km) : 18,7 à 20,4
CO₂ : 0 g/km
Prix : 67.500 €
Taxe de mise en circulation : Flandre : 0 euro, Wallonie : 1.165,80 euros, Bruxelles : 75,79 euros
Taxe de circulation : Flandre : 0 euro, Wallonie et Bruxelles : 102,96 euros
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