La majorité des marques chinoises essaient de conquérir le marché européen avec des SUV. On en trouve de toutes les tailles. Mais la marque Dongfeng veut procéder autrement. Car la nouvelle Box vient s’ajouter à la catégorie des petites voitures urbaines. C’est un terrain bien connu du constructeur, car ce type de voiture connaît un grand succès dans les mégalopoles chinoises. La preuve : en Chine, la voiture la plus vendue n’est pas un SUV, mais bien une citadine, la Wuling Hongguang Mini EV. Pour le constructeur Dongfeng, c’est aussi une question de positionnement. De surcroît, pour Dongfeng, proposer une citadine à bas coût est essentiel, car il ne faudrait pas marcher sur le plates-bandes de son autre marque Voyah qui, elle, adresse des modèles plus haut de gamme.
On aurait pu croire que la Box ne serait qu’une boîte à roulettes. Mais c’est totalement faux. Car l’équipe de design basée à Wuhan a opté pour une silhouette de hatchback qui est d’ailleurs plutôt séduisante et qui n’a rien à envier à des références bien établies comme la Suzuki Swift. Cela tient-il aux optiques avant qui rappellent un masque de super-héros ? L’impression est subjective. Mètre en main, la Box affiche 4 m de long, 1,8 m de large et 1,5 m de haut, une taille qui vise le cœur de la catégorie... qui est d’ailleurs bien pauvre, surtout lorsqu’on considère les offres 100% électriques.
Une allure sympathique
Lorsqu’on ouvre une porte, on est d’emblée frappé par l’absence d’encadrement pour vitres, une rareté dans cette catégorie. En principe, cette approche engendre davantage de bruits aérodynamiques, mais il faut reconnaître que sur la Box, cet aspect est particulièrement bien maîtrisé. Cette petite voiture donne d’emblée une bonne impression, une qualité dont elle aura bien besoin pour pouvoir rivaliser avec le pouvoir de séduction d’une Renault 5 E-Tech ou l’ingéniosité d’une Hyundai Inster. Ce qui est moins réussi, c’est qu’elle ne dispose pas de plage arrière pour cacher les objets logés dans le coffre.
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Cela dit, Dongfeng a fait de son mieux pour rendre l’habitacle agréable. Et celui-ci est apparemment tellement cosy qu’on peut apercevoir sur l’écran de l’infodivertissement un chat lové dans le canapé d’un salon et qui fait signe lorsqu’on démarre le véhicule. La platine à 33 et 45 tours située juste à côté symbolise le raccourci vers les sources audio. Notons qu’il n’y a pas de GPS intégré. Cela dit, ce manque peut être comblé via Android Auto ou Apple CarPlay. Mais encore faut-il trouver la commande, du moins au début. Les fonctionnalités de l’infodivertissement sont très basiques. Certes, cela facilite l’utilisation, mais ça donne aussi l’impression d’aménagements bâclés lors de l’homologation chez nous. Exemple : la radio DAB cherche une connexion sans jamais la trouver et certains boutons sur l’écran tactile sont aussi trop petits. Enfin, les commandes physiques brillent aussi par leur absence.
Étonnamment spacieuse
Cette Dongfeng Box n’est pas aussi branchouille qu’une Mini. Mais elle n’est pas non plus une voiture dépouillée ou minimaliste. L’habillage a été soigné. La sellerie en similicuir semble robuste, le tableau de bord est agrémenté de surpiqûres décoratives et de sangles tandis que et la qualité des matériaux est au rendez-vous. Même si les plastiques durs restent présents, ils sont au moins habilement dissimulés.
Mais ce qui frappe, c’est l’espace. L’empattement atteint les 2,6 m, une caractéristique technique qui a permis de dégager suffisamment de place pour quatre adultes. Mieux encore : la place centrale est même plus utilisable que chez bien des concurrentes européennes. Par contre l’ouverture des portes arrière est limitée et elle demande un peu d’adresse, mais on s’y habitue. Dans le coffre, on peut charger jusqu’à 326 litres d’objets divers, une valeur correcte. On ne trouve toutefois pas de compartiment sous le plancher ni de frunk (coffre avant). Pas moyen donc de ranger les câbles. Dongfeng ne les fournit d’ailleurs pas gratuitement. Dommage, car ils sont absolument nécessaires, car notre câble spiralé de chez Lapp n’a pas permis de recharger.
Peu de sensations
En roulant, cette Box ne manque pas de bonne volonté. Mais il faut rester raisonnable dans ses attentes. On ne peut en effet pas attendre la lune de la part d’un moteur électrique de 95 ch et 160 Nm. Un exemple ? Le 0-100 km/h prend 12,5 s. Dans la pratique, la Box se montre vive jusqu’à 50 km/h, mais son entrain retombe ensuite. Les dépassements sur autoroute demandent anticipation et patience. L’engin n’a rien d’instable, mais il montre ses limites sur ls voies rapides. Et c’est logique : cette voiture est taillée pour la circulation des villes où elle coche toutes les cases et séduit même par son agilité.
Parmi les points faibles, il faut surtout citer la direction : celle-ci ne remonte aucune information et sa montée en effet est largement insuffisante. Ceci contraste d’ailleurs avec le fait que la Box se montre confortable et quelque part qu’elle montre un certain aboutissement. Le schéma de suspension est classique : jambes McPherson à l’avant et essieu de torsion à l’arrière. De quoi fournir des réactions cohérentes et de faire bonne figure face aux obstacles urbains comme les dos d’âne. Sur route mouillée, il faudra toutefois tenir compte d’une motricité défaillante. Mais c’est peut-être un aspect qui pourrait être corrigé via une autre monte pneumatique.
Une consommation mesurée
Distribuée par le groupe Ghistelinck, la Dongfeng Box est livrable en deux versions : la Style Edition se contente d’une batterie de 31,4 kWh, ce qui limite l’autonomie à 230 km. Dans notre modèle d’essai, la Premium Edition avec une batterie de 42,3 kWh, celle-ci grimpe à 310 km avec une consommation officielle de 12,9 kWh/100 km. La pratique de notre essai nous a toutefois laissés avec une consommation plus élevée de 16,4 kWh/100 km, mais il faut souligner que les températures n’étaient pas clémentes. De quoi laisser avec une autonomie réelle d’environ 250 km, soit un niveau acceptable pour ce segment. Ceux qui roulent surtout en ville atteindront sans doute la barre des 300 km grâce aux moments plus fréquents de régénération.
La batterie est de type LFP, ce qui signifie que l’on peut la charger jusqu’à 100% sans arrière-pensée. Un point positif pour ceux qui se branchent souvent sur une borne. Mais il y a toute de même une réserve : la vitesse de charge en courant alternatif. La Premium Edition charge en effet à un maximum de 6,6 kW, ce qui signifie qu’avec une batterie vide, il faut patienter presque 13 heures sur une borne publique. La Style Edition fait encore pire avec seulement 3,3 kW de puissance de recharge. Heureusement, la recharge rapide en courant continu est suffisante : les 87,8 kW de puissance admissible permettent de passer de 30 à 80% en 30 minutes. Acceptable.
Euro NCAP
La Dongfeng Box s’est prise une sérieuse claique dans les laboratoires de l’organisme de crash-tests Euro NCAP. Là où la BYD Dolphin Surf – ou la Nio Firefly – a obtenu cinq étoiles, Dongfeng reste bloqué à trois étoiles. Ce n’est pas dramatique, mais pour une entrée sur le marché, on aurait espéré mieux. Les clients qui accordent une importance particulière à la sécurité pourront donc être refroidis. La Box dispose toutefois d’un large éventail d’aides à la conduite, mais ça n’a pas suffi pour les inspecteurs de l’Euro NCAP.
Mais cette Dongfeng dispose d’un atout majeur : son prix. Cette Premium Edition s’affiche à 23.899 euros et, pour ce montant, vous obtenez le chauffage et la ventilation des sièges, une sellerie en similicuir, des jantes de 18 pouces, un régulateur de vitesse adaptatif (oui oui), des caméras à 360°, une connectivité smartphone sans fil avec Apple CarPlay et cinq ans de garantie (8 ans sur la batterie). Le rapport prix/équipement est donc tout simplement étonnant. La Style Edition est même disponible dès 22.899 euros, mais l’écart ne justifie pas la différence de prestations entre les deux versions. La Premium Edition doit vraiment être considérée en primeur.
Conclusion
Il y a plusieurs points qui devraient être retravaillés pour la Dongfeng Box. Le ressenti de direction est trop artificiel, la puissance moteur est limitée, la vitesse de recharge en courant alternatif est trop basse et le score Euro NCAP pourrait rebuter certains acheteurs. Mais ceux qui arrivent à se projeter au-delà de ces défauts pourront goûter à une citadine électrique spacieuse, plutôt confortable à conduire, assez sobre et très bien équipée. Car elle coûte moins cher que pas mal de modèles à essence européens. Affichée à 23.899 euros, la Box offre donc de belles prestations dans la catégorie encore limitée des citadines électriques d’entrée de gamme. Et comme elle ajoute à ce tableau un style réussi, le charme opère malgré tout.
- Idéale pour la ville
- Style réussi
- Intérieur spacieux
- Rapport prix-équipement
- Pas d’essuie-glace arrière
- Aides à la conduite envahissantes
- Autonomie (Style Edition)
- Puissance de recharge en courant alternatif
Dongfeng Box Premium Edition – caractéristiques techniques
Moteur : un moteur électrique, 95 ch et 160 Nm, batterie lithium-ion (LFP)
Transmission : traction
Boîte de vitesses : démultiplication unique
L/l/h (mm) : 4.020/1.810/1.570
Poids à vide (kg) : 1.430
Volume du coffre (l) : 326-945
Batterie (kWh) : 42,3 (Premium)
0 à 100 km/h (s) : 12,5
Vitesse maximale (km/h) : 140 km/h
Autonomie (WLTP, km) : 310
Consommation (WLTP, kWh/100 km) : 12,9
CO₂ : 0 g/km
Prix : 23.899 euros
BIV : Flandre : 0 euro, Wallonie : 50 euros et Bruxelles : 75,79 euros
Taxe de circulation : Flandre : 0 euro, Wallonie et Bruxelles : 102,96 euros
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