Le Volkswagen ID.Buzz a toujours été bien plus qu’un simple engin destiné au transport de personnes. Car en plus de cette vocation, celui-ci a fait souffler un vent de fraîcheur sur nos routes. Une touche de gaieté en quelques sortes qu’on n’avait plus vue depuis bien des années avec notre marché abreuvé de SUV gris ou noirs et de crossovers qui cherchent presque tous à ressembler à un Tesla Model Y avec des faces avant inexpressives sans calandre.
Certes, le design rétro peut apparaître comme une solution de facilité. Mais malgré la référence assumée au mythique T1 – et peut-être considérée comme une insulte par certains puristes –, le résultat ne laisse personne indifférent. Et ça, ça se constate partout où on passe. Lors de notre essai, nous avons largement observé par des enfants bien trop jeunes pour avoir connu le bus originel. Et c’est la meilleure preuve que ce design est une réussite totale. Cet effet « waw » est encore renforcé avec la peinture bicolore qui, disons-le tout de go, est à cocher absolument sur la liste des options. D’accord, celle-ci coûte près de 3.000 euros, mais sans cet artifice, l’ID.Buzz perd un peu de son âme. C’est un peu comme les frites sans mayonnaise : ça manque de goût.
Aussi pour les adultes
Les modifications apportées à la carrosserie sont subtiles et, en même temps, efficaces. L’empattement atteint ici les 3,24 m, un allongement qui porte la longueur totale à près de 5 m. Une taille qui fait d’ailleurs de l’ID.Buzz une des voitures particulières les plus longues jamais construites par Volkswagen. Au total, cette version LWB dépasse de 25 cm la version classique. Le look reste donc séduisant, même s’il faut reconnaître que les proportions de la version plus courte sont un peu plus équilibrées. Mais franchement, c’est vite pardonné, tant ce véhicule apparaît sympathique.
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À l’intérieur, l’expérience des utilisateurs change radicalement, car on profite forcément d’un espace très généreux. Plus longues, les portes coulissantes facilitent l’accès à l’inédite troisième rangée de sièges. L’accès est vraiment bien pensé, car les acrobaties nécessaires avec les traditionnels monospaces à 7 places n’ont ici plus cours. Mieux encore : si le dernier rang accueille des enfants, il est aussi parfaitement confortable pour des adultes. Même avec la banquette centrale reculée au maximum, l’espace pour les jambes reste suffisant. Rare.
Des portes lentes
Encore un mot sur ces portes coulissantes. Au quotidien, elles sont une bénédiction : les enfants peuvent les ouvrir sans risquer d’érafler la carrosserie du véhicule garé à côté tandis qu’elles facilitent grandement l’accès à l’habitacle. Mais elles ont malgré tout un défaut : leur pilotage électrique est très lent tandis qu’elles se montrent parfois aussi hésitantes si on appuie deux fois sur le bouton de commande. Elles pourraient être sensibles aux pannées. Et oubliez les manipulations manuelles : elles sont lourdes comme des pierres.
Le coffre mérite assurément qu’on s’y attarde. Car c’est évidemment aussi ici que l’ID.Buzz long révèle sa force. Même avec sept passagers, il reste suffisamment logeable. Mais c’est en rabattant le troisième rang que l’espace impressionne : jusqu’à 2.469 litres ! Avec tous les sièges rabattus, ce bus du XXIe siècle se transforme en demi-fourgonnette capable d’accueillir des vélos, du matériel de camping ou de nombreux cartons de déménagement.
Des attaches pratiques
Pas besoin de calculer : le coffre peut tout embarquer. Surtout avec les accessoires, dont le « multi-flex board », un plancher amovible à insérer ou retirer selon les besoins, ce qui le rend aussi moins pratique qu’espéré puisqu’il y a des manipulations. En le laissant en place, on obtient un plancher plan, mais on perd en profondeur. Et en l’ôtant, on doit se retrousser les manches, car il est lourd. Autre souci : avec les rangées rabattues, une fente subsiste et elle avale parfois des petits objets, ce qui nécessite alors presque des fouilles archéologiques. Les deux sièges arrière peuvent être totalement extraits pour libérer un maximum d’espace. Grâce à un système d’attaches très pratique, leur démontage et remontage est un jeu d’enfant, mais leur poids demande aussi beaucoup d’huile de coude.
Côté finition, le Buzz fait le minimum syndical. Les couleurs vives et l’impression d’espace collent bien à son image, surtout avec le toit panoramique optionnel. Mais à y regarder de plus près, une majorité de plastiques durs domine. Pour une voiture facturée à plus de 60.000 euros (à partir de 61.891 euros exactement), Volkswagen aurait pu opter pour des matériaux plus valorisants.
Les tissus clairs sont superbes, mais quiconque a un peu d’expérience avec les enfants et leurs activités (le foot et les week-ends pluvieux dans les Ardennes) peut s’inquiéter de leur dégradation rapide. Bien qu’il fasse preuve d’une certaine simplicité, le système multimédia n’est pas exempt de critiques. Les points d’intérêt affichés sur la carte renseignent souvent des restaurants qui ont cessé leur activité depuis longtemps. Google Maps fait bien mieux, et c’est tant mieux, car on peut naturellement profiter de l’application via les connexions Apple CarPlay ou Android Auto.
Un temps d’adaptation
Techniquement, la version LWB est uniquement déclinée avec la plus grosse batterie de 86 kWh et du nouveau moteur à haute efficience placé sur l’essieu arrière. Il délivre 286 ch – et surtout 560 Nm –, de quoi mettre l’engin de plus de 2,6 tonnes en mouvement sans difficulté. Le 0 à 100 km/h est abattu en moins de 8 sec et les dépassements sur autoroute s’effectuent sans difficulté. Même avec 7 passagers et leurs bagages, l’ID.Buzz est des plus confortables et il signe de très bonnes reprises entre 80 et 120 km/h.
Il faut le savoir : la conduite de l’ID.Buzz demande un petit temps d’adaptation en raison de sa longueur et de son encombrement. Mais on s’habitue rapidement et la plupart du temps, le véhicule est aussi relaxant que dans sa version courte. Un bon point pour le régulateur de vitesse intelligent qui n’effectue pas de dépassement par la droite. Cela dit, on signalera que la direction très directe combinée à l’empattement long impose une certaine vigilance pour ne pas heurter les bordures des trottoirs (voire pire) avec la roue arrière intérieure au virage. C’est particulièrement le cas autour des ronds-points. Mais comme dit, avec l’habitude, on s’adapte rapidement.
On notera que les pneus montés sur notre véhicule d’essai (des Continental EcoContact 6Q) ne nous ont pas convaincus. Sur sol mouillé, ils perdent trop vite leur adhérence. Le freinage est lui aussi perfectible et il impose un style de conduite anticipatif – voilà un point pour les ingénieurs à travailler pour le restylage. Et il faudrait aussi revoir l’amortissement, car bizarrement, l’empattement allongé n’apporte pas plus de confort. Le niveau d’isolation aux déformations est similaire à celui de la version courte, ce qui signifie que le véhicule se montre encore sec sur les basses fréquences comme les raccords transversaux ou les dos-d’âne.
La consommation électrique est tout sauf problématique pour une voiture de cette taille. Et elle est même plutôt intéressante. Comptez environ 20 à 21 kWh/100 km, ce qui correspond à ce qui est communiqué par la norme WLTP officielle. Au final, on dispose donc d’une autonomie qui oscille entre 400 et 450 km sur une seule charge. Il faut noter que la puissance de recharge rapide atteint désormais les 200 kW en pic : de quoi récupérer 80% de batterie en 20 minutes, soit le temps de recueillir quelques compliments de la part des passants sur votre bon goût automobile... La performance est là. Sur une borne en courant alternatif, la puissance de recharge atteint les 11 kW , ce qui nécessite environ 9 heures. Atout supplémentaire : l’ID.Buzz est aussi prêt pour la recharge bidirectionnelle ce qui permettra à terme d’alimenter sa maison le soir venu avec l’énergie solaire produite en journée et stockée dans la voiture.
Conclusie
Le genre du monospace n’aurait pas pu ambitionner un retour aussi séduisant que celui-ci. L’ID.Buzz offre en effet de la place pour 7 adultes, une autonomie suffisante pour la majorité des familles, une recharge rapide qui rend les longs trajets envisageables et il ne craint pas encore la concurrence. Oui, il a des défauts – confort de suspension, freinage, matériaux un peu basiques –, mais ils ne pèsent pas lourd face au plaisir et à la polyvalence globaux ainsi qu’ à l’indéniable « facteur x ». S’il fallait choisir, nous opterions pour la version LWB, même si elle est plus chère d’au moins 5.000 euros par rapport à la version courte. Les plus attentifs opteront pour la finition Energy, ce qui leur permettra de réduire l’écart de prix à 3.000 euros.
- Look séduisant
- Vitesse de recharge
- Sept vraies places à bord
- Coffre logeable
- Conduite zen (sur autoroute)
- Puissance de freinage
- Amortissement perfectible
- Prix élevé
- Plastiques bon marché
- Commandes au volant peu pratiques
VW ID.Buzz 86 kWh LWB (2025) en chiffres
Moteur : 1 moteur électrique, 286 ch et 530 Nm, batterie NMC
Transmission : propulsion
Boîte : rapport unique
L/L/H (mm) : 4962/1985/1924
Poids à vide (kg) : 2.628
Volume de coffre (l) : 1340-2469
Batterie (kWh) : 91,0 (brut : 86,0)
0 à 100 km/h (s) : 7,9
Vitesse maximale (km/h) : 160 km/h
Autonomie (WLTP, km) : 487
Consommation (WLTP, kWh/100 km) : 20,4
CO₂ : 0 g/km
Prix : 61.891 euros
Taxe de mise en circulation : Flandre : 0 euro, Wallonie : 1.517,04 euros, Bruxelles : 75,79 euros
Taxe de circulation : Flandre : 0 euro, Wallonie et Bruxelles : 102,96 euros
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