L’histoire de la formule d’utilisation la plus flexible connue à ce jour est terminée. Lynk & Co, marque chinoise cousine de Volvo avait pris d’assaut le marché avec une approche résolument disruptive et qui se fondait sur l’idée très simple suivante : « résilier quand vous voulez ». Sauf que le constructeur change son fusil d’épaule et qu’il met totalement fin à ce modèle d’abonnement. Dès lors, celles et ceux qui roulent aujourd’hui à bord d’une Lynk & Co 01 avec un contrat de location mensuel n’auront pas le choix début 2026 : ils devront soit racheter la voiture soit en rendre les clés. Sacré revirement !
500 euros par mois
Pourtant, l’idée était séduisante. On se souvient d’ailleurs qu’il y a quelques mois, les SUV arborant le logo noir et bleu de Lynk & Co faisaient souffler un vent nouveau sur le marché automobile. Il faut rappeler que pour cinq cents euros par mois, les automobilistes pouvaient rouler dans une voiture full options, un tarif qui comprenait aussi l’assurance et les entretiens. Le contrat faisait aussi fi des obligations à long terme qu’implique habituellement le cadre d’un leasing classique.
Ce concept était assimilé au « Netflix de la mobilité » et il avait évidemment séduit certains consommateurs qui ne voulaient pas débourser des dizaines de milliers d’euros pour une voiture neuve ou s’enfermer dans un contrat de location longue durée rigide. Cela prouve donc une fois de plus que la transposition pure et simple d’un modèle ou d’une formule économique d’un secteur à un autre est totalement illusoire et notamment dans l’automobile.
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Racheter ou rendre
Ce changement de positionnement est abrupt et il va d’ailleurs surprendre bon nombre de conducteurs de Lynk & Co 01. Au premier semestre 2026, tous les contrats en cours seront en effet résiliés. Les clients recevront un message trois mois avant la date de fin. La communication sera des plus simples : ceux qui veulent garder la voiture devront signer un contrat d’achat ou organiser un financement. Ceux qui ne souhaitent pas reprendre le véhicule devront alors rendre la voiture à la marque. La situation risque donc d’être tendue et, curieusement, l’entreprise prévient déjà : ceux qui seraient tentés d’ignorer la date limite de ce changement se verront contacter par une agence de recouvrement. Ambiance !
Cela dit, la chose était attendue par les spécialistes du secteur. D’une part parce que la formule d’abonnement a déjà été abandonnée par Polestar qui rencontrait des difficultés et, d’autre part, parce que les plus récentes Lynk & Co 02 (électrique) et Lynk & Co 08 (hybride rechargeable) n’ont jamais proposé cette formule d’abonnement. C’était probablement un signe. Autre fait qui ne relève pas du hasard : la résiliation des contrats de location coïncide avec le lancement de la nouvelle 01.
Retomber dans le traditionnel
En mettant fin à ce modèle économique, Lynk & Co perd un peu de sa superbe et, surtout, devient la marque traditionnelle qu’elle ne prétendait pas être. On se demande dès lors si cette formule originale n’existait que pour se faire rapidement un nom et une réputation ou si elle cachait d’autres objectifs. La question reste entière. Mais on sait que, administrativement, rouler en Lynk & Co 01 sous cette formule d’abonnement n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. En effet, certains clients se sont parfois retrouvés avec des factures au montant triplé ou encore avec des amendes routières qui ne leur étaient pas destinées. Certes, ces problèmes ont été réglés, mais ils ont aussi laissé des traces dans les esprits des consommateurs.
Une formule d’abonnement maudite ?
Lynk & Co n’est pas la seule marque à s’être cassé sur ce modèle économique original. Avec un peu de recul, il faut se souvenir que d’autres formules d’abonnement n’ont pas réussi. Des constructeurs établis comme BMW, Mercedes et Audi avaient eux aussi lancé par le passé des projets pilotes tels que « Access by BMW » ou « Mercedes-Benz Collection », mais ils les ont assez rapidement (et discrètement) abandonnés en raison de leur complexité et de leurs coûts. Il faut en effet rappeler ce que représenter en matière logistique les résiliations de contrats, mais aussi les coûts de maintenance (remise à neuf et autre) ou encore les risques en matière de valeur résiduelle. Tout ceci pose donc d’importants problèmes de rentabilité.
Il faut reconnaître que Lynk & Co a tenté l’affaire plus longtemps que ses homologues, mais la marque a manifestement du admettre que son calcul ne tenait pas. Les prix mensuels avaient d’ailleurs déjà largement augmenté ces dernières années : de 500 euros, on était passé à 720 euros alors que le modèle n’avait pas rajeuni... Seule consolation pour les clients actuels de Lynk & Co : la fonction de partage, qui permet aux utilisateurs de louer leur voiture à des tiers via une application, reste active.
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