La jeune société britannique Hydrohertz fondée en 2020 va-t-elle révolutionner la recharge des batteries des voitures électriques ? La start-up affirme en effet pouvoir faire passer une batterie de 10 à 80% en seulement dix minutes. Cette prouesse serait le fait d’une technologie inédite, baptisée Dectravalve, et qui se distingue par une gestion thermique d’une précision inédite. Car là où les systèmes classiques refroidissent uniformément tout le pack, le Dectravalve contrôlerait indépendamment la température de plusieurs zones de la batterie, le tout à partir d’une seule unité centrale.
Selon Martyn Talbot, fondateur et directeur technique de la société, cette approche évite qu’une cellule chaude vienne réchauffer les zones plus froides. Chaque boucle de liquide de refroidissement reste dans ce cas isolée, ce qui permet de maintenir une température optimale dans chaque module. Lors des essais sur une batterie LFP de 100 kWh, la cellule la plus chaude n’a jamais dépassé 44,5 °C, contre 56 °C pour les systèmes actuels. Or, lorsque ce niveau de température est atteint, le système commence alors à limiter la puissance de charge pour prévenir toute surchauffe.
Et ce n’est pas tout : outre la rapidité de recharge, cette gestion inédite pourrait aussi accroître l’autonomie de +25% par temps froid et prolonger la durée de vie des batteries, deux autres enjeux très importants pour l’industrie et les clients.
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La Chine montre la voie
Si la promesse d’Hydrohertz impressionne, l’approche n’est toutefois pas complètement nouvelle. En effet, pour rappel, BYD et Zeekr proposent eux aussi des recharges fulgurantes – Zeekr atteint 80% de charge en sept minutes et BYD revendique une régénération de 400 km en cinq minutes via le Megawatt Flash. Ces performances reposent sur une combinaison gagnante : infrastructures de charge à très haute puissance (jusqu’à 1.140 kW), une chimie adaptée et un refroidissement perfectionné. De son côté, Tesla a depuis longtemps introduit des valves intelligentes (Octovalve notamment) capables de diriger le flux de liquide vers les zones nécessitant le plus de refroidissement.
D’autres marques expérimentent par ailleurs le refroidissement par immersion où les cellules baignent directement dans un fluide diélectrique. Cette technique réduit drastiquement les écarts de température et permet d’envisager des recharges en moins de 10 minutes.
Une adoption très large
Évidemment, si on parle du cas de Hydrohertz, c’est parce que la start-up se distingue par une énorme différence : la simplicité de son système. Le Dectravalve se compose en effet d’une seule unité capable de gérer quatre zones ou plus sans architecture complexe. Cette approche modulaire pourrait dès lors séduire les constructeurs qui n’ont pas les moyens en R&D de Tesla ou de BYD. Le projet semble en outre solide techniquement. Car l’un des piliers de la start-up n’est autre que Paul Arkesden qui a travaillé chez McLaren Automotive, Jaguar et Rolls-Royce, notamment sur le développement de l’hypercar McLaren P1.
Reste à voir si le Dectravalve tiendra ses promesses une fois déployé à grande échelle. Sa compatibilité avec les bornes existantes, son coût d’intégration raisonnable et la fiabilité du système à long terme constituent encore des questions décisives qui permettront peut-être à l’Europe de combler son retard sur la recharge ultrarapide par rapport aux autres régions du monde.
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