Voiture du futur : pourquoi l’Europe est déjà en train de perdre face à la Chine ?

Le prochain grand défi de l’industrie automobile mondiale tient en trois lettres : SDV, pour software-defined vehicle, autrement dit la voiture pilotée par logiciel ! Un concept qui mobilise en Chine (oui, encore la Chine !) une attention et des moyens considérables. Selon une dirigeante d’un grand fournisseur de logiciels automobiles, les marques européennes ne s’y prennent tout simplement pas de la bonne manière !

Publié le 5 mai 2026
Temps de lecture : 4 min

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Voiture du futur : pourquoi l’Europe est déjà en train de perdre face à la Chine ?

La voiture pilotée par logiciel est censée ouvrir la voie à la prochaine grande révolution automobile. Jusqu’ici, et depuis des décennies, les constructeurs partaient d’une plateforme mécanique, donc du hardware, à laquelle ils ajoutaient ensuite différentes couches de softwares. Désormais, l’idée est d’inverser complètement cette logique !

L’idée est de d’abord partir d’une architecture numérique, à laquelle viennent ensuite se greffer des roues, une batterie et des moteurs électriques. Une sorte d’ordinateur sur roues, capable d’arriver plus vite sur le marché, d’être mis à jour plus facilement, de rester moderne plus longtemps et, surtout, de coûter nettement moins cher ! Les SDV les plus abouties devraient ainsi être proposées autour de 20.000 euros... Pas étonnant dès lors, que le « véhicule intelligent » soit devenu une priorité pour la plupart des constructeurs, comme on l’a vu lors de la dernière édition du Salon de Pékin !

Quand l’Europe se complique la vie 

Les constructeurs européens, eux aussi, misent gros sur la voiture pilotée par logiciel. Mais la mécanique semble grippée... En effet, les acteurs historiques peinent à suivre le rythme des nouveaux venus, qu’ils soient américains ou chinois ! C’est d’ailleurs l’une des raisons majeures qui pousse Volkswagen à se rapprocher de Rivian et Xpeng, ou Stellantis à s’allier à Leapmotor.

Maria Anhalt.
Maria Anhalt.

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Ce qui coince, ce n’est pas le manque d’ingénieurs, ni leur capacité à développer de bons logiciels : ils semblent surtout occupés à se mettre des bâtons dans leurs propres roues !

C’est Maria Anhalt, CEO du géant allemand Elektrobit, qui tire la sonnette d’alarme. Elle résume la situation dans Automotive News : « Nous ne perdons pas la course parce que nous [l’Europe, NDLR] ne savons pas développer de bons logiciels. Nos constructeurs automobiles transforment tout simplement cela en un ‘enfer de l’intégration’. » Ce qu’elle décrit ressemble au cauchemar de n’importe quel informaticien ! Les fournisseurs travaillent trop souvent en ordre dispersé : lorsqu’un prestataire met à jour le logiciel d’infodivertissement, celui-ci entre facilement en conflit avec, par exemple, le code du fournisseur télématique. Résultat : des mois de corrections, de rustines logicielles et de retards

Un « code spaghetti » fort coûteux

Les constructeurs portent aussi une lourde responsabilité. À chaque nouveau modèle, à chaque nouvelle gamme, ils ont tendance à réinventer la roue. Trop peu de codes réutilisés, pas de standards communs mais une accumulation de systèmes qui se chevauchent et communiquent difficilement entre eux. Maria Anhalt parle d’un « code spaghetti » coûteux, compliqué à maintenir et encore plus difficile à faire évoluer ! C’est un peu comme si chaque département d’un constructeur utilisait son propre logiciel, sans aucune possibilité d’échanger avec les autres ! Cela coûte des milliards et devient de plus en plus difficile à justifier.

SDV-R&D-China-Speed-gocar

Pendant que les ingénieurs européens passent des mois à faire dialoguer des interfaces entre elles, les constructeurs chinois avancent à une tout autre vitesse ! Là-bas, les décisions liées à aux softwares se prennent en quelques semaines, pas en plusieurs mois…. Développement modulaire, travail en parallèle et circuits de validation rapides : tous ces piliers expliquent la fameuse « China speed ».

Tout n’a pas besoin d’être ultra-intelligent

L’écart se mesure aussi dans les chiffres. Le cabinet de consultance AlixPartners a interrogé plus de 1.000 hauts dirigeants du secteur automobile à travers le monde. La conclusion est assez parlante : 41 % des constructeurs chinois développent en interne leurs logiciels destinés aux SDV. Chez les marques occidentales, cette part tombe à 27 % seulement ! Près d’un constructeur chinois sur deux réutilise aussi ses logiciels au niveau de la plateforme, contre un peu plus d’un tiers chez les Européens. Même tendance dans les budgets de R&D : 36 % des acteurs chinois consacrent plus de la moitié de leur budget de recherche aux véhicules définis par logiciel. En Europe et aux États-Unis, ils ne sont que… 21 % à le faire !

Maria Anhalt ne se contente toutefois pas de pointer les faiblesses du secteur : elle esquisse aussi une solution. Selon elle, les marques européennes doivent arrêter de vouloir injecter un maximum de complexité partout ! Les freins et les roues n’ont pas besoin d’une couche high-tech sophistiquée. En revanche, le tableau de bord, l’infodivertissement et les systèmes d’aide à la conduite peuvent, eux, exploiter pleinement le potentiel d’une voiture pilotée par logiciel. Elle résume cela en deux termes : « pragmatisme et bon sens économique ».

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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