La généralisation des véhicules électriques est bénéfique pour l’environnement, mais aussi pour les oreilles. Car, sans moteur thermique, ceux-ci fois moins de bruit en se déplaçant. A priori, c’est une bonne nouvelle. Mais en réalité, c’est un paradoxe, car cette caractéristique jusqu’ici perçue comme un atout constitue désormais un risque. Une étude publiée en 2024 rappelait en effet que les piétons avaient deux fois plus de risques d’être percutés par une voiture électrique que par un modèle thermique, en particulier à basse vitesse.
Consciente de cet enjeu, l’Union européenne impose depuis 2021 la présence d’un système AVAS, un système d’avertissement sonore actif jusqu’à 20 km/h et aussi actif en marche arrière. Cela dit, la réglementation laisse une totale liberté sur la signature acoustique, ce qui entraîne une dispersion dans les pratiques et, aussi, une efficacité assez variable.
Un son pensé pour être reconnu
C’est dans ce contexte qu’une équipe de l’Acoustical Society of Japan a lancé un projet inédit : déterminer scientifiquement quel type de son avertit le mieux les piétons sans générer de nuisance. Leur objectif était donc de créer un signal immédiatement identifiable, y compris dans les environnements urbains saturés.
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Les chercheurs ont d’abord travaillé sur un registre inhabituel : des onomatopées évoquant le déplacement d’un véhicule discret, ce qui s’apparente à un souffle ou à un sifflement léger. Ces prototypes ont ensuite été comparés à divers signaux filtrés, dont le désormais fameux bruit rose, caractérisé par une énergie concentrée dans les basses fréquences.
Une efficacité sans pareil ?
Après des tests en studio et en conditions réelles qui ont fait appel à des volontaires chargés d’évaluer la perception et l’urgence du signal, un son s’est rapidement détaché de l’éventail des propositions. Il s’agit de ce fameux bruit rose basse fréquence et qui est en fait proche du timbre naturel d’un véhicule en mouvement. Selon les chercheurs, ce signal offre un double avantage : il traverse mieux le bruit ambiant, souvent riche en aigus tandis qu’il est aussi perçu plus tôt et plus clairement, même par des piétons distraits ou dans des rues très animées. Selon la chercheuse Mei Suzuki, cette signature sonore doit son efficacité à ses composantes basses, moins sujettes aux masquages sonores que les sons plus (et trop) aigus utilisés par certaines marques.
Ces travaux n’ont toutefois pour l’instant pas vocation à déboucher rapidement sur une norme internationale, mais par effet de ricochet, ils pourraient néanmoins inspirer les constructeurs qui, rappelons-le, sont soumis à des obligations de plus en plus strictes en matière de sécurité active.
Leur étude a été présentée lors d’un congrès commun des sociétés acoustiques américaine et japonaise à Honolulu et elle fournit un cadre méthodologique clair pour concevoir les futures signatures sonores d’un parc roulant de plus en plus discret. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils envisagent déjà l’étape suivante : adapter ce type de signal aux vélos, trottinettes et engins urbains, dont la présence aussi très silencieuse alimente un nombre croissant de collisions. Seule question : s’entendra-t-on encore parler avec cette kyrielle de bruits artificiels ?
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