Sans gouvernement depuis plus de 550 jours – un record en Belgique –, la Région bruxelloise semble au fond du trou. Et ça ne risque pas de s’arranger dans l’immédiat. Car les partenaires bancaires ferment progressivement leur ligne de crédit. La Région coupe dès lors partout où elle peut. Et, forcément, les routes font encore les frais de cette situation rocambolesque.
Pour que le revêtement reste homogène et sûr sur les routes régionales bruxelloises, les spécialistes estiment qu’environ 10% du réseau doivent être réasphaltés chaque année. Rapporté aux quelque 800 km de voiries régionales, cela suppose un programme d’entretien structurel de l’ordre de 10 millions d’euros par an. Mais on est loin du compte. Si en 2022, la Région consacrait encore environ 11 millions d’euros à la partie carrossable de ces routes – sans compter trottoirs ni pistes cyclables, cette enveloppe a chuté en 2023 à quelque 6,4 millions. Et il y a encore pire : l’an dernier, le budget strictement affecté au programme de réasphaltage est tombé à 3,2 millions d’euros, soit moins d’un tiers du niveau jugé nécessaire pour stabiliser l’état du réseau. Pour 2025, les projections tournent autour de 4 millions d’euros, ce qui reste toujours très inférieur aux besoins identifiés.
Une équation politique et technique
Ces chiffres apparaissent dans la réponse d’Elke Van den Brandt (Groen), ministre bruxelloise sortante de la Mobilité et des Travaux publics, aux questions du député CD&V Benjamin Dalle. La ministre reconnaît elle-même que Bruxelles ne dispose actuellement pas des moyens suffisants pour entretenir correctement ses routes. Son cabinet insiste toutefois sur le fait que la sécurité ne serait pas mise en cause, même si le rythme des chantiers est clairement en retrait par rapport au programme théorique.
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Évidemment, l’interminable formation du gouvernement bruxellois est pointée du doigt comme un facteur aggravant, car elle retarde ou complique certaines décisions budgétaires. Mais le constat est là : toutes les actions prises ne peuvent être que des plâtres sur des jambes de bois et la Région accumule un retard qui se paiera – ou pas ? –sous forme de rattrapage coûteux et d’immobilisation accrue des axes structurants. On a déjà vécu ça avec la saga des tunnels...
Un défi partagé par toutes les régions
Si le cas de Bruxelles est aujourd’hui sous les projecteurs, la problématique dépasse largement la capitale. Les automobilistes des autres régions doivent aussi faire face à des décennies de sous-investissement dans l’entretien des routes et leurs stigmates sont visibles : revêtements fatigués, fissures et de nids-de-poule ne font que détruire les automobiles et mettre en péril la sécurité des usagers. La question est aujourd’hui de savoir comment financer durablement à la fois la remise à niveau et la maintenance de notre réseau. En Flandre et en Wallonie, la future vignette routière annoncée pour les automobilistes étrangers (mais neutre pour les Belges) est souvent citée comme une nouvelle source de revenus. Mais ces recettes seront-elles vraiment utilisées à l’entretien des routes ? Suffiront-elles à combler les trous dans les budgets et, par la même occasion, les trous dans nos routes ? La question reste entière, car les actes ne suivent pas nécessairement les paroles...
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