Le 8 avril dernier, le Diesel atteignait des sommets en Belgique avec un pic à 2,489 euros/l. Du jamais même fin 2022 lorsque la reprise post Covid 19 et la guerre en Ukraine dopaient les prix. Heureusement, deux jours plus tard, il retombait de trente centimes en une seule journée. Ce type d'oscillation modifie les comportements des automobilistes à la pompe : iles attendent la baisse, mettent le strict minimum en se disant qu’ils reviendront dans quelques jours, lorsque les prix auront baissé.
Interrogé par Sudinfo, Filip Rylant, porte-parole de Traxio, identifie deux causes à ces pratiques. Il y a d’une part l'effet yoyo des prix et, d’autre part, la contrainte budgétaire réelle de fin de mois. Et il indique que la pratique du « micropein » ne se limite plus aux jeunes conducteurs moins argentés. Selon certains témoignages, un automobiliste se serait même arrêté à moins de 5 euros à la pompe, soit un peu plus de 2 litres. Juste assez pour tenir jusqu'au lendemain. Et encore...
Immergée
Cela dit, ce que beaucoup ignorent, c'est que la pompe à carburant ne se trouve pas sous le capot. Elle est logée directement à l'intérieur du réservoir, plongée dans le carburant. Car c'est précisément ce liquide qui lui sert à la fois de lubrifiant et de fluide de refroidissement. Quand le niveau descend trop bas, elle tourne partiellement à sec, surchauffe et ses composants internes s'abîment. La dégradation est souvent invisible pendant plusieurs semaines, jusqu'au jour où le moteur s'arrête net et refuse de redémarrer. Ça, c'est le premier risque.
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Le deuxième est plus sournois encore : dans un réservoir, les dépôts s'accumulent au fond au fil des années. Il s’agit de résidus de carburant, de particules de rouille, de poussières. Tant que le niveau est suffisant, ils restent stagnants et piégés au fond. Mais quand il descend trop bas, la pompe les aspire et les expédie dans le circuit d'injection. Cela aboutit alors à des filtres encrassés ou des injecteurs détériorés. Les moteurs modernes sont particulièrement exposés, car les systèmes d'injection haute pression tolèrent très mal les corps étrangers.
Des coûts élevés
Or, les réparations afférentes à ce type de dégradation peuvent coûter très cher. Remplacer une pompe à carburant défaillante dépasse facilement les 500 euros, pièce et main-d'œuvre comprise. Une réparation sur le circuit d'injection Diesel peut grimper jusqu'à 2.000 euros et même parfois au-delà en fonction de la technologie des injecteurs. Le microplein reste donc une fausse bonne idée. La règle est simple : il faut faire le plein dès que le voyant de réserve s'allume et sans tarder. Car les quelques euros économisés à la station ne compenseront jamais la note du garagiste.
Prix nominal, réel ennui
L’idée d'un carburant inabordable mérite quand même d'être mise en perspective. Oui, faire le plein à 1,86 euro/l coûte plus nominalement qu'à 1,60 euro. Mais comme nous le démontrions récemment dans une analyse sur 50 ans de Golf et de prix à la pompe, le vrai pic du coût kilométrique remonte à 2012. Croire que le carburant n’a jamais été aussi cher est une erreur. En euros constants, corrigés de l'inflation et des consommations en baisse des moteurs modernes, le conducteur de 2026 débourse moins pour parcourir 100 km que celui de 2012. Certes, la pression sur les budgets est réelle, on ne va pas le nier. Mais multiplier les micropleins pour « faire des économies », c'est précisément le type de calcul qui finit par coûter bien plus cher au final...
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