Essence et Diesel : l’Europe prépare une nouvelle hausse des prix pour accélérer la fin du thermique

Dès 2027, le nouveau système de taxation carbone européen ETS II fera grimper le coût des carburants. L’objectif de Bruxelles est encore et toujours de pousser les conducteurs vers la voiture électrique. A cette échéance, rouler à l’essence ou au Diesel coûtera plusieurs centaines d’euros de plus par an aux automobilistes.

Publié le 20 novembre 2025
Temps de lecture : 4 min

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Essence et Diesel : l’Europe prépare une nouvelle hausse des prix pour accélérer la fin du thermique

Bruxelles ne semble plus lâcher la pédale... d’accélérateur. Après avoir fixé à 2035 la fin de la vente des voitures neuves à moteur essence, Diesel ou d’hybrides, l’Union européenne a aussi introduit une nouvelle étape de sa politique climatique : le système ETS II qui est attendu pour 2027.

Son principe ? Étendre le marché du carbone européen au secteur du transport routier et du chauffage domestique. Autrement dit, faire payer davantage les émissions de CO₂ liées à l’utilisation de carburants fossiles. Si cette mesure a l’air assez technique en apparence, elle a malheureusement des conséquences très concrètes pour les automobilistes. En effet, selon les premières estimations, le prix du litre d’essence ou de Diesel pourrait augmenter d’au moins 25 eurocents d’ici 2030.

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Une hausse inéluctable

Le système ETS II viendra s’ajouter aux taxes déjà existantes sur les carburants. Chaque litre brûlé représentera une émission mesurable de CO₂, taxée à un prix fixé sur le marché du carbone. Si ce prix atteint 60 euros/tCO₂, comme le prévoit la Commission, les automobilistes belges verront leur budget annuel grimper de 175 à 180 euros pour 15.000 km parcourus si on en croit les calculs de TestAchat. Mais ça, c’était avant, lorsque l’Union a pensé la mesure en 2024. Entretemps, le prix de la tonne de carbone sur le marché atteint déjà les 75 euros. Selon toute vraisemblance, ce tarif devrait encore augmenter et, si le cours devait monter jusqu’à 150 euros/tCO₂ d’ici 2027, la facture pourrait littéralement exploser : jusqu’à 435 euros par an pour une voiture essence et 460 euros pour un Diesel.

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Cette mécanique repose sur une idée simple qui circule dans les couloirs des institutions européennes : rendre le carburant suffisamment cher pour orienter les choix vers l’électrique. Bruxelles n’interdit donc pas la voiture thermique – elle la rend simplement beaucoup moins attractive économiquement. Et dans le même temps, le coût de la recharge électrique, bien plus stable, devient un argument supplémentaire. Enfin, si les prix restent stables. Car on sait que les privilèges pour les voitures électriques s’amenuisent de plus en plus. En Belgique aussi : la déductibilité sera réduite à 67,5% en 2031 (si ce n’est pas moins). Et dans la même logique, on s’attend aussi à ce que l’électricité destinée aux voitures électriques soit taxée différemment. Elle devrait donc être logiquement plus chère, car elle inclura sans doute l’équivalent des taxes et accises sur les carburants d’aujourd’hui (et sans compter le fait que la production électrique belge est aussi assurée par des centrale au gaz pour lesquelles... le prix gaz sera grevé par la taxe carbone). C’est la suite logique, surtout pour un gouvernement qui doit faire des économies. On voit la chose arriver comme un TGV.

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Un impact social difficile à ignorer

Si la logique environnementale est claire, le coût social de la mesure pose question. D’après le Bureau fédéral du Plan, l’effet du système ETS II sera proportionnellement plus lourd pour les foyers modestes : +1,3% de dépenses supplémentaires pour les 10% les plus pauvres, contre +0,5% pour les 10% les plus riches. Ainsi, les ménages ruraux qui dépendant de leur voiture pour travailler ainsi que les personnes seules ou les familles monoparentales sont particulièrement exposés. En Belgique, où les dépenses énergétiques représentent déjà une part importante du revenu, l’augmentation pourrait donc peser sur le quotidien.

Bien entendu, les carburants de chauffage seront eux aussi concernés. Avec une hausse potentielle de 21%, les foyers qui se chauffent au mazout paieront un tribut encore plus important à la transition énergétique.

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Booster l’électrique ?

La volonté de Bruxelles est d’accélérer la sortie des énergies fossiles. L’ETS II s’inscrit dès lors la même logique que la réglementation CAFE (qui impose aux constructeurs une moyenne CO2 par voiture vendue) ou que la fin annoncée des ventes thermiques en 2035. Rouler au thermique coûtera de plus en plus cher. Cela dit, rien jusqu’ici ne permet non plus de dire que rouler à l’électrique constituera la voie la plus rationnelle. Car on s’attend à ce que les dépenses des ménages augmentent aussi pour son utilisation.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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