Fraude : quel est cet appareil qui empêche le compteur kilométrique de tourner ?

La fraude au compteur est bien entendu punissable par la loi, mais les sanctions sont malheureusement loin de dissuader les fraudeurs. D’autant qu’avec les évolutions technologiques, il existe aujourd’hui des petits appareils qui empêchent le compteur de tourner. Sérieusement ?

Publié le 22 juillet 2025
Temps de lecture : 5 min

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Fraude : quel est cet appareil qui empêche le compteur kilométrique de tourner ?

Les idées les plus farfelues et les plus malhonnêtes se retrouvent toujours au même endroit : sur internet. Depuis quelque temps, plusieurs boutiques en ligne proposent en effet ce que l’on appelle des « bloqueurs de compteur kilométrique ». Il suffit de brancher un petit boîtier sur le port OBD qui donne accès à l’interface électronique de la voiture et... le compteur cesse tout simplement de tourner, même si on parcourt des dizaines de milliers de kilomètres.

Cette pratique est évidemment tout à fait illégale, car il s’agit d’un nouveau cas de fraude au compteur kilométrique. Ceux qui s’adonnent à ce genre de pratique s’exposent bien sûr à une amende qui peut se chiffrer à plusieurs dizaines de milliers d’euros et même jusqu’à un an de prison. Mais personne n’est dupe : cette dernière sanction reste rare en pratique, eu égard à la surpopulation carcérale dans notre pays.

Knipsel

Via le port OBD

Plusieurs sites web, spécialisés ou non, proposent ces appareils. Parfois les descriptions sont explicites, mais ce n’est pas toujours le cas et certaines plates-formes préfèrent jouer sur les mots et proposer des « filtres à kilomètres ». Bien entendu, la vente de ces appareils est accompagnée d’une mise en garde juridique qui précise que le vendeur ne peut être tenu responsable d’une utilisation illégale de l’appareil. Forcément... Et c’est toujours le cas puisqu’aucun usage légal de ces technologies n’existe à ce stade. Aux yeux de la loi, que le trafic soit digital ou manuel, c’est blanc bonnet et bonnet blanc.

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Pour quelques centaines d’euros, on peut donc acquérir ce genre de dispositif. Selon les utilisateurs, cet appareil est jugé « convivial », souvent livré avec une application pour smartphone et il se branche sur le port OBD généralement situé sous le tableau de bord. Le fait que l’appareil puisse être retiré rapidement, même en roulant, est aussi présenté comme un avantage.

Un intérêt pour loueurs ?

Le but de l’utilisation de ces équipements est évident : en trafiquant le kilométrage – que ce soit en le diminuant ou en le bloquant – on peut maintenir la valeur résiduelle de votre véhicule à un niveau plus élevé. En Belgique, comme dans d’autres pays européens (et bientôt toute l’Europe), il existe le système CarPass (ou équivalent), particulièrement efficace pour contrer cette pratique. Mais ce système ne détecte que les compteurs qui ont été modifiés et donc pas les kilomètres non comptabilisés.

Mais à qui profite le crime ? À ceux qui revendent des voitures bien entendu, mais aussi aux clients qui auraient un contrat avec une voiture de location (ou de leasing) lequel est souvent soumis à un plafond pour le kilométrage annuel. Le bloqueur de kilomètre peut donc s’avérer pratique pour les utilisateurs.

Comble du comble, il arrive aussi que les entreprises de location utilisent elles-mêmes ces appareils. Fin 2024, plusieurs voitures équipées de ces boîtiers ont été interceptées  aux Pays-Bas. Il s’agissait de véhicules immatriculés en Allemagne, sous-loués par une entreprise néerlandaise, sans limitation de kilométrage. Dans ce cas de figure, tout le monde y trouve son compte : le loueur ne voit pas sa valeur résiduelle fondre tandis que celui qui procède à de la sous-location peut offrir un kilométrage illimité sans surcoût.

Mais cela s’est assez mal terminé : les autorités néerlandaises ont saisi les véhicules, dont une Audi RS Q3 et une Mercedes A 45 S AMG, et elles les ont détruites en raison d’un risque pour la sécurité. Le juge a en effet estimé que ces voitures étaient irrécupérables, car elles ne fournissaient plus aucune information honnête ou fiable sur leur kilométrage, donc sur leur état.

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Que faire en tant qu’acheteur ?

La fraude au compteur reste un problème récurrent, notamment pour les véhicules exportés ou importés et pour lesquels les données ne sont pas toujours accessibles. En Belgique, il s’agit très souvent de véhicules importés d’Allemagne.

Que faire pour éviter de se retrouver en position de victime, lors de l’achat d’un véhicule d’occasion par exemple ? Il n’existe pas de solution vraiment sûre, mais un bon conseil est de faire lire les clés du véhicule par un concessionnaire de la marque. En général, pour les véhicules des quinze dernières années, cela permet souvent de suivre le kilométrage réel. Bien entendu, les fraudeurs plus expérimentés pourront contourner cette méthode, mais jusqu’ici, ils s’abstiennent dans la plupart des cas.

Par ailleurs, le bon sens et l’observation restent les meilleurs des alliés : il faut jeter un œil à l’usure visible des sièges, du volant ou des pédales et mettre ces éléments en lien avec le kilométrage affiché. Cette technique peut aider à débusquer les fraudes les plus grossières. En revanche, détecter la différence entre une voiture qui a parcouru 20.000 ou 40.000 km, c’est beaucoup plus compliqué...

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Par Hans Dierckx Rédacteur automobile

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