Dernièrement, la maison mère de Volkswagen – donc l’équipe en poste à Wolfsburg – a publié un communiqué de presse étonnant. Celui-ci mettait en garde les consommateurs contre des offres frauduleuses relatives à des voitures d'occasion. Apparemment, un réseau criminel opérant en Allemagne, en Suisse et en Autriche publie de faux catalogues et de fausses annonces et propose de jeunes occasions à prix attractifs. L’objectif est évident : soutirer de l'argent à des acheteurs peu méfiants pour des véhicules qui n'existent tout simplement pas.
Les criminels créent en réalité de toute pièce des sites web avec des URL qui semblent légitimes. On a ainsi vu passer des cas comme « volkswagen-fahrzeuge.de », « volkswagendasauto.de » ou « vw-kundenportal.de ». Ces plateformes donnent l'impression que les voitures sont vendues directement par le constructeur afin d’inspirer confiance. Mais ce n’est qu’un leurre. Les candidats acheteurs sont invités à verser un acompte, voire la totalité du montant, avant que tout contact ne soit rompu. Et la voiture ne sera évidemment jamais livrée.
Volkswagen rappelle qu'il ne vend pas directement ses véhicules aux particuliers, mais exclusivement via des concessionnaires. Il est conseillé aux consommateurs de toujours passer par un point de vente physique où le véhicule peut être vu. Il ne faut en outre jamais effectuer de paiement en aveugle.
Ce n’est pas la première fois que ce manège est observé. L'an dernier déjà, Audi, Porsche ainsi que Mercedes avaient alerté les consommateurs contre ce type d'escroquerie. Là aussi, des voitures d'occasion récentes étaient proposées sur des sites a priori crédibles et à des prix inférieurs de plusieurs dizaines de pourcents aux tarifs habituels du marché. Ceux qui pensaient avoir déniché l'affaire du siècle et qui avaient procédé à un paiement n’ont jamais revu leur argent et ils n’ont pu avoir aucun recours.
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D'autres marques concernées
Cet avertissement vaut aussi les automobilistes belges, car l'Allemagne reste une destination courue pour l'achat de jeunes occasions en provenance des constructeurs nationaux. Ce sont les fameuses « Jahreswagen ». Ces véhicules y sont souvent moins chers qu'en Belgique, notamment parce que le marché est plus grand et dynamique.
Ce type d'arnaque ne se limite d'ailleurs pas aux grandes marques allemandes. Les criminels ont bien compris que les voitures chinoises gagnent en popularité. Il y a ainsi eu l'an dernier le cas d'un habitant du Brabant wallon qui croyait acheter une Jaecoo 7 directement auprès du fabricant.
Via les réseaux sociaux, l’acheteur avait pris contact avec un supposé cadre de Jaecoo. Il s’en était suivi des échanges de documents a priori très officiels, puis un virement de près de 19.000 euros. Un bon de livraison avait été transmis, mais il avait été suivi d'une demande de 9.000 euros supplémentaires. Le dénouement a été sans appel : l'homme n'avait acheté aucune voiture, mais il avait bel et bien perdu la quasi-totalité des 19.000 euros versés.
L’IA en support
Grâce aux outils d'intelligence artificielle, les escrocs peuvent de plus en plus facilement produire des documents et des communications extrêmement convaincants. Des criminels opérant depuis des pays souvent lointains parviennent ainsi à faire preuve d’une grande crédibilité, avec des e-mails rédigés dans un langage soigné et formel, voire lors de conversations téléphoniques.
En Belgique aussi, la police appelle à une vigilance accrue lors des achats en ligne, que ce soit sur des sites d'annonces spécialisés ou sur des sites marchands. La demande d'un premier paiement via des systèmes de transfert d'argent comme Western Union ou Moneygram doit résonner comme un signal d’alerte.
Par ailleurs, il est conseillé de procéder à des recherches approfondies lorsqu’il y a une annonce particulièrement attrayante. Les fausses annonces utilisent parfois des photos volées d'autres annonces. Effectuer une recherche d'image inversée via Google peut être très instructif. En outre, consulter les réseaux sociaux pilotés par le vendeur peut aussi renseigner sur son authenticité.
Repartir sans payer
Ces derniers mois, dans la province d'Anvers, un escroc a aussi sévi. Il achetait des voitures d'occasion sans jamais les payer. Sa méthode consistait à déstabiliser les vendeurs en se présentant avec plusieurs autres personnes. Un compromis de vente était signé, un petit acompte versé pour inspirer confiance. Ensuite, le reste de la somme était versée par QR code ou par virement, mais ce n’était qu’une illusion et rien n’était transféré. Mais le véhicule avait bel et bien disparu. Dans ce dossier, la perte financière moyenne s'élevait à 20.000 euros. Un suspect a toutefois été interpellé.
La police recommande aux vendeurs de ne jamais laisser partir un véhicule tant que le montant payé n'est pas effectivement crédité sur leur compte et de ne pas se laisser brusquer par le ou les acheteurs. En cas de doute, il est conseillé de contacter immédiatement la police.
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