À l’instar de ce qui se passe dans d’autres pays européens, les autorités belges s’équipent progressivement en nouvelles technologies pour traquer les infractions des automobilistes. On connaît les radars-tronçons, les boîtiers fixes, les nouveaux Lidars, plus efficaces, et, bien entendu, les caméras ANPR. Ces dernières tapissent littéralement nos routes et elles assument de plus de plus de fonctions. En scannant les plaques, elles peuvent détecter les défauts de contrôle technique ou d’assurance et, bientôt, l’usage du téléphone portable au volant, comme le souhaite le nouveau gouvernement Arizona.
Oui, mais voilà : qui dit équipement digital dit aussi équipement connecté avec tout ce que cela implique du côté de la cybersécurité, un sujet pour le moins délicat et qui fait souvent (en mal) les gros titres de l’actualité. Et justement, quel est degré de fiabilité et de résistance des caméras ANPR belges aux potentiels hackers ?
Un test révélateur
Pour en avoir le cœur net, un hacker éthique originaire d’Alost a tenté l’expérience, comme le rapporte HLN. Inti De Ceukelaire a entrepris de tester la vulnérabilité du réseau de caméras ANPR. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’homme a surpris tout le monde.
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Dans une vidéo étonnante publiée sur les réseaux sociaux, le hacker se balade dans la ville avec un sweat imprimé de fausses plaques d’immatriculation et il se rend délibérément dans une partie de la ville interdite aux voitures. Surprise : celui-ci démontre que les caméras ne font pas la différence entre une voiture et le sweat. Ce qui signifie que l’on peut infliger une amende à n’importe qui. Ou presque.
Un travail de fond
La communication de ce hacker interpelle et celui-ci met le doigt sur une des failles de ces nouvelles technologies. L’homme mène d’ailleurs un travail de recherche sur l’intelligence artificielle. Il précise qu’il n’a pas encore pu vérifier si des propriétaires recevront effectivement les amendes en question. Car l’IA pourrait aussi utiliser une donnée de reconnaissance liée à la présence effective d’une voiture. Mais ce n’est pas certain et ce n’est en tout cas pas l’apanage de toutes les caméras de ce type. Voilà qui est inquiétant.
La police d’Alost a accueilli la communication de Inti De Ceukelaire avec un certain amusement et elle a précisé que personne n’avait reçu d’amende à la suite de ce test, car les infractions sont vérifiées manuellement par le personnel de la police avant l’envoi d’une amende administrative (GAS). En théorie, le dispositif qui fonctionne à Alost reconnaît les plaques qui se trouvent à une certaine hauteur et d’un certain type, ce qui limite théoriquement les risques d’erreur
Mais ces vérifications humaines sont-elles d’application partout dans un contexte de réduction des effectifs et de déploiement des technologies pilotées par intelligence artificielle ? La réponse est probablement non. La situation mérite donc d’être prise au sérieux, au risque que des automobilistes portent plainte pour pratiques abusives et dispositifs inopérants.
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