C’était dans les cartons depuis un certain temps : la Wallonie s’apprête à modifier sa législation pour permettre aux communes d’assurer elles-mêmes le contrôle de la vitesse sur le réseau routier local. L’annonce a été faite par le ministre wallon de la Sécurité routière, François Desquesnes (Les Engagés). Cette évolution s’inscrit dans le cadre de l’accord budgétaire récemment conclu au sein du gouvernement régional.
Jusqu’ici, la gestion des radars en Wallonie reposait sur un modèle totalement centralisé : c’est la Région qui finançait et pilotait l’essentiel du dispositif répressif. Une approche bien différente de celle de la Flandre où les communes disposent déjà d’une large autonomie pour installer et exploiter des appareils de contrôle. Cela dit, cette liberté a parfois entraîné des excès : certaines entités locales flamandes ont multiplié les radars fixes ou tronçons en partenariat avec des opérateurs privés. Résultats : des dizaines de milliers d’amendes parfois distribuées en dépit du bon sens et par appât du gain et non pour des raisons de sécurité routière. La ministre régionale de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), est même montée au créneau et a lancé un audit pour déterminer si, oui ou non, abus il y avait.
Des radars pour les zones oubliées
La Wallonie veut éviter ce type de dérive tout en répondant à une demande croissante des communes. La vitesse reste l’un des trois principaux facteurs de mortalité routière, estime François Desquesnes. Mais la réalité est là : les services régionaux concentrent leurs efforts sur les grands axes, laissant de nombreuses zones 30 et 50 km/h plus reculées sans surveillance suffisante.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Avec la réforme, les communes pourront donc installer leurs propres dispositifs, mais sous réserve d’un encadrement strict pour éviter un scénario à la flamande. L’objectif est de renforcer la sécurité dans les quartiers résidentiels, à proximité des écoles ou dans les centres urbains, là où les excès de vitesse restent véritablement dangereux.
Un cadre légal en préparation
La mise en œuvre ne sera toutefois pas immédiate. Le ministre annonce la rédaction d’un décret d’ici 2026 qui précisera les conditions de placement et d’exploitation de ces radars. Les appareils devront s’inscrire dans un plan local de sécurité routière qui sera lui-même validé par la Région. Dans ce cadre, les communes percevront bien les recettes des amendes, mais avec le devoir strict de réinvestir les sommes perçues dans des projets liés à la sécurité routière. Il pourra s’agir par exemple d’aménager des carrefours dangereux, de créer des pistes cyclables ou de renforcer la protection des piétons.
Éviter d'en faire des tirelires locales
Les communes ne doivent donc pas voir dans ce dispositif une possibilité de faire des recettes supplémentaires, même si la pression s’accroît sur leurs finances (CPAS sollicités, réforme de l’emploi, etc.) L’administration régionale veillera d’ailleurs à ce que les fonds issus des amendes ne soient pas détournés vers d’autres postes budgétaires. A priori, la Wallonie veut donc tirer les leçons de l’expérience flamande et le gouvernement régional prévoit déjà des échanges à ce sujet avec sa collègue Annick De Ridder. Pour une fois qu’il y a de la concertation...
Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :
- Consulter gocar.be régulièrement
- Suivre Gocar sur Google Actualités
- S'abonner à la newsletter Gocar