Treize mille : c'est le nombre de véhicules qui basculent, depuis ce 1er juillet, dans une catégorie que Bruxelles ne tolère plus. En effet, les normes Diesel Euro 5 et essence Euro 2 sont devenues hors la loi dans la capitale. Et les amendes sont salées, même si des aménagements existent.
Un dossier complexe
Le calendrier de sortie de ces véhicules avait été fixé à 2017. Mais peu d’automobilistes s’en sont inquiétés à l’époque. Il prévoyait déjà le bannissement des essence Euro 2 et des Diesel Euro 5 pour 2025. Il y a bien eu une tentative de report politique fin 2024, mais la Cour constitutionnelle l'a annulé à l'automne 2025 au nom du droit à un environnement sain. L'interdiction est donc entrée en vigueur au 1er janvier 2026, avec trois mois de tolérance sans amende. Puis, l’affaire a pris un peu de retard suite aux difficultés de constitution du gouvernement bruxellois. Mais cette période de tolérance vient officiellement de s'éteindre le 23 juin dernier.
Le prix du sursis
On en a déjà parlé : les amendes ne sont pas piquées des vers. Il en coûtera 350 euros au contrevenant qui pénètre dans la capitale au volant de l’un de ces véhicules. Les caméras ANPR veillent et elles ratent rarement leur cible.
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Cela dit, sans doute pour éviter de tomber trop vite (et un peu par démagogie aussi), le gouvernement bruxellois a trouvé des aménagements. Puisqu’il ne peut pas abolir la LEZ en tant que telle, il a prévu d’introduire un pass annuel à 350 euros. Celui-ci devrait effectif en janvier 2027.
Dans l’intervalle, les amendes tombent, mais seule la première (350 euros) sera comptabilisée ou due. Cette amende fonctionnera de facto comme un pass annuel, valable douze mois à compter de l'infraction. Les verbalisations sont effectives depuis le 23 juin. Le paiement peut s'étaler en quatre mensualités, voire en dix sur demande.
Tous concernés
La mesure ne vise évidemment pas que les habitants de la capitale. Un conducteur wallon ou flamand au volant d'un Diesel immatriculé avant septembre 2015 (Euro 5 ou antérieur, les Euro 6 peuvent rouler jusqu'en 2027) ou d'une essence antérieure à 2001 s'expose aux mêmes sanctions qu'un Bruxellois. Ceux qui avaient déjà reçu un avertissement n'en recevront pas de second : la prochaine infraction constatée déclenchera directement la facture. Pour éviter la mauvaise surprise, le simulateur du site LEZ reste le réflexe le plus sûr, plaque et date de première immatriculation en main. Et il existe une autre échappatoire ponctuelle qui est le pass journalier à 35 euros utilisable jusqu'à vingt-quatre fois par an.
Mieux qu’ailleurs
Naturellement, devoir payer 350 euros pour rouler, ça pique. Mais on ne va pas se mentir : ailleurs, la note serait autrement salée. Il y a des régions dans le monde qui sont bien pire que la nôtre. À Singapour par exemple, posséder une voiture suppose d'abord de remporter une enchère publique pour obtenir un Certificat d'Attribution, sorte de droit de propriété temporaire limité à dix ans. En juin 2026, ce seul document s'est négocié entre 120.000 et 130.000 dollars singapouriens selon la catégorie du véhicule, soit grosso modo entre 80.000 et 90.000 euros. Et ça, c'est avant même de payer la voiture elle-même.
Le système existe depuis 1990, pensé pour limiter la congestion sur un territoire qui n'a nulle part où s'étendre. Les prix grimpent encore cette année, portés par la demande de véhicules électriques et par les flottes de VTC. Face à ça, les amendes bruxelloises semblent particulièrement douces. Espérons ne jamais en arriver là en Belgique. Quoiqu’avec nos décideurs, on n’est jamais sûr de rien, surtout en période (budgétaire) de vaches maigres.
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