L'IA surveille désormais les panneaux Stop : demain chez nous aussi ?

Partout dans le monde, des caméras ANPR dopées à l’IA verbalisent désormais les stops grillés. L'Europe est en train de suivre. Et en Belgique, c’est pour quand ?

Publié le 1 juillet 2026
Temps de lecture : 4 min

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L'IA surveille désormais les panneaux Stop : demain chez nous aussi ?

Dès ce 1er juillet, les automobilistes de l’État de Virginie (États-Unis) ont un nouvel ennemi. Et il ne s’agit pas d’un « cop » en uniforme façon Chips ni d’un radar fixe. Sur ce territoire, les autorités déploient des caméras dotées d'intelligence artificielle et il est prévu que celles-ci prennent place à tous les coins de rue... pour voir si les roues des voitures s'immobilisent vraiment devant un panneau « Stop ». Si ce n'est pas le cas, un procès-verbal arrive dans la boîte aux lettres de l’automobiliste concerné. Et il n’y a pas de contestation possible.

L'arrêt glissé, c'est fini

Cette technologie vient de la société californienne Obvio. Les caméras analysent la cinématique des véhicules à l'approche des intersections et isolent automatiquement les séquences suspectes, qui sont ensuite transmises à un policier humain pour validation avant envoi de l'amende. Les visages sont floutés et les enregistrements sans infraction effacés immédiatement. Et les capacités de ces caméras dépassent l’unique stop grillé. Le système est capable de détecter le non-port de la ceinture (obligatoire dans certains États seulement), mais aussi le refus de priorité aux piétons, les moments de distraction de conducteurs et on en passe...

Détection de refus de céder le passage aux piétons.
Détection de refus de céder le passage aux piétons. © OBVIO

Le cas de la Virginie n'est pas isolé. À Takoma Park, dans le Maryland, des caméras IA ont été déployées à dix carrefours dans le cadre d'un programme pilote de quatre ans. Une étude de la ville avait révélé des taux de violation atteignant 87 % à certains carrefours. Le même prestataire, Obvio, est déjà actif à Washington D.C. et dans le comté de Prince George's.

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Athènes verbalise, l'Australie encaisse

L'Europe n'a pas attendu les Américains. En Grèce, un programme pilote déployé à huit endroits à Athènes a enregistré près de 2.500 infractions graves en quatre jours, dont une seule caméra ayant produit plus de 1.000 amendes. Les systèmes grecs ne se limitent pas aux stops : ceinture, téléphone, voies d'urgence, tout y passe. Et en Australie, le déploiement massif de cette technologie a généré plus de 130.000 amendes en Nouvelle-Galles du Sud dès la première année d'utilisation. Cela dit, le système a aussi ses limites : 60% des conducteurs ayant contesté une amende pour ceinture ont obtenu gain de cause. Car l'algorithme se trompe aussi.

Le droit européen ne bloque pas ces systèmes, il les formate. Le RGPD impose que les caméras traitent le minimum d'information nécessaire : seule la preuve de l'infraction transite vers les forces de l'ordre, le reste est effacé en temps réel. La France expérimente déjà la vidéo-verbalisation automatisée pour plusieurs types d'infractions urbaines. Et, forcément, ça arrivera aussi chez nous.

Namur a montré la voie

En Belgique, on a déjà franchi le premier pas. Depuis 2022, l'accès au piétonnier de Namur est contrôlé par caméras ANPR. Tout véhicule non autorisé qui s'y engage reçoit automatiquement une sanction administrative communale de 58 euros, envoyée par courrier et sans qu'aucun agent ne soit présent. C'est exactement le même principe que la Virginie, mais appliqué à une zone piétonne. 

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Le réseau ANPR belge, lui, s'étend à grande vitesse. En 2023, la Belgique comptait environ 4.500 caméras ANPR, mais l’objectif à long terme est de parvenir à 10.000 appareils. La plateforme nationale ANPR@GPI a été lancée à partir de septembre 2025, en débutant par 450 caméras bruxelloises. Pour l'instant, ce réseau sert la lutte contre le crime organisé et le suivi judiciaire. Mais la brique logicielle manquante pour passer à la verbalisation automatisée d'infractions de circulation est sur le point d’aboutir. Le gouvernement travaille en effet à une modification de la loi sur la protection de la vie privée pour arriver à ses fins. Et remplir toujours plus les caisses.

Depuis ce 1er juillet, les perceptions immédiates pour les infractions routières ont augmenté de 10 % en Belgique, une première depuis 2017. Griller un stop relève du 3e degré d'infraction en Belgique. Depuis ce 1er juillet, ça commence à 191 euros de perception immédiate, hors frais administratifs. Si le parquet s'en mêle, on arrive à environ 259 euros. Et devant le tribunal de police, la fourchette s'étend de 240 euros à 4.000 euros, avec déchéance éventuelle du droit de conduire. Quand la caméra ne rate rien, ça peut chiffrer vite.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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