La feuille de route du gouvernement Arizona est claire en matière de sécurité routière. Les autorités vont continuer à utiliser les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle pour traquer des comportements non souhaités et dangereux. Outre une forme de permis à points (mais qui ne s’appelle pas comme tel pour ne pas choquer) et la qualification d’homicide routier, les caméras ANPR vont aussi traquer les conducteurs, car elles sont capables de détecter l’usage du téléphone portable au volant, mais aussi un excès de passagers à bord, des comportements inhabituels (qui sous-entendent l’ébriété) ou encore le non-port de la ceinture de sécurité.
Il faut rappeler que le port de la ceinture de sécurité est obligatoire depuis 50 ans en Belgique (au moins pour les places avant, pour les places arrière, c’était en 1991). Pour de nombreux conducteurs, c’est une habitude, mais pour d’autres le port de la ceinture est toujours rejeté pour toutes sortes de raisons fallacieuses. Pour éviter de la porter, certains utilisent même de fausses boucles pour faire croire au dispositif que la ceinture est effectivement bouclée. Ces situations ne sont pas des cas isolés, car la police inflige plus de 30.000 amendes chaque année pour défaut de ceinture, soit environ 80 par jour. Selon VIAS, dans 27% des accidents mortels, les victimes ne portaient pas de ceinture. À l’échelle belge, on estime que la ceinture sauve chaque année 500 vies. Selon VIAS, ce serait les jeunes de moins de 25 ans qui boucleraient moins leur ceinture. Étonnant !
Du rififi
L’intention du ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés) est donc clair : les caméras ANPR doivent pouvoir détecter les défauts de port de la ceinture de sécurité, tout comme c’est le cas pour les téléphones portables. C’est ce qu’il a fait savoir au Parlement alors qu’il était questionné. Le ministre indique également que la Belgique n’est pas le seul pays à réfléchir à cette mise en application : en Allemagne, c’est déjà effectif tandis que les Pays-Bas y pensent.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Sauf que cette mesure sent déjà le sapin. Pourquoi ? Tout simplement parce que la N-VA s’y oppose. Wouter Raskin, spécialiste des questions de mobilité pour le parti a indiqué que les analyses montraient qu’environ 95 % des personnes assises à l’avant d’un véhicule bouclent leur ceinture de sécurité. Et qu’en matière de sécurité routière, il y a d’autres priorités. En outre, l’Open VLD rejoint l'avis de la N-VA tout en formulant d'autres craintes, à savoir celles autour de la vie privée. Mais étant donné que l'Open VLD est dans l'opposition, ceci ne devrait toutefois pas constituer un problème.
Il faudra donc voir comment ce dossier évolue. En tous cas, celui-ci risque de prendre un certain temps, car il faudra d’abord faire converger les différentes visions et certainement instaurer de gros garde-fous pour protéger la vie privée qui semble être le sujet le plus sensible. D’ici septembre 2026, le nouveau Code de la route (ou nouveau Code de la voie publique) fera par ailleurs passer l’amende pour le non-port de la ceinture à 116 euros (infraction du 2e degré).
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be