Avec le retour de l’hiver et des trajets aux heures sombres, les plaintes liées à l’éblouissement se multiplient. Manifestement, les nouvelles techniques lumineuses ne sont pas forcément meilleures aux yeux des automobilistes qui dénoncent souvent la puissance des LED qui les aveuglent. Pourtant, le souci ne vient pas des technologies elles-mêmes.
L’Agence wallonne pour la sécurité routière (AWSR) rappelle d’ailleurs que les normes européennes encadrent strictement l’intensité lumineuse des phares. Et, dans la réalité, les cas d’aveuglement proviennent presque toujours d’un mauvais réglage de l’orientation, un phénomène qui est nettement accentué par la hauteur des SUV qui constituent une part toujours croissante du parc automobile belge. Tout est dans la nuance, car dans certains cas, une manipulation involontaire peut aussi provoquer des éblouissements, comme quand le conducteur touche distraitement avec son genou la molette de réglage de la hauteur des feux. Évidemment, ce cas de figure sera de plus en plus rare, car, souvent, on ne peut plus jouer sur la hauteur des nouvelles optiques LED.
Cela dit, les conséquences d’un éblouissement peuvent être graves. Certes, les statistiques officielles ne répertorient que les défectuosités globales des feux – environ 13 accidents par an – et, dans la réalité, les sinistres sont plus nombreux, mais ils sont rarement évoqués comme cause par les automobilistes.
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Des infractions coûteuses
Il n’empêche que le Code de la route encadre strictement l’usage des différents feux. Et il sanctionne aussi. Trois niveaux d’infractions coexistent et ils sont assortis de sanctions déjà sévères et qui s’apprêtent à devenir encore plus lourdes. La ministre de la Justice a en effet annoncé son intention d’augmenter les perceptions immédiates de 10%. Autrement dit : ce qui est cher aujourd’hui le sera encore davantage demain.
Pour l’instant, les montants sont les suivants en fonction des situations : 58 euros pour un feu défectueux ou mal réglé, ou l’utilisation injustifiée des phares antibrouillard, 116 euros si on conserve les feux de route allumés à moins de 50 m d’un autre véhicule ou si un chargement gêne la visibilité des phares et carrément 174 euros pour un véhicule sans éclairage avant ou arrière. Il faut noter qu’un réglage incorrect peut même mener à une carte rouge lors du contrôle technique, ce qui limitera alors la circulation à 15 jours avant une représentation du véhicule dans un centre.
Des règles mal connues
Dans l’absolu, il apparaît que les automobilistes belges sont mal renseignés sur l’usage des feux. Selon les données statistiques de l’organisme, 78% des conducteurs ignorent les situations où l’usage des phares antibrouillard avant est requis. Et vous ? On rappellera que ceux-ci ne doivent être utilisés qu’en cas de pluie intense, chute de neige ou, forcément, de brouillard intense, lorsque la visibilité passe sous les 200 m. À l’arrière, ce seuil est fixé à 100 m. Pour ces raisons – et probablement parce qu’il faut aussi augmenter le nombre de verbalisations –, les contrôles se renforceront cet hiver.
On ne pourra toutefois pas clore cet article en évoquant le cas des vélos qui, eux aussi, ont tendance à provoquer des éblouissements depuis l’émergence de la technologie LED. Et ici, pas moyen de contrôler correctement la hauteur d’éclairage, ce qui aboutit presque de facto à un éblouissement. En général, les spécialistes recommandent un éclairage de base avec une luminosité comprise entre 50 et 100 lumens en ville et de 100 à 500 lumens sur les routes moins éclairées. Mais il est plus que fréquent que, par souci d’être vus, les cyclistes optent pour des feux de plus de 500 lumens. On les comprend bien évidemment, mais ça aussi ça pose des soucis en termes d’éblouissement. La question est donc de savoir où est le juste milieu. Et ça, c’est au législateur de trancher.
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