Organisée par la police fédérale belge, la 23e édition du marathon de vitesse s’est tenue les 13 et 14 novembre derniers. En vingt-quatre heures, ce sont 1.145.927 conducteurs qui ont été contrôlés. Résultat : 47.447 d’entre eux roulaient trop vite, soit 4,14%. Ce taux est en hausse, ce qu'il faut rappeler qu’il était de 3,99% lors de la précédente opération en avril 2025. La tendance est donc bien là : la vitesse reste profondément ancrée dans les habitudes de conduite.
Les policiers ont procédé à 102 retraits de permis. Pour la police fédérale, ces chiffres rappellent la nécessité de maintenir les campagnes de sensibilisation et de contrôle. Les excès de vitesse continuent d’être un facteur aggravant pour les accidents. Mais ce n’est évidemment pas le seul. En bonne place figure également la consommation de stupéfiants et d’alcool.
Excuses à la carte
Et justement, l’Institut VIAS s’est penché sur la question de la conduite sous influence et plus particulièrement sur celle des conducteurs alcoolisés, probablement pour mieux rappeler que les fêtes de fin d’année arrivent à grands pas et que cette période est toujours critique. Cela dit, l’enquête récemment menée ne nous livre pas de nouvelles statistiques, mais elle se concentre sur les excuses qui continuent d’être invoquées par les automobilistes pris en faute. En tête de celles-ci, on trouve le « ce ne sont que quelques verres » ou encore « ce n’est qu’un petit trajet ». Il y a aussi le « « Je n’habite pas loin » ou encore « je suis toujours capable de conduire ». Classique et en même temps, tellement dramatique aussi.
Selon Frederick Vinckenbosch, chercheur chez VIAS interrogé par la VRT, ces excuses relèvent de ce qu’il appelle des « risques faussement calculés ». Comme souvent, l’automobiliste s’autopersuade qu’il reste maître de la situation et qu’il se compare volontiers à des cas qu’il juge pires : un conducteur drogué ou un autre qui roule trop vite. C’est là une stratégie d’autojustification sociale qui vise à minimiser son propre comportement pour le rendre plus acceptable. Mais évidemment, ça ne fonctionne pas.
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L’illusion de la sobriété
Le chercheur rappelle aussi que l’alcool fausse rapidement la perception de l’ébriété. Le cerveau s’habitue à la substance : dès que le taux d’alcoolémie commence à diminuer, le conducteur ressent un faux sentiment de lucidité. Il se croit alors redevenu sobre, alors que ses réflexes restent considérablement altérés. Il faut rappeler que même après un seul verre, des tests démontrent une baisse de la réactivité et une augmentation du risque d’accident. En d’autres termes, plus on boit, plus on sous-estime son état réel.
Cette illusion de contrôle est au cœur du problème : elle pousse les conducteurs à rationaliser leur choix de reprendre le volant, persuadés d’agir « raisonnablement ».
Planifier pour ne pas s’excuser
Pour éviter de se retrouver dans cette spirale d’excuses aussi boiteuse que stupide (il faut bien le dire), VIAS recommande de planifier ses déplacements avant de sortir. Car si rien n’a été prévu, alors le conducteur risque de devoir improviser et donc... de reprendre le volant. Et dans cet état, toutes les décisions sont forcément mauvaises. Choisir à l’avance un conducteur désigné, un taxi, un service de covoiturage, dormir sur place ou reprendre les transports en commun permet de ne pas dépendre d’une lucidité qui est devenue défaillante. On ne s’en rend pas souvent compte, mais la route ne laisse aucune place aux risques calculés, pas même pour les meilleurs des conducteurs.
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