La montée en puissance des véhicules électriques sur les routes européennes va obliger les autorités à revoir leurs standards. Aujourd’hui, le contrôle technique des voitures à batterie reste calqué sur celui des modèles thermiques : les émissions sont évidemment absentes, mais aucun test ne porte sur la batterie, le moteur électrique ou les logiciels embarqués.
À l’origine de la transition, la Commission européenne a déjà estimé que cette approche n’est plus tenable. Elle prépare une réforme de fond du contrôle technique, dont la dernière version date tout de même de 2014. L’objectif : adapter les procédures aux nouvelles technologies tout en garantissant un haut niveau de sécurité. Il est notamment prévu dans les préparatifs que les systèmes électroniques d’aide à la conduite ou le freinage automatique devront également être examinés plus en détail.
Ces propositions sont toujours à l’état de projet et elles s’inscrivent dans la stratégie de « Vision Zéro » de l’Union européenne qui vise zéro décès sur les routes d’ici 2050. Sacré défi.
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La Wallonie prend les devants ?
En Belgique, la compétence du contrôle technique relève des Régions. Et la Wallonie ne compte pas attendre ses pairs. Interrogé par SudInfo, le cabinet du ministre de la Mobilité, François Desquesnes (Les Engagés) a confirmé qu’un travail était en cours au sein du SPW en collaboration avec les organismes agréés.
L’objectif est d’identifier des solutions techniques permettant de mieux informer l’usager, notamment lors de la revente d’un véhicule électrique. Aujourd’hui, aucun contrôle n’évalue l’état de santé de la batterie qui est pourtant élément central et le plus coûteux du véhicule. Le contrôle d’occasion se limite à vérifier le fonctionnement général, sans examen de la performance réelle de la batterie ni de sa dégradation.
Le processus est donc comparable à celui mené pour les moteurs thermiques. Et c’est probablement un peu court. Plusieurs professionnels du secteur militent en effet pour des contrôles renforcés et spécifiques aux voitures électriques, notamment pour la batterie dont l’état de santé est déterminant, non seulement pour la longévité du véhicule, mais aussi pour la confiance que le consommateur peut avoir dans le marché de l’occasion.
Selon la députée fédérale Ludivine Dedonder (PS), 46% des acheteurs potentiels se méfient encore des voitures électriques d’occasion, car ils craignent le mauvais état de la batterie. Certains professionnels prennent les devants et procèdent eux-mêmes à un test d’état de santé de la batterie pour rassurer leurs clients. Cela ne coûte pas cher (30 euros environ), mais le fait que ce paramètre soit contrôlé globalement serait un plus en matière de transparence pour le marché.
Pourquoi pas d’autres contrôles ?
Mais pourquoi ne pas aller plus loin ? Car limiter l’évaluation d’une voiture électrique à sa batterie est réducteur. D’autres composants méritent en effet une attention accrue lors du contrôle technique, notamment la suspension et le système de freinage. Il ne faut pas oublier que le poids supérieur des véhicules électriques – souvent plusieurs centaines de kilos de plus qu’un modèle thermique équivalent – exerce une contrainte supplémentaire sur les trains roulants, les bras de suspension et les amortisseurs. À terme, ces éléments peuvent s’user prématurément ou présenter des risques de rupture, surtout sur les véhicules les plus anciens ou soumis à une utilisation intensive. C’est déjà arrivé et parfois avec une certaine récurrence.
Les freins constituent un autre point sensible. Si le freinage régénératif limite théoriquement l’usure des plaquettes, il peut aussi masquer une dégradation du système hydraulique ou une corrosion des disques, peu sollicités au quotidien. En cas de dysfonctionnement du frein régénératif, le freinage mécanique devient alors essentiel, d’où la nécessité d’un test spécifique et plus approfondi que celui appliqué aujourd’hui.
Enfin, le volet logiciel ne peut plus être ignoré non plus. Les mises à jour de la chaîne de traction jouent un rôle comparable à celui de la gestion moteur sur une voiture thermique : elles conditionnent la performance énergétique, la sécurité et parfois même la conformité réglementaire. Un contrôle technique moderne devrait donc vérifier la version logicielle installée et la bonne application des mises à jour liées à la gestion énergétique ou thermique de la batterie. C’est une garantie de performance, mais aussi de sécurité et de transparence pour l’utilisateur.
Un passeport de batterie européen en 2027
Quoi qu’il en soit, à partir du 18 février 2027, chaque batterie de véhicule électrique devra disposer d’un passeport numérique, conformément à un règlement européen déjà adopté. Ce document électronique contiendra des données détaillées sur la composition des cellules, sur les performances et, surtout, sur l’état de santé de la batterie (state of health ou SOH). Ce passeport sera accessible via un QR code apposé sur la batterie et il permettra aux centres de contrôle, aux revendeurs et aux acheteurs de vérifier objectivement la condition de cette réserve d’énergie. Il est aussi censé faciliter la traçabilité et le recyclage en fin de vie.
En Wallonie, cette perspective serait intégrée aux réflexions en cours : le SPW souhaite que les futurs protocoles de contrôle technique puissent dialoguer avec ces passeports pour rendre les vérifications plus fiables et rapides. Très bien, mais, une fois de plus, si une concertation et une cohérence pouvaient être d’actualité avec les deux autres régions du pays, la Flandre et Bruxelles, ce serait encore mieux.
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