Cette étude casse l’image propre du moteur à essence et réhabilite celle du Diesel

Une étude scientifique remet en cause la croyance selon laquelle les émissions des moteurs à essence modernes ne sont pas nuisibles. Car il apparaît qu’une fois exposés à la lumière solaire, leurs gaz deviennent hautement toxiques, ce qui pose question sur la réglementation en vigueur et le Diesel bashing.

Publié le 8 juillet 2025
Temps de lecture : 4 min

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Cette étude casse l’image propre du moteur à essence et réhabilite celle du Diesel

Une équipe internationale de chercheurs pilotée par Helmholtz Munich et l’Université de Rostock a révélé dans Science Advances une découverte pour le moins déstabilisante : les émissions des véhicules essence Euro 6d, pourtant conformes aux normes les plus strictes, deviennent en réalité dangereusement toxiques après leur rejet dans l’atmosphère. Pour aboutir à cette conclusion, l’étude ne s’est pas limitée aux tests réglementaires réalisés à la sortie du pot d’échappement, mais elle a simulé le vieillissement photochimique naturel des gaz d’échappement, c’est-à-dire leur transformation sous l’effet du rayonnement solaire et des oxydants atmosphériques.

Le constat des scientifiques est sans appel : bien que non cytotoxiques à l’état frais (c’est-à-dire fraîchement rejetés), ces gaz deviennent hautement nocifs après quelques heures dans l’atmosphère. Et pour la santé humaine, ce serait même une catastrophe, car ces émissions « vieillies » entraîneraient même stress oxydatif et de dommages à l’ADN des poumons. Si on ne croit les résultats, cette toxicité proviendrait non seulement des particules secondaires formées (SOA et SIA), mais aussi de composés volatils oxygénés comme les carbonyles qui sont particulièrement agressifs pour les voies respiratoires.

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Une réglementation aveugle

Pourtant les normes Euro 6d imposent des filtres à particules aux moteurs essence depuis 2019. Mais l’étude souligne un biais méthodologique : les normes actuelles ne prennent en compte que les émissions « primaires », c’est-à-dire celles directement mesurées en sortie de moteur. Et, comme on l’a dit, dans des conditions atmosphériques réalistes, ces émissions se transforment en de nouveaux polluants dangereux. Ce constat met une nouvelle fois en lumière le décalage qui peut exister entre les tests en laboratoire et la réalité set elle remet donc aussi en question les outils réglementaires actuels.

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Plus surprenant encore : les résultats montrent que les émissions secondaires issues des moteurs Euro 6d peuvent atteindre et même dépasser les émissions d’un moteur Euro 5 non équipé de filtre à particules. Ce qui remet une fois de plus en cause les réglementations en vigueur et leur raison d’être. En gros, les consommateurs paieraient pour des systèmes de dépollution chers et inefficaces. Pour les scientifiques, il faudrait donc aller beaucoup plus loin pour appréhender l’impact complet des émissions automobiles.

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Le Diesel réhabilité ?

Cette révélation est évidemment des plus inattendues, surtout dans un contexte encore récent où les moteurs Diesel ont été stigmatisés à la suite du Dieselgate. Bien entendu, le moteur Diesel reste par nature très émetteur d’oxydes d’azote, mais il a aussi bénéficié d’évolutions techniques récentes – vannes EGR, catalyseurs SCR avec injection d’AdBlue, filtres à particules – qui en font manifestement un moteur pas plus polluant que l’essence si on en croit l’étude. En outre, par son efficacité supérieure, le Diesel continue d’être moins émetteur en CO2. Cette étude jette un pavé dans la marre. Au point qu’on pourrait se demander si cette diabolisation du Diesel n’a pas occulté une réalité plus complexe.

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L’enjeu n’est pas de réhabiliter le Diesel aux dépens de l’essence, ni de nier les bénéfices de l’électrification. Mais l’étude montre que le moteur essence n’est pas non plus un modèle de vertu si l’on prend en compte l’ensemble du cycle des polluants. Le débat sur les motorisations ne peut plus se contenter d’opposer de manière caricaturale des catégories, mais il doit intégrer les données scientifiques réelles sur les effets différés des émissions. En l’occurrence, il faudrait que tout le monde s’accorde sur de nouvelles méthodes pour prendre en considération les polluants primaires et secondaires (après vieillissement donc). 

En parler, c’est évidemment remettre en cause la pertinence de décisions politiques, parfois trop rapides et influencées par des scandales. En attendant et même si on sait que les politiques ne l’entendront pas, le moteur Diesel pourrait bien regagner en légitimité face à une essence qui est, selon cette étude, injustement présentée comme la solution miracle du côté du moteur thermique.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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