Ce sont nos voisins néerlandais qui tirent la sonnette d’alarme. Une étude récente du bureau de conseil CE Delft ainsi que l’expérience de l’entrepreneur néerlandais Laurens Drogendijk — qui a consacré sa carrière au développement d’une pompe à pneus intelligente — montrent que le sous-gonflage est un problème fréquent, y compris chez les conducteurs qui contrôlent régulièrement leurs pneus. Le résultat ? Une consommation de carburant inutilement élevée, des coûts plus importants, davantage d’émissions de CO₂ et un risque accru d’accident.
L’air chaud se dilate
Étonnant, non ? Comment peut-on repartir avec une pression trop faible après avoir consciencieusement branché le tuyau d’air sur la valve à la station-service ou au car-wash ?
La cause ne réside pas tant dans des appareils défectueux que dans leur utilisation. « Les gens ne savent tout simplement pas comment regonfler correctement », explique Drogendijk dans le journal néerlandais Trouw.
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Il précise que lorsqu’on parcourt quelques kilomètres pour se rendre à la station-service, on arrive avec des pneus déjà chauds. Or l’air chaud se dilate, ce qui fait que la pompe mesure une pression plus élevée que celle correspondant aux valeurs constructeur (qui sont prévues à froid). Ce phénomène est souvent sous-estimé : à chaque hausse de 10 °C, la pression augmente d’environ 0,1 bar.
En pratique, cela signifie que des conducteurs qui règlent par exemple 2,3 bars repartent en réalité avec un manque de 0,3 à 0,5 bar une fois que les pneus ont refroidi.
100 euros par an
Selon les calculs de Drogendijk, ce sous-gonflage représente facilement 100 euros de carburant supplémentaires par an. Une pression correcte permet en effet de réduire la consommation, les émissions et l’usure des pneus. Si toutes les voitures aux Pays-Bas roulaient avec la bonne pression, la baisse des émissions serait équivalente à celle d’une commune de taille moyenne.
En Belgique, les habitudes des usagers ne diffèrent pas. On peut donc raisonnablement supposer que les automobilistes belges roulent eux aussi avec une pression insuffisante. Des recherches le confirment. Des étudiants de la KU Leuven et de la Hogeschool Rotterdam ont contrôlé plus d’un millier de voitures sur des parkings belges dans le cadre d’un projet de mobilité. Il en ressort que ceux qui vérifient leur pression le font principalement pour économiser du carburant. Or, c’est précisément ce groupe qui roule malgré tout souvent avec une pression incorrecte, car il se fie à la valeur affichée sur la pompe sans tenir compte de la température des pneus.
Un comportement dangereux
Et cela concerne encore les conducteurs qui prennent la peine de contrôler régulièrement, car il est établi que plus d’un quart des automobilistes font preuve de négligence à ce sujet. Mais au-delà de la consommation et du climat, le sous-gonflage entraîne également des distances de freinage plus longues et une stabilité réduite. Certains trouvent peut-être qu’un pneu plus souple offre un meilleur confort, mais il est indéniablement moins sûr.
Drogendijk n’est pas resté les bras croisés. L’entrepreneur néerlandais a développé un gonfleur intelligent qui guide les conducteurs pas à pas et corrige automatiquement en fonction de la température et de l’utilisation. L’écran affiche immédiatement combien de carburant et d’argent des pneus correctement gonflés permettent d’économiser. Son appareil est désormais installé sur quelques centaines de sites aux Pays-Bas. Les grands exploitants de stations-service sont toutefois moins enthousiastes : ils jugent le système trop coûteux, tandis que leur modèle économique ne bénéficie sans doute pas d’une pression des pneus parfaitement optimisée.
Que pouvez-vous faire vous-même ?
En Belgique, ce type de pompe intelligente est pour l’instant inexistant. Que pouvez-vous donc faire en tant que conducteur ? La règle principale reste simple : vérifiez vos pneus lorsqu’ils sont froids, donc avant de prendre la route ou après que la voiture soit restée immobile plusieurs heures. Gardez donc la distance jusqu’à la station-service aussi courte que possible (maximum 2 à 3 km à faible vitesse).
Utilisez toujours les valeurs de pression indiquées sur l’autocollant situé dans l’encadrement de porte ou dans le manuel d’utilisation, et non la pression maximale inscrite sur le flanc du pneu. Et n’oubliez pas d’adapter la pression en fonction du chargement, notamment avant un départ en vacances. Celui qui dispose d’un compresseur à domicile a un avantage et peut ajuster parfaitement la pression à la bonne température. Cela en vaut la peine, car ceux qui se rendent consciencieusement aujourd’hui à la borne de gonflage sur l’autoroute repartent en pratique souvent avec des pneus plus mous qu’ils ne le pensent.
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