On ne les voit pas forcément – elles sont souvent cachées au cœur des forêts –, mais les pistes d’essai où les constructeurs automobiles mettent au point les voitures de demain se trouvent un peu partout en Europe. Comme celui de Ford dans la commune limbourgeoise de Lommel. Ou celui d’Opel à Dudenhofen, situé au sud-est de Francfort soit environ à 40 km du siège de la marque, à Rüsselsheim.
Après la reprise d’Opel par PSA (devenu depuis le groupe Stellantis), le site de Dudenhofen a été loué au groupe technologique français Segula qui mettait également l’infrastructure à disposition d’autres constructeurs automobiles. Mais la semaine dernière, Segula a fait faillite et à ce jour, il n’y a donc plus d’exploitant pour ce gigantesque complexe. De ce fait, les 287 employés de cette infrastructure vont perdre leur emploi tandis que 82 autres salariés – principalement des travailleurs plus âgés – sont relogés dans une société temporaire dans l’espoir d’une reprise.
Une solution pas évidente
Mais qu’on se le dise : la solution a peu de chances de venir d’Opel ou de Stellantis, puisque le constructeur allemand utilise désormais d’autres pistes d’essai situées en France et en Italie.
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Il s’agit donc peut-être de la fin de ce qui fut autrefois l’un des complexes d’essai les plus prestigieux d’Europe. Opel, alors propriété de General Motors a ouvert cette infrastructure gigantesque en 1966. Il comprend environ 70 km de routes qui présentent toutes les configurations possibles et imaginables, de la piste ovale pour les essais à grande vitesse aux tronçons pavés qui visent à soumettre les prototypes aux conditions les plus exigeantes.
Chaque jour, environ 40.000 km d’essais y étaient effectués. Ces dernières années, ce chiffre a sans doute diminué, puisque la gamme Opel a été fortement réduite puisqu’elle partage désormais l’essentiel de ses technologies et de ses composants avec d’autres modèles du groupe Stellantis. Forcément, tout ceci ne nécessite plus les mêmes tests spécifiques que précédemment.
Opel et Stellantis restent propriétaires de la piste, mais il leur faut se mettre en quête d’un nouvel exploitant. Si leur recherche est fructueuse, alors il y a peut-être encore un avenir pour le complexe de Dudenhofen. Mais cette solution ne sera pas simple à trouver.
Dans l’ancien jardin d’un château
Le groupe Stellantis est en réalité noyé dans les pistes d’essai. Il possède déjà plusieurs circuits d’essai en Europe (et aussi en Amérique, via sa branche américaine Chrysler/Dodge/Jeep/RAM). En Italie, il y a le complexe de Balocco, entre Turin et Milan, où, depuis toujours, toutes les marques italiennes du groupe effectuent leurs essais de prototypes. Non loin du siège historique de Peugeot à Sochaux, il y a aussi Belchamp en Bourgogne-Franche-Comté.
Et ce n’est pas tout : la marque Citroën possédait depuis toujours son propre laboratoire en plein air : La Ferté-Vidame, au sud-ouest de Paris. Ce site emblématique, construit dans un ancien jardin de château (le château existe toujours), est également célèbre parce que les Français y ont caché pendant la Seconde Guerre mondiale trois prototypes de la 2CV dans une pièce murée pour les soustraire à l’occupant. Le site de La Ferté-Vidame était également exploité par Segula Technologies et il est donc aussi en vente.
Il existe en outre près de Rüsselsheim encore un autre ancien circuit Opel. L’ancien Opel-Bahn fut l’un des premiers circuits fermés d’Europe, mais, après la Seconde Guerre mondiale, elle ne fut plus utilisée que par l’armée américaine avant que l’asphalte ne soit percé pour y laisser repousser des arbres. On peut toutefois encore librement visiter ce circuit aux virages relevés. Et il y a encore Fiat qui possède La Mandria, un ancien complexe d’essai tombé en désuétude et situé dans un ancien parc royal au nord-est de Turin.
Encore une mauvaise nouvelle
La potentielle disparition – à moins d’un miracle – de la piste d’essai Opel à Dudenhofen est la énième mauvaise nouvelle pour le secteur automobile allemand qui continue de lutte contre la baisse des ventes.
Opel en particulier est en mauvaise posture. Et c’est à cause de Stellantis qui a créé des problèmes de qualité et imposé une réorganisation ratée du système de vente à travers des difficultés logicielles. De ce fait, de nombreux clients se tourner vers d’autres constructeurs automobiles. Mais indépendamment de cela, la disparition de ces sites était probablement écrite avec la naissance du mastodonte Stellantis qui n’a pas l’usage d’autant de sites d’essais automobiles.
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