L’avenir est aux carburants fossiles. Le président des États-Unis, Donald Trump, ne s’est jamais caché de cette position lors de sa campagne pendant laquelle il a qualifié la voiture à accumulateur « de transition vers l’enfer pour la classe moyenne américaine » ou arguant encore que celle-ci « menaçait tout le secteur automobile [thermique] américain. » Certes, Trump a récemment affiché son soutien à Elon Musk. Avec les difficultés rencontrées par la marque Tesla, celui-ci a décidé d’en acheter une – ce qui est probablement faux, c’était juste un coup de com’ – vantant les mérites de ces automobiles. « C’est un très bon produit », avait-il commenté devant la Maison-Blanche.
Sauf que tout cela, c’est déjà très loin. Il faut rappeler que l’administration Biden avait pour objectif de déployer les voitures électriques aux États-Unis. Il s’agissait d’essayer d’atteindre les 50% de ventes électriques en 2030. À ces fins, des crédits d’impôt étaient octroyés et pour convaincre, l’ancien président avait mobilisé 7,5 milliards de dollars pour installer des bornes de recharge à travers tout le territoire.
« Make America Smoggy Again »
Mais tout cela va être détricoté par Donald Trump. Et si jusqu’ici, le dossier semblait avoir été ignoré, les choses s’accélèrent brutalement. Premier chantier de Trump : empêcher la Californie de promulguer ses propres règles (depuis 1967 lorsque la région est fortement en proie au smog, ce brouillard généré par la pollution). Cet État de l’Ouest est bien connu pour ses règles plus strictes en matière d’émissions. C’est d’ailleurs grâce à lui que les voitures sont devenues plus efficientes et moins polluantes, et ce partout aux États-Unis. Et la Californie a aussi décidé de s’aligner sur l’Europe et d’interdire les ventes de voitures thermiques neuves en 2035. Ce qui n’est évidemment pas du goût de Trump.
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Ainsi, le Sénat américain (ou plutôt les républicains qui y siègent) vient de voter une résolution pour empêcher la Californie de sortir du thermique en 2035, ce qui ouvre la voie à une bataille judiciaire qui pourrait transformer profondément l’industrie de la voiture électrique aux États-Unis. Ce bras de fer (légalement, c’est l’État fédéral qui peut prendre la main sur les lois des entités fédérées) n’est évidemment pas pour plaire aux Californiens et certainement pas à son gouverneur, Gavin Newsom, qui a proposé à Trump de changer son slogan « Make America Great Again » en « Make America Smoggy Again » (littéralement, « rendre à l’Amérique à nouveau fumante »). Ambiance.
Trump n’en est pas à sa première opération de détricotage au sujet de la réglementation environnementale des véhicules. Récemment, il a nommé un nouveau dirigeant à la tête de l’Agence de protection de l’environnement américaine qui a annoncé son intention de supprimer... les systèmes stop & start des voitures qu’il juge ennuyeux.
Depuis l'arrivée du républicain au pouvoir, les prévisions de ventes pour les véhicules électriques et hybrides rechargeables ont été divisées par deux aux USA. L'Agence internationale de l'énergie (AIE) estimait que la part des véhicules électrifiés à l'horizon 2030 devait tourner autour 40%, mais qu’elle ne serait en fait plus que de 20% en raison de l'arrivée du nouveau locataire de la Maison-Blanche.
Taxer les automobilistes qui veulent une électrique
Mais ce n’est pas tout. L’administration Trump a aussi prévu de dissuader les automobilistes d’acheter une voiture électrique. Car la Chambre des Représentants (Congrès) est elle aussi passée à l’action. Elle vient en effet de voter le « One Big Beautiful Bill Act » qui prévoit des hausses des taxes pour les conducteurs d’électriques et d’hybrides rechargeables : 100 dollars supplémentaires par an pour les possesseurs d’électriques et 250 dollars pour ceux qui roulent en PHEV. Pourquoi pas la même chose ? Il faudrait demander à Elon Musk sans doute... qui doit malgré tout la trouver saumâtre.
Officiellement, la justification n’est évidemment pas tournée vers la voiture électrique. Ce serait discriminatoire. L’administration justifie ces taxes par la nécessité de refinancer le Fonds fiduciaire routier qui s’occupe de l’entretien des infrastructures. Les moyens de ce fonds seraient au plus bas et comme il y a de plus en plus d’électriques, elles constituent donc une opportunité. Autre justification avancée : les voitures électriques sont plus lourdes et elles dégradent plus les routes, raison pour laquelle elles doivent payer plus. On a déjà entendu ça quelque part...
Une industrie qui va péricliter ?
On s’attend à ce que les actions de l’administration Trump s’accélèrent. Et notamment que les subventions pour les voitures électriques inscrites dans l’IRA (Inflation Reduction Act) soient aussi supprimées rapidement. Sauf qu’avec ces mesures, on ne parle pas seulement de voitures. En effet, nombreux sont les industriels qui ont investi sur le territoire américain grâce à l’IRA, que ce soit dans la recherche et du développement, la production de batteries ou de composants pour les voitures électriques. Et s’ils ne reçoivent pas l’argent promis, ils vont tout simplement faire faillite ou plier bagage, ce qui signifie que tout le secteur de la transition verte (quelle que soit la finalité) risque de s’effondrer. Ce qui laisserait par ailleurs le leadership de la transition verte à d’autres régions du monde.
Rien que dans le secteur des voitures électriques, ce sont jusqu’à 130.000 emplois qui pourraient disparaître d’ici à 2030. Un comble alors que Trump envisageait d’en recréer dans ce secteur. Mais probablement que le président américain – et ses conseillers – ne mesure pas vraiment l’impact de leurs décisions. La preuve : Buddy Carter, représentant de Géorgie, a qualifié cette mesure de « fantastique » alors que Hyundai vient d’investir plus de 4 milliards de dollars dans la région pour une usine de batteries. On imagine que la nouvelle n’a pas du être bien accueillie du côté de l’industriel. Cette situation ubuesque montre surtout qu’au lieu de s’affranchir, les États-Unis risquent bien de devenir de plus en plus dépendants du reste du monde à moyen terme, et notamment de la Chine. Les constructeurs américains doivent se sentir bien seuls...
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