Le 1er mai, Donald Trump a annoncé sur Truth Social vouloir relever « la semaine prochaine » les droits de douane sur les véhicules européens de 15 à 25 %. Le président accuse l’Union de manquer à l’accord « Turnberry » passé en juillet 2025 et qui fixait les droits de douane à 15 %. Celui-ci devait permettre aux constructeurs européens d'économiser entre 500 et 600 millions d'euros par mois grâce au plafonnement à 15 % des droits.
La Cour suprême américaine avait depuis invalidé les bases juridiques de ce régime, ramenant le taux à 10 % via une disposition alternative. Mais comme on le sait, l'instabilité est devenue la méthode de l’administration Trump. Les États-Unis ont déjà enfreint l'accord à plusieurs reprises. Ce n’est donc pas l’Union qui est en faute. Mais ça n'empêchera pas la taxe d'arriver. Et en attendant, les titres boursiers de Stellantis, Volkswagen et Mercedes-Benz ont tous reculé vendredi. L'automobile, encore.
Toujours les mêmes
On ne peut s'empêcher de poser la question : pourquoi ce secteur revient-il systématiquement en première ligne ? Probablement parce qu’une Volkswagen ou une BMW dans une rue américaine parle plus à l'électeur, et en particulier ceux des États industriels sinistrés du Midwest (l’ancien cœur de l’industrie automobile américaine), ceux-là mêmes que Trump a voulu séduire avec ses droits de douane levés en avril 2025.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
L'automobile, c'est le seul produit manufacturé dont le déficit commercial est lisible à l'œil nu. Mais Trump n’en démord pas : il veut que les industriels produisent sur le sol américain. « L’invitation » à la relocalisation reste d’actualité, mais jusqu’ici, personne n’y a vraiment répondu. Il n’y a eu que des promesses chez certains constructeurs asiatiques ou le transfert de modèles davantage vendus sur le sol américain.
Un secteur déjà à terre
Le problème, c’est que les constructeurs européens sont déjà épuisés. Stellantis affiche une perte nette de 22,3 milliards d'euros sur 2025, dont 1,5 milliard directement imputable aux droits de douane américains. Et le groupe anticipe encore 1,6 milliard supplémentaire anticipé pour 2026. BMW a vu son bénéfice opérationnel tomber à son plus bas depuis la pandémie. Et son directeur financier l'a reconnu : sans la charge des taxes de Trump, les bénéfices auraient progressé. Volkswagen n’est pas mieux loti. L'indice boursier sectoriel européen a déjà cédé plus de 13 % depuis janvier. Et ça, c'est avant cette annonce d’un passage à 25 %.
La facture chiffrée
Le marché américain est déjà en chute libre. Il y a eu 670.000 véhicules européens exportés vers les États-Unis en 2025, pour 30,9 milliards d'euros, un bilan en recul de 21,4 % par rapport à 2024. C'est évidemment l'Allemagne qui risque le plus : BMW, Mercedes et Volkswagen y écoulent 13,1 % de leur production totale. L'IfW (Institut für Weltwirtschaft, soit l'Institut de Kiel, un think tank économique allemand) chiffre l'impact potentiel à 15 milliards d'euros de production perdue, voire 30 milliards à plus long terme. Et, évidemment, l’automobiliste américain n’en sortira pas indemne non plus, car les taxes ne seront pas absorbées que par les constructeurs. Une fois encore, l’industrie automobile se trouve face au cyclone.
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be