Les chiffres sont historiques. Ces derniers mois, les douanes américaines ont perçu pas moins de 18,3 milliards de dollars de taxes sur les voitures particulières importées. Et encore 7,6 milliards sur les pièces automobiles. Ce mur commercial place les constructeurs sur la bande d’arrêt d’urgence.
Volkswagen a vu son bénéfice d’exploitation chuter de 51,3 % l’an dernier, avec un impact tarifaire direct de 2,9 milliards d’euros. Stellantis a enregistré 2,3 milliards d’euros de pertes dues aux droits de douane. Et Ford Motor Company ? Le constructeur a payé près de 2 milliards de dollars supplémentaires sur l’ensemble de l’année 2025.
Les tarifs de Trump touchent tout le monde, aussi bien les marques américaines que les acteurs étrangers. Seuls les constructeurs chinois s’en sortent relativement indemnes, puisque l’accès au marché américain leur est presque totalement refusé. Pourtant, les constructeurs ont immédiatement tiré le frein à main lorsque Donald Trump, lors du Liberation Day il y a presque un an, a brandi son tableau de tarifs devant les caméras.
Jaguar Land Rover a immédiatement stoppé ses expéditions vers les États-Unis, Stellantis a mis à l’arrêt des usines au Canada et au Mexique et Volkswagen a suspendu l’exportation vers les États-Unis de modèles produits en Europe et au Mexique.
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Qui paie l’addition ?
Qui paie ces milliards ? En grande partie pas les entreprises exportatrices, comme le confirme une analyse de la Federal Reserve Bank of New York, une clarification que nous avions déjà évoquée ici auparavant : le coût des droits de douane a été largement répercuté sur les importateurs américains (souvent détenus par la maison mère), les entreprises et les consommateurs. Dans une certaine mesure, Trump se tire lui-même une balle dans le pied avec cette mesure. Mais c’était aussi calculé. Il faut d’abord que la situation empire avant que les avantages ne se matérialisent pleinement. Autrement dit : si toutes les marques construisent massivement des voitures aux États-Unis.
Malgré les pertes et les maigres perspectives d’amélioration, le secteur automobile ne s’est pas précipité pour adopter ce plan. La politique est trop imprévisible et les investissements industriels dépassent largement les mandats présidentiels. Surtout Volvo Cars et Hyundai Motor Company ont accéléré leurs projets de production américaine pour contourner les droits de douane.
58 milliards de dollars de pertes
La question est toutefois celle de l’endurance. Toyota, très dépendant du marché américain, prévoit pour l’exercice en cours un impact tarifaire de 9,5 milliards de dollars. La grande majorité des constructeurs se réjouirait si cela représentait seulement leur bénéfice annuel.
Chez Honda, les pertes (de 58 milliards murmure-t-on) ont conduit, même si l’exercice fiscal japonais n’est pas encore terminé, à l’abandon pur et simple de trois modèles électriques prévus sur la base de la Série 0. Adieu les millions investis en recherche et développement. Car les mesures anti-électrique de Trump frappent aussi durement. Nissan a retiré l’Ariya EV de son offre américaine, Hyundai Motor Company y arrête la vente de l’Ioniq 6 (mais pas la version N) et Tesla a cessé la commercialisation des Model X et Model S.
Nouveaux droits d’importation
Mais la pression tarifaire ne va-t-elle pas diminuer ? Le mois dernier, la Supreme Court of the United States a en effet rebattu les cartes en jugeant que ces droits n’étaient pas légitimes. La réaction ultra-rapide de Donald Trump — une nouvelle taxe à l’importation de 10 à 15 % basée sur un autre cadre juridique — ne s’applique pour l’instant pas aux voitures particulières ni aux pièces automobiles.
En principe, les droits imposés doivent être remboursés à la suite de la décision judiciaire. Mais ce que cela signifie concrètement reste une autre histoire. Un système de remboursement est en cours de mise en place et devrait devenir opérationnel vers la mi-avril. Cet argent ira à l’importateur direct — en pratique la filiale américaine d’un constructeur — et non à la maison mère étrangère. Les consommateurs, eux, n’entrent de toute façon pas en ligne de compte. De plus, pour l’industrie automobile, il reste juridiquement flou de savoir sous quel cadre légal s’inscrit la taxe spécifique de 25 %sur les voitures particulières. Toutes les catégories ne sont pas récupérables. Et quant à savoir si Washington a vraiment envie de mettre la main au portefeuille… on vous laisse deviner.
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