Le chiffre fait l'effet d'un coup de massue : 6,9 milliards d'euros de bénéfice net en 2025. En apparence colossal, ce résultat représente en réalité une vraie dégringolade (de 44%) sur un an pour le groupe Volkswagen. Et surtout, il s’agit d’un niveau plancher qui ne s’était plus produit depuis le Dieselgate, le scandale des moteurs truqués de 2015. Mais comment expliquer cette performance catastrophique ? En réalité, c’est le résultat d’une accumulation de facteurs que le constructeur n’a pas su gérer.
Horror. Aber gewollt: Die grüne Saat fängt richtig an zu blühen: Deutschlands DEindustrialisierung beschleunigt sich rapide: 50 000 Stellen bei VW futsch. Einst Wohlstandsgarant, jetzt verlässt der Autobauer das industriefeindliche Energie-Teuer-Land: 50000 Familien, die ihre… pic.twitter.com/oczTISm2Ab
— Julian Adrat (@JulianAdrat) March 10, 2026
9 milliards de charges en un an
Pourquoi une telle chute ? En 2025, le groupe a accumulé 9 milliards d'euros de dépenses exceptionnelles qui ont plombé ses comptes. La plus grosse part (5 milliards) provient du pari électrique raté de Porsche, qui a dû revoir entièrement sa stratégie. Les taxes douanières imposées par Donald Trump ont coûté 3 milliards supplémentaires. Et la restructuration interne chez VW a englouti le milliard restant. Concrètement, le groupe a vendu autant de voitures qu'avant (9 millions de véhicules), mais il a gagné beaucoup moins d'argent sur chaque vente. Sa marge bénéficiaire est tombée à 2,8% contre 5,9% un an plus tôt. C’est plus que divisé par deux.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Une carte mondiale qui se fissure
La géographie des ventes révèle par ailleurs des dynamiques très contrastées. Si l'Europe et l'Amérique du Sud affichent encore une progression comprise entre 5 et 10%, les deux grands marchés stratégiques du groupe déçoivent. En Amérique du Nord, les barrières douanières ont taillé dans les volumes à hauteur de 12%. Et en Chine, qui était jadis la locomotive du groupe, la concurrence des constructeurs locaux continue sévèrement : le recul atteint les 6% malgré les efforts du constructeur de s’associer à Xpeng pour développer plus vite des véhicules répondant mieux aux attentes des Chinois.
50.000 suppressions de postes
Mais ce séisme financier s’accompagne d’un autre coup de tonnerre : le groupe entend supprimer jusqu'à 50.000 emplois en Allemagne d'ici 2030. Ce chiffre inclut les 35.000 postes déjà ciblés fin 2024 au sein de la seule marque Volkswagen auxquels s'ajoutent désormais des réductions chez Audi, chez Porsche ainsi qu’au sein de la fameuse filiale logicielle Cariad. Dans sa lettre aux actionnaires, le président du directoire, Oliver Blume, justifie cette cure d'austérité par la nécessité d'atteindre plus de 6 milliards d'euros d'économies annuelles à l'horizon 2030. En 2025, ces efforts ont déjà généré 1 milliard d'euros de gains.
2026 : l'incertitude comme horizon
Pour l'exercice en cours, le groupe prévient d'emblée que la pression sur les marges ne fléchira pas. Et pour cause : il y a actuellement une hausse des matières premières, une intensification de la concurrence mondiale et, probablement, une nouvelle crise énergétique. Volkswagen vise néanmoins une remontée de sa marge opérationnelle dans une fourchette de 4 à 5,5%.
La question que les automobilistes se posent, c’est de savoir quel sera l’impact de cette crise financière sur le renouvellement des modèles ? A priori, il ne devrait pas y en avoir. En 2025, le groupe a tout de même lancé 30 nouveaux modèles, preuve que la machine industrielle tourne encore. Pour 2026, l'ID. Polo entrera en production à Martorell en Espagne à l'été avec des livraisons prévues en fin d'année. Proposée à partir de 25.000 euros sur la nouvelle plateforme MEB A0, elle s'attaquera directement aux Renault 5 et Peugeot e-208. Mais le vrai gros morceau, c'est la plateforme SSP – l'architecture électrique de nouvelle génération – dont les premiers modèles ont pris du retard. D’ailleurs, la Golf électrique de 9e génération (ID. Golf) n'est plus attendue qu'en 2030. Patience, patience...
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be