L’industrie automobile européenne compte huit usines de trop : bientôt la rupture ?

La fermeture d’Audi Forest a démontré récemment les problèmes récurrents de l’industrie automobile. Sauf que Forest ne sera pas un cas isolé : désormais, d’autres usines européennes sont dans la tourmente. Une récente étude fait état de la surproduction automobile sur le vieux continent qui serait deux fois supérieure à la demande. Une situation intenable qui va mener jusqu’à la banqueroute ?

Publié le 15 octobre 2025
Temps de lecture : 4 min

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L’industrie automobile européenne compte huit usines de trop : bientôt la rupture ?

Le moteur de l’industrie automobile européenne est grippé. Selon le cabinet d’experts AlixPartners, l’industrie du vieux continent ne tournerait qu’à 55% de sa capacité de production. Il s’agit d’un triste record qui laisserait le secteur avec huit usines de trop. À y regarder de plus près, c’est surtout Stellantis, la société mère de marques comme Peugeot, Citroën et Fiat, qui serait dans de sales draps. Les sites européens du groupe ne tourneraient même pas à 45%. Et, comme on le sait, une usine qui ne tourne pas à plein régime coûte des millions d’euros à un constructeur.

Fermeture temporaire ou définitive ?

La situation est en réalité plus dramatique qu’on ne le pense. À Poissy, près de Paris, la production des Opel Mokka et DS3 a été carrément stoppée pendant trois semaines. Officiellement, il s’agissait d’« adapter le rythme de production à un marché difficile ». Mais si on en croit les travailleurs, la crise serait bien plus profonde. « Les grands projets sont à l’arrêt et nous craignons que ce soit le signe avant-coureur d’une fermeture définitive », a déclaré le syndicaliste Benoît Vernier au journal Libération. Aucun futur modèle n’est prévu pour cette usine. Et la situation connue à Poissy n'est pas isolée. Le nouveau patron, Antonio Filosa, a aussi mis en pause d’autres usines européennes du groupe : en France, en Italie, en Allemagne, en Espagne et en Pologne.

Audi-Vorst

Stellantis n’est pas le seul constructeur concerné. Volkswagen qui a pourtant été pendant des années le porte-drapeau de l’industrie automobile allemande a déjà réduit sa production nationale. D’ici 2030, le groupe veut construire 700.000 voitures de moins, ce qui entraînera la disparition de 35.000 emplois – même s’il s’agit essentiellement de départs à la retraite. Il faut dire que les ventes automobiles européennes continuent de souffler le froid : l’année dernière, le nombre de véhicules livrés n’a augmenté que de 0,9% pour atteindre 13 millions d’unités, un niveau bien inférieur à celui connu avant la pandémie de Covid-19. 

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Les Chinois construisent

La situation est d’autant plus interpellante que, dans le même temps, les marques chinoises déploient une énergie folle pour construire de nouvelles usines en Europe. BYD et MG – une filiale du chinois SAIC – ont installé leurs centres de production très rapidement à côté de ceux des grands constructeurs européens. Leur part de marché atteindrait déjà 5% cette année et elle pourrait doubler d’ici 2030. Pour y arriver (mais aussi pour éluder les coûteux droits de douane) ils s’installent en Hongrie, en Turquie et en Espagne, une démarche qui accroît encore un peu plus la pression sur nos constructeurs. Selon AlixPartners toujours, les marques chinoises produiront quelque 860.000 voitures en Europe d’ici 2028. Et ça ne sera peut-être pas profitable à l’emploi. Car les Chinois travaillent parfois avec ce qu’on appelle des « villes conteneurs » dans lesquels ils logent leur personnel... venu de Chine !

Opel-Mokka-Poissy-gocar

Comment les choses vont-elles évoluer ? Il est évident que fermer une usine n’est pas simple. On l’a vu avec celle de Forest. Et dans des pays comme l’Allemagne, les représentants des travailleurs au Conseil d’administration peuvent aussi aller jusqu’à bloquer des décisions. Rappelons que Volkswagen a eu besoin de plusieurs mois en 2024 pour conclure un accord d’économies avec les syndicats. Et le constructeur a même du renoncer à fermer des sites d’assemblage. L’accord vise à réduire la capacité de production et le nombre d’emplois.

Les causes de cette crise automobile sont pourtant connues : baisse de la demande, transition trop lente vers la voiture électrique, coûts énergétiques trop élevés et taxes à l’importation des États-Unis. Et, évidemment, la menace chinoise plane de plus en plus, car l’empire du Milieu entend bien réclamer sa part. Si les chiffres d’AlixPartners sont exacts, le tout n’est pas de savoir si des usines fermeront leurs portes, mais quand elles le feront. Et à Poissy, cette menace est presque devenue palpable.

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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