Le groupe Stellantis a confirmé la mise à l’arrêt de six de ses sites européens en octobre, comme celui de Poissy dans les Yvelines ou de Pomigliano près de Naples. Ces sites fermeront entre deux et trois semaines afin d’ajuster la production au marché. Les ventes sont atones et les volumes toujours très imprévisibles. Cette décision ne touche pas uniquement la France ou l’Italie, mais aussi l’Allemagne (Eisenach), l’Espagne (Saragosse), la Pologne (Tychy) et Madrid. Stellantis préfère ralentir volontairement ses chaînes pour éviter une inflation de stocks en fin d’année.
Cela dit, les sites ne resteront pas inactifs pour autant. Stellantis a par exemple indiqué que dans l’usine de Poissy, cette pause sera mise à profit pour entreprendre des travaux d’organisation industrielle, notamment rapprocher la préparation des batteries de la chaîne de montage ou encore travailler sur les contrôles qualité. Mais derrière ce discours d’optimisation, syndicats et observateurs s’inquiètent.
Volkswagen aussi
Chez Volkswagen, c’est le même scénario et il n’est pas inédit. Le groupe de Wolfsburg a annoncé plusieurs suspensions de production en Allemagne, touchant cette fois des modèles 100% électriques. L’usine de Zwickau, spécialisée dans les Audi Q4 e-tron et VW ID.3, cessera toute activité une semaine à partir du 6 octobre. À Emden, site clé pour l’ID.4 et l’ID.7, les horaires ont déjà été réduits et de nouvelles fermetures temporaires sont attendues.
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La marque s’était pourtant imposée comme le premier vendeur de voitures électriques en Europe en août, devant Tesla – cette dernière payant cash les frasques de son patron avec un désaveu de la clientèle. Mais la dynamique de marché reste trop hétérogène pour saturer les capacités alors même que VW a investi lourdement dans la conversion de ses sites à l’électrique. Ces ajustements s’ajoutent à un plan plus vaste de réduction des capacités en Allemagne : la production va chuter de 700.000 véhicules d’ici 2030 et 35.000 postes seront supprimés selon un accord conclu fin 2024 avec les représentants du personnel.
Ce n’est pas la première fois que Volkswagen doit suspendre sa production. En 2023 déjà, les cadences avaient été ralenties sur certains modèles électriques en raison d’une demande moins vigoureuse qu’attendu.
La lenteur de l’électrification
Ces pauses successives chez deux des plus grands groupes européens illustrent une triste réalité industrielle, mais aussi celle du marché : les clients restent sensibles au prix et à l’autonomie et, actuellement, les propositions des voitures électriques ne les satisfont pas dans leur majorité. En outre, les consommateurs patientent encore avant de changer de véhicule, car on évoque de plus en plus la perspective d’un assouplissement du calendrier d’interdiction du thermique (prévue en 2035).
La Chine dans l’équation
Mais comment l’industrie peut-elle gérer cette surcapacité si la demande ne décolle pas ? Des analystes n’excluent pas que des constructeurs chinois puissent, à terme, louer ou exploiter certaines usines européennes sous-utilisées. Car cette hypothèse ne relève plus de la science-fiction. Pékin encourage ses champions automobiles à conquérir l’Europe et les partenariats se multiplient, comme entre Xpeng et Volkswagen, Stellantis et Leapmotor et bien d’autres encore. Et il ne faut pas oublier non plus les nouvelles initiatives technologiques, comme celle de Xiaomi, qui ambitionne de fournir plates-formes et composants à d’autres marques. Poussée aussi loin, une uniformisation permettrait de faciliter la location des usines sous-utilisées à d’autres constructeurs.
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