On le sait peu, mais chaque jour, un phénomène des plus agaçants se produit : la constitution d’embouteillages uniquement en raison des voitures trop imposantes, surtout en largeur. Vraiment ? En fait, non, c’est plutôt à cause des conducteurs qui maîtrisent mal l’encombrement de leur véhicule.
Nos routes sont pourtant suffisamment larges pour accueillir trois voitures, à savoir une dans chaque sens de circulation et encore une parquée sur le bord de la route. Nous n’avons pas sorti le mètre ruban, mais à l’œil nu on constate rapidement que les deux voitures qui se croisent ont suffisamment de place pour passer.
Pourtant, nos routes sont fréquemment bloquées et pour une bonne raison : de nombreux conducteurs ne connaissent pas ou ne maîtrisent pas les dimensions de leur véhicule et ils préfèrent alors s’arrêter plutôt que de croiser l’autre véhicule. Cette réalité est particulièrement énervante, surtout aux heures de pointe, car forcément, elle mène à des embouteillages, donc à de l’impatience et de la frustration. Et encore plus quand on constate que l’embouteillage en question est totalement injustifié.
Perception spatiale
Le problème n’est donc pas du côté des infrastructures, mais de celui des conducteurs qui ne savent pas évaluer la largeur de leur voiture. Mais est-ce totalement leur faute ? Pas tout à fait non plus, car ce manque d’appréciation est aussi en partie dû à la manière dont les voitures sont conçues.
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En effet, l’un des critères les plus importants lors de la conception d’une automobile, ce sont les lignes de visibilité. Autrement dit, jusqu’où s’étend le champ de vision depuis le siège conducteur. Dans l’idéal, il est important de pouvoir distinguer l’extrémité du capot ainsi que de pouvoir situer à peu près où se trouve chaque extrémité de la voiture.
Mais aujourd’hui, une évolution domine : nos voitures sont devenues d’allure plus robuste avec des portes plus épaisses, des montants plus gros et, de facto, des extrémités qui sont devenues moins identifiables. Au point que beaucoup de conducteurs conduisent au feeling... en croisant les doigts pour ne rien percuter.
Bien entendu, les caméras de stationnement et les multiples capteurs peuvent résoudre une partie de ce phénomène négatif, mais ils ne pallient pas non plus totalement la dégradation de la perception spatiale.
Des voitures toujours plus larges
Un autre facteur tient aussi dans le fait que nos voitures sont de plus en plus larges. L’accroissement est même mesuré : presque un demi-centimètre par an, comme l’a calculé l’ONG Transport & Environment en 2024. En 2018, les voitures neuves mises sur le marché accusaient une largeur moyenne de 177,8 cm, mais en 2023, cette cote était déjà passée à 180,3 cm. Pour être précis, signalons que la largeur est ici exprimée sans rétroviseurs. Avec rétroviseurs, on dépasse donc rapidement les 2 m.
Est-ce trop ? Non, on ne peut pas dire non plus que nos voitures sont devenues exagérément larges. Car en Belgique, les rues pour un trafic qui peut se croiser en agglomération mesurent, selon la région, entre 5,5 à 6 m. C’est donc plus que suffisant pour deux grosses voitures. Surtout que la largeur maximale ne peut pas dépasser les 2,55 m (rétroviseurs compris) comme l’impose l’Union européenne.
Quel responsable ?
Le secteur automobile porte toutefois sa part de responsabilité. Car il pousse les consommateurs à s’orienter toujours plus vers des SUV plus imposants, plus larges et plus hauts, ce qui dégrade toujours plus et irrémédiablement la visibilité. Quelle solution a-t-on dès lors ? Et bien, il n’y en a pas, du moins tant que les voitures continuent d’enfler sans limites, sauf celle fixée des 2,55 m. Transport & Environment appelle d’ailleurs à intégrer cette variable dans les évolutions à venir. Mais pour l’instant, personne ne semble entendre...
Ceci nous amène à rappeler que c’est toutefois l’automobiliste qui reste responsable du choix de sa voiture. Un Range Rover ou un Volvo XC90 sont des véhicules séduisants, mais si son futur acquéreur rencontre des difficultés à les manœuvrer, il faudrait peut-être alors penser à reconsidérer son choix. Cette réflexion doit nous accompagner : bien que certains véhicules présentent un look ravageur ou une magnifique habitabilité, il est totalement contre-productif et même stupide qu’elle soit le vecteur d’embouteillages parce que son conducteur n’arrive pas à la situer dans l’espace de la route.
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