Taxe, taxe, taxe ! Voilà plusieurs semaines que l’idée d’une augmentation ou de la création de nouvelles taxes circule en raison des négociations autour du budget fédéral. Plusieurs pistes ont été évoquées. Entre une augmentation de la TVA sur de plusieurs produits et services (billets pour les festivals, plats à emporter, nuits d’hôtel, etc.), un droit prélevé sur les colis ou une contribution supplémentaire sur les billets d’avion, le gouvernement est à la recherche de recettes supplémentaires. Et, forcément, la question se pose : qu’en est-il de la taxe sur les voitures électriques ?
Mauvaises nouvelles pour les entreprises
Pour les utilitaires, les nouvelles ne sont pas bonnes. La déduction majorée promise pour un investissement dans un utilitaire électrique n’a finalement pas vu le jour. L’objectif était pourtant d’encourager les entreprises à électrifier leurs véhicules utilitaires légers avec une déduction portée à 130% ou même 140%. Mais ce plan a été abandonné, car il a été jugé trop coûteux. Si on en croit les chiffres, son abandon permettra d’économiser 87 millions d’euros au cours des quatre prochaines années.
Cela dit, le gouvernement a toutefois prévu d’avantager indirectement les modèles électriques en augmentant légèrement des accises sur l’essence et le Diesel et en diminuant celles qui concernent l’électricité. Objectif : faire pencher le coût total de possession en faveur de la voiture électrique.
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Première taxation en Flandre
Quand il s’agit des voitures électriques, on peut raisonnablement dire que le gouvernement souffle le chaud et le froid. En effet, en Flandre, les voitures électriques devront payer pour la première fois la taxe de mise en circulation (TMC) et la taxe de circulation annuelle (TC) à partir du 1er janvier 2026. L’exemption de taxes arrive donc à son terme, du moins pour les nouvelles immatriculations.
Le ministre flamand des Finances, Ben Weyts (N-VA), explique pourquoi : « l’exemption fiscale a été un succès : la transition verte est bien lancée. Mais ne soyons pas naïfs : l’exemption a tellement bien fonctionné que les recettes fiscales ont aussi fortement diminué et que, désormais, le financement de notre infrastructure routière risque de se tarir. C’est aussi pourquoi nous devons intervenir. Nous voulons continuer à investir dans l’entretien de nos routes. »
Injuste ?
Aujourd’hui, seulement 10,9% des particuliers choisissent une voiture neuve entièrement électrique. On ne peut donc pas affirmer que la transition est « bel et bien engagée ». Aussi, pour les particuliers qui mettent beaucoup d’argent sur la table pour une voiture électrique, un avantage fiscal pourrait aider. La suppression de l’exemption est donc un mauvais signal selon des fédérations sectorielles telles que EV Belgium (e-mobilité) ou Renta (entreprises de leasing).
Le seul point positif tient dans le fait que les taxes pour les voitures électriques restent relativement contenues. Concrètement, en Flandre, la taxe unique de mise en circulation pour une voiture électrique s’élève à 61,50 euros. La taxe de circulation annuelle dépendra des chevaux fiscaux et oscillera entre 69,72 et 87,24 euros par an. Ce sont des tarifs raisonnables. Mais cela ouvre naturellement la porte à davantage de taxes à l’avenir.
De plus, il n’est ne semble pas équilibré et juste qu’un conducteur qui achète une nouvelle Renault 5 en décembre 2025 ne paiera jamais rien alors qu’un client qui achète exactement la même voiture un mois plus tard sot contraint de payer ad vitam. Les taxes ne s’appliquent qu’aux nouvelles immatriculations. Ceux qui bénéficient aujourd’hui de l’exemption pourront continuer à en bénéficier. Et heureusement, car c’est une question de confiance. Les propriétaires de panneaux solaires n’ont sans doute pas encore oublié le retournement de veste du gouvernement…
Un autre paramètre qui revient souvent dans les débats concerne le poids des voitures électriques. À cause du pack de batterie, un SUV électrique accuse vite plusieurs centaines de kilos supplémentaires comparé à un modèle essence ou Diesel. Dans cette optique, il est assez difficile de défendre le fait qu’un propriétaire d’une Volkswagen Polo paie plus cher sa taxe de circulation (toujours en Flandre) qu’un propriétaire de Tesla Model X qui pèse presque deux fois plus lourd.
Autre approche en Wallonie et à Bruxelles
La Wallonie et Bruxelles agissent différemment. La Wallonie a réformé sa taxe de mise en circulation (TMC) et lie directement celle-ci à la puissance, au poids et aux émissions de CO₂. Et, forcément, en raison d’une puissance et d’un poids plus élevés, la taxe de mise en circulation pour les voitures électriques est plus chère. À Bruxelles, le système reste inchangé : les voitures électriques y paient toujours le montant minimum pour la TMC ainsi que pour la taxe de circulation annuelle (TC).
La Belgique est à nouveau fragmentée. Alors que la Flandre abandonne l’exemption de taxe pour les voitures électriques à partir de 2026, les deux autres régions suivent un cap différent, ce qui n’aide clairement pas à la transition électrique. Faut-il conserver des tarifs avantageux pour les voitures électriques ? Il existe des arguments pour et d’autres contre. Ce qui est sûr, c’est que le débat restera certainement très animé autour de cette matière dans les mois et même dans les années à venir. Au point d’ailleurs qu’on se retrouvera peut-être avec une taxe kilométrique pour les voitures électriques ?
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