Imaginez que vous rouliez avec un véhicule hybride rechargeable, et que celui-ci bride automatiquement sa puissance pour vous obliger à le recharger plus souvent ! Une idée saugrenue ? Pourtant, Hildegard Müller, présidente de la fédération allemande de l’industrie automobile (VDA), l’a bel et bien suggérée, et de manière très sérieuse, qui plus est ! Sa proposition s’inscrit dans une campagne visant à sauver l’hybride rechargeable.
Vraiment ? On pourrait croire à une campagne destinée à chasser, voire à lapider les clients le plus vite possible ! Qui, en effet, voudrait d’une voiture qui punit son propre conducteur parce qu’il ne la recharge pas assez souvent ?
Le simple fait que ce genre d’idée soit envisagée, montre à quel point le concept même du PHEV est bancal dès sa conception.
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Mépris pour le client
Ce que tente Hildegard Müller, c’est de redorer l’image du véhicule hybride rechargeable. Et dans quel but ? Tout simplement pour obtenir une exception à l’horizon 2035, lorsque la commercialisation des véhicules thermiques neufs sera interdite en Europe.
Selon elle, de nombreux utilisateurs rechargent trop peu leur PHEV, ce qui engendre une consommation réelle largement supérieure à la consommation théorique (comme cela a déjà été démontré à maintes reprises). Sa solution ? Motiver les conducteurs à recharger plus souvent. En d’autres termes : les punir quand ils ne rechargent pas, en bridant la puissance du véhicule.
Cette proposition prouve surtout qu’un véhicule hybride rechargeable est un produit conçu avant tout pour servir le constructeur, et non le client. Le faible taux d’émission de CO₂ théorique est une aubaine pour les émissions moyennes des flottes, étroitement surveillées par l’Union européenne. Mais le conducteur, lui, n’a rien à y gagner. Qu’il doive en plus en subir les conséquences relève du pur mépris !
Si la majorité des conducteurs de PHEV rechargent trop peu, c’est avant tout parce qu’ils n’ont aucune envie de gérer deux réservoirs d’énergie distincts : une batterie et un réservoir de carburant.
Le fait qu’il faille les « motiver » à recharger prouve aussi qu’il n’existe aucun réel avantage financier, sous la forme de coûts d’utilisation réduits. Il n’y a là rien d’étonnant : comparé à une voiture 100 % électrique, un PHEV consomme énormément d’électricité ! Il suffit, pour s’en convaincre, de comparer l’autonomie électrique moyenne d’un hybride rechargeable à la capacité de sa batterie.
Empilage de solutions précaires
Alors que les constructeurs présentent l’hybride rechargeable comme une technologie de transition idéale pour les automobilistes qui ne sont pas encore prêts à passer au tout électrique, il s’agit en réalité d’un concept mal adapté aux besoins réels des utilisateurs.
Un vrai « bricolage » que les Allemands tentent maintenant de justifier.
Ce n’est pas non plus très malin de vouloir tromper encore un peu plus sa clientèle en rendant ce fichu PHEV encore moins pratique à utiliser !
En outre, et soit dit en passant, ce genre d’obligation de recharge risquerait de saturer inutilement le réseau de bornes publiques, déjà mis à rude épreuve, au détriment des véhicules 100 % électriques qui en ont, eux, réellement besoin.
Connaître son véritable ennemi
La fédération allemande de l’automobile se trompe d’ennemi... Ce n’est pas l’interdiction des moteurs thermiques qui est la principale cause de la crise actuelle, mais bien la contraction du marché européen !
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : depuis la crise du Covid, le marché automobile européen est passé de près de 16 millions à moins de 11 millions de véhicules par an, et cette baisse semble structurelle. Quant au marché chinois, il n’est plus le terrain de jeu lucratif qu’il était jadis pour les marques premium allemandes : les constructeurs chinois ont repris la main avec des véhicules électriques supérieurs et bien moins chers ! Quant au marché américain, les droits de douane brutalement mis en place ont certes compliqué la donne, mais pas complètement : BMW et Mercedes y vendent principalement des SUV produits localement.
Bien entendu, il y a là un ensemble de circonstances extrêmement regrettables pour les entreprises concernées. Mais ennuyer sa propre clientèle en lui imposant une voiture à double motorisation qui punit quand elle n’est utilisée qu’avec un des deux moteurs, voilà qui ne ressemble pas à une solution durable pour sortir de la crise.
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