Nulle part ailleurs en Europe, les voitures ne sont aussi lourdement taxées que dans notre pays. C'est ce qui ressort une fois de plus des chiffres récents de l'ACEA, la fédération européenne des constructeurs automobiles. En moyenne, un automobiliste belge paie 3 355 euros de taxes par an. Aucun autre pays européen ne se rapproche même de la Belgique dans cette étude. Il est révélateur que la moyenne européenne ne soit « que » de 1 900 euros. En 2024, l'État a perçu pas moins de 23,5 milliards d'euros de taxes automobiles. Il ne s'agit pas seulement de la taxe annuelle de circulation, mais aussi des accises sur les carburants, de la TVA sur l'achat, etc.
Ce sont des montants hallucinants, qui ne cessent d'augmenter. En 2020, le total s'élevait à 19,6 milliards d'euros de taxes automobiles en Belgique. Alors que les automobilistes sont traités comme des vaches à lait, les autres usagers de la route s'en tirent à bon compte. Pourquoi les automobilistes et les motocyclistes doivent-ils supporter toutes les charges et pourquoi aucun effort n'est-il demandé aux cyclistes ? Eux aussi bénéficient pourtant des investissements dans des infrastructures de qualité et sûres, peut-être même plus que les automobilistes. Alors que tous les gouvernements sont à la recherche de milliards, nous osons poser la question suivante : pourquoi n'existe-t-il pas de taxe sur les vélos ?
Rien de nouveau
Une taxe sur les vélos ? L'idée est moins absurde qu'il n'y paraît. Plus encore : elle n'est pas du tout nouvelle. Les lecteurs plus âgés se souviendront certainement qu'une « taxe sur les bicyclettes » était autrefois perçue par les provinces. Chaque province avait sa propre vignette fiscale que vous deviez apposer sur la fourche avant de votre vélo pour prouver que vous aviez payé la taxe. En 1893, la Flandre occidentale et Liège ont été les premières provinces à instaurer une telle taxe. Peu à peu, toutes les autres provinces ont suivi. Le Hainaut a été le dernier à y renoncer en 1991. La législation provinciale a alors été réformée, rendant impossible l'application de telles taxes. Cela semble lointain, mais certains collectionneurs possèdent encore aujourd'hui ces vignettes fiscales.
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Discrimination des utilisateurs de moyens de transport
Il est peut-être temps de ressortir cette taxe sur les vélos. La discrimination des usagers de la mobilité en fonction de leur moyen de transport a assez duré. Comment justifier qu'un conducteur de cyclomoteur roulant à 45 km/h paie une taxe annuelle de circulation, alors qu'un usager de speed pedelec roulant à la même vitesse en est exempté ? Sans parler des autres cyclistes qui ne paient rien du tout.
Ils utilisent les mêmes routes, roulent à des vitesses similaires et causent une usure ou des risques similaires dans la circulation. Pourtant, les uns paient chaque année leur contribution à l'État, tandis que les autres sont exemptés de toute forme de taxe. À une époque où chaque euro compte, cela est difficile à défendre. Bien que personne ne souhaite évidemment payer des taxes supplémentaires, une taxe sur les vélos pourrait contribuer, par exemple, à améliorer encore la sécurité des cyclistes. La récente enquête VeloVeilig menée par Het Laatste Nieuws a montré que cela est absolument nécessaire. En moyenne, les communes flamandes ont obtenu une note de seulement 4,8 sur 10 en matière de sécurité cycliste. Elles ont donc échoué.
Enregistrez tous les vélos et payez une taxe annuelle sur les vélos. Parallèlement, l'introduction d'un numéro d'identification des vélos présenterait un deuxième avantage : un outil puissant contre le vol de vélos. La plateforme MyBike.Belgium – le registre national des vélos où les cyclistes peuvent déjà enregistrer volontairement leur vélo et obtenir un autocollant avec un code QR – constituerait une base idéale à cet effet. Pourquoi ne pas l'étendre à tous les vélos ?
La taxe Watteeuw ?
Il n'y a pas de meilleur endroit pour expérimenter une taxe sur les vélos qu'à Gand, la ville où les vélos sont sacrés et où les voitures sont presque déclarées péché. Un tel projet pilote s'inscrirait d'ailleurs parfaitement dans le cadre d'une réforme plus large de la taxe sur la mobilité – un système dans lequel chaque usager de la route, quel que soit son moyen de transport, apporte sa contribution. Cela ne réjouit personne, mais c'est équitable.
Et il faut bien l'avouer : dès qu'il s'agit de vélos, on pense automatiquement à Filip Watteeuw, l'ancien échevin de la Mobilité de Gand qui a fait de sa ville un laboratoire pour les expériences cyclistes. Peut-être qu'une « taxe Watteeuw » pour tous les cyclistes pourrait aider à combler l'énorme trou dans le budget de Gand. Et, par extension, dans le budget belge.
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