Alors que l’industrie automobile mondiale est engagée dans un plan massif d’électrification, le Japonais Toyota continue d’opter pour une voie parallèle : celle de l’adaptation technologique plutôt que de la rupture complète. Le constructeur japonais, en collaboration avec ses compatriotes Subaru et Mazda, travaille à une nouvelle génération de moteurs à combustion interne pensée pour être compatible avec un éventail étendu de groupes motopropulseurs. Loin d’être un simple exercice d’ingénierie rétrograde, cette initiative reflète une stratégie industrielle assumée : celle d’une transition énergétique plurielle et pas du tout de la monoculture de l’électrique comme le veulent certaines autorités.
Les nouveaux moteurs en cours de développement affichent des caractéristiques techniques ambitieuses. Si on en croit les dernières informations, les nouvelles mécaniques seront déclinés en versions 1,5 et 2,0 litres atmosphériques ou turbocompressées. Elles sont naturellement conçues pour offrir une efficacité énergétique inédite et supérieure aux 41% de rendement thermique revendiqués par la génération de moteurs lancée en 2018. Plus légers et plus compacts, ils se destinent aussi bien aux véhicules hybrides qu’aux solutions à hydrogène, sans exclure les carburants alternatifs tels que les biocarburants ou les carburants synthétiques.
Un moteur thermique au service de l’électrique ?
Particularité étonnante de cette nouvelle génération : son intégration prévue dans des véhicules purement électriques et qui seront dès lors à prolongateur d’autonomie (EREV). Dans cette configuration, le moteur thermique ne sert pas à entraîner les roues, mais uniquement à produire de l’électricité pour alimenter la batterie. Ce principe, déjà vu sur la BMW i3 REX ou le Mazda MX-30, permet de bénéficier d’une autonomie accrue sans sacrifier les avantages d’une motorisation électrique.
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La Chine est particulièrement friande de voitures à prolongateur d’autonomie. Et pour cette raison, Toyota ainsi de lancer prochainement dans ce pays des variantes EREV du SUV Highlander et du monospace Sienna. Ces modèles fonctionneront exclusivement grâce à des moteurs électriques, mais le moteur thermique agira en générateur. Objectif : maximiser l’efficacité tout en réduisant l’empreinte carbone, mais sans renoncer à la flexibilité qu’offre un moteur à essence.
Des plates-formes modulaires
Toyota ne limite pas sa stratégie à l’optimisation des moteurs. Le constructeur envisage également de revoir en profondeur l’architecture de ses véhicules. Plutôt que d’adapter des plates-formes thermiques à l’électrique, comme cela s’est souvent pratiqué, la marque souhaite créer des plates-formes « nativement électriques » qui pourraient ensuite être adaptées pour accueillir des motorisations hybrides ou hybrides rechargeables.
Cette logique modulaire se retrouve chez d’autres groupes comme Stellantis avec sa famille de plates-formes STLA ou encore le groupe Volkswagen avec sa future architecture SSP. Pour Toyota, il ne s’agit pas de suivre une mode, mais de répondre aux réalités des marchés. Andrea Carlucci, vice-président de Toyota Europe, a insisté lors d’une conférence sur la nécessité de « donner aux clients la liberté de choisir ». Une approche en phase avec la vision d’Akio Toyoda, président du Conseil et qui estime que les véhicules électriques ne dépasseront pas 30% des ventes mondiales à long terme. À raison ? L’avenir nous le dira...
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