Étude : pour l’Europe, les voitures hybrides sont des arnaques écologiques

Plébiscités par les automobilistes, les véhicules hybrides rechargeables seraient en réalité plus polluants, plus coûteux et moins efficaces que les voitures 100% électriques. Une étude européenne révèle les failles de cette solution technique, présentée selon elle – et à tort – comme un bon compromis pour la transition. 

Publié le 6 septembre 2025
Temps de lecture : 6 min

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Étude : pour l’Europe, les voitures hybrides sont des arnaques écologiques

En Belgique, les voitures électriques ne se vendent pas aussi bien que prévu. C’est parce qu’elles restent chères et aussi parce que leur autonomie est encore jugée insuffisante par beaucoup d’automobilistes. Pour ces raisons, ces derniers se tournent beaucoup vers les voitures hybrides et plus précisément vers les hybrides rechargeables. En 2024, cette catégorie de motorisation a représenté 14,9% de parts de marché en neuf. En occasion, les voitures électrifiées représentent plus de 10%, une part aussi en augmentation. Au cours du premier semestre de 2025, les PHEV ont un peu perdu de leur superbe en raison de règles de déductibilité non prolongées (soit 8,5% de parts de marché en recul de -6,2%). En revanche, sur le marché de l’occasion, le genre progresse de plus de 2,5% sur la première partie de l’année (12,9%). L’hybride a donc la cote.

Ce succès s’explique par le fait que l’hybride rechargeable rassure, car les automobilistes apprécient l’autonomie thermique, le ravitaillement rapide et le sentiment de liberté préservé. Elle constitue donc une forme de refuge temporaire, avant l’interdiction du thermique en 2035. Toutefois, cette préférence – qui est de plus en plus encouragée par les constructeurs qui vendent mal les voitures électriques – pourrait bien être une illusion. En effet, une étude menée par le Boston Consulting Group (BCG) pour la fédération des opérateurs de recharge électrique (Ionity, Electra, Fastned, etc.) vient totalement remettre en cause les bienfaits environnementaux et économiques des voitures hybrides rechargeables.

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Des émissions beaucoup plus élevées

L’étude dévoilée le 3 septembre semble sans appel, même si on pourrait se dire que les commanditaires (qui déploient le réseau de recharge) pour les voitures électriques ont tout intérêt à tirer à boulets rouges sur les voitures PHEV. Sauf que l’étude se fonde sur des données publiques rigoureuses et soigneusement analysées par le bureau de consultance et qui émanent de l'Agence européenne pour l'environnement avec une durée de vie du véhicule estimée à 225.000 km. Et ça commence par la mise en perspective de la norme WLTP qui, comme on le sait, est peu réaliste. Celle-ci considère que les voitures hybrides rechargeables roulent à 80% du temps en mode tout électrique. Mais la réalité est toute autre : les particuliers ne les utiliseraient en réalité qu’entre 45 à 50% du temps en électrique et seulement entre 10 à 15% lorsqu’il s’agit d’une utilisation en voiture de société.

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Dans cette perspective, les rejets de CO2 annoncés officiellement entre 37 et 39 g/km en moyenne se situent dès lors plutôt autour des 80 g/km pour les particuliers et jusqu’à... 175 g/km dans le cas des voitures de flottes, soit cinq fois plus que les chiffres d’homologation. L'avantage environnemental des véhicules électriques serait donc évident avec, sur l'ensemble du cycle de vie, des émissions 3,2 fois moindres que celles d’un véhicule thermique. Et dans certains pays européens dont l’électricité est fortement décarbonée, la différence peut atteindre un facteur de 9.

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Moins économique aussi

Autre volet analysé par l’étude de BCG : le coût de possession. Sur cinq ans, une berline hybride rechargeable parcourant 12.000 km/an coûte entre 70.000 et 74.000 euros contre 57.000 à 63.000 euros pour une électrique. Les frais d’essence, d’entretien et d’achat pèseraient dès lors davantage sur le portefeuille que les équivalents électriques.

Contrairement aux idées reçues, l’électrique serait désormais plus rentable dans 75% des cas en Europe, une proportion qui devrait grimper à 91% d’ici à 2028 avec les baisses de prix attendues. Plus fort encore : même si le prix du carburant tombait à 1 euro/l – une hypothèse peu réaliste –, l’avantage économique de l’électrique resterait intact. Et ce serait sans compter la meilleure efficacité énergétique intrinsèque : une berline électrique consomme 17,4 kWh/100 km contre 40,4 kWh pour un PHEV.

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Une transition fragile

L’argument des automobilistes autour des prix prohibitifs pour une voiture électrique est aussi taillé en pièce. L’étude met en effet en avant l’arrivée de nouveaux modèles abordables, comme la Citroën ë-C3 (23 300 euros), la Renault R5 E-Tech (25.000 euros) ou la BYD Seagull (environ 20.000 euros) et qui offrent des autonomies proches de 300 km. Pour les analystes, c’est amplement suffisant au quotidien, du moins pour une grande majorité d’utilisateurs. C’est peut-être oublier que certains utilisateurs ont des familles ou effectuent plus que 50 km par jour pour leurs déplacements personnels ou professionnels.

Côté recharge, BCG estime aussi que les progrès sont notables : une borne rapide permet de récupérer 80% de l’autonomie en 15 à 30 minutes et l’Europe compte aujourd’hui plus d’un million de bornes publiques. Il est indiqué que 58% des Européens vivent à moins d’un kilomètre d’un point de charge. Difficile à croire, car tout dépend de la région. On vient d’ailleurs de voir qu’en Wallonie, ce n’était pas la réalité. Pour l’étude, c’est en tout clair : le véhicule PHEV a un impact négatif tant sur l’environnement que sur le pouvoir d’achat.

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Une dimension économique, mais...

Mais l’étude dépasse la simple analyse de la voiture PHEV et elle explore aussi une dimension économique plus large. Les auteurs estiment en effet qu’en poursuivant l’électrification, le continent pourrait réduire de 15% ses importations pétrolières d’ici à 2035, ce qui représente entres 40 à 45 milliards d’euros d’économies annuelles. Pour BCG, c’est un argument de poids dans le contexte géopolitique actuel.

Et il y a aussi la question des emplois. L’étude estime que l’électrification pourrait créer 170.000 emplois directs d’ici à 2030, rien que dans la chaîne de valeur des batteries et de la recharge. Mais est-ce beaucoup ? Pas sûr, car il faudrait mettre dans la balance les emplois en lien avec la voiture thermique et qui sont actuellement bien plus nombreux. Quoi qu’il en soit, si cette étude met sans doute le doigt sur certaines réalités (coût, émissions), le moment de sa publication n’est pas anodin. Car c’est précisément maintenant que l’Europe se penche sur la fameuse clause de revoyure, celle qui doit confirmer l’interdiction des voitures thermiques en 2035 ou, au contraire, introduire des assouplissements.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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