Étude – Bilan du Dieselgate ? 205.000 morts !

Dix ans plus tard, le scandale du Dieselgate n'a pas fini de faire couler de l'encre. Ce qu’on peut considérer comme le plus gros scandale environnemental connu du secteur automobile ne fait certes plus la une des journaux, mais ceux qui pensaient l’affaire enterrée ont tort. Car une nouvelle étude européenne a estimé le nombre de décès prématurés causés par le fameux logiciel truqué censé faire passer des millions de voitures Diesel pour plus vertes qu'elles ne l'étaient en réalité.

Publié le 4 juin 2025
Temps de lecture : 4 min

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 Étude – Bilan du Dieselgate ? 205.000 morts !

Mais rappelons le début de l’histoire : le Dieselgate a éclaté en 2015, lorsque l'agence américaine de protection de l'environnement EPA (Environmental Protection Agency) a découvert que Volkswagen équipait ses voitures Diesel d'un logiciel frauduleux capable de détecter les bancs d'essai de mesures de la pollution. La pirouette était simple : lors des tests en laboratoire, les émissions étaient maintenues dans la norme, mais dans la réalité de tous les jours, les voitures rejetaient des dizaines de fois plus de NOx et d’autres polluants dans l’atmosphère.

Quelque 11 millions de modèles Diesel du groupe allemand ont été touchés dans le monde entier. Volkswagen s'est évidemment retrouvé dans l'œil du cyclone, mais on a vite appris que d'autres constructeurs avaient eu recours à des astuces similaires. Ce type de logiciel a donc été utilisé à grande échelle et ce sont évidemment les consommateurs qui en ont été les victimes. Et doublement. Car ces derniers n'ont pas seulement été dupés sur les caractéristiques techniques de leur voiture, mais aussi sur leur santé qui a été mise en péril. 

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Des calculs à l'aide de modèles 

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Le Centre de recherche sur l'énergie et l'air (CREA), un organisme indépendant, s’est attelé à calculer dans quelle mesure la santé des consommateurs avait été mise à mal. Les chercheurs ont conclu qu'un total de 205.000 personnes dans l'Union européenne et au Royaume-Uni mourront prématurément d'ici 2040 en raison de l'augmentation des émissions d'oxydes d'azote (NOx) issue des moteurs Diesel équipés de systèmes de gestion du moteur frauduleux. Le Dieselgate n'est donc pas seulement une affaire de réputation et de procès, mais aussi une grande affaire de vies humaines.

Selon les estimations, 19 millions de véhicules de ce type (de différentes marques) circulent encore sur les routes européennes et les auteurs de l'étude s'attendent donc à 8.000 décès prématurés supplémentaires. Outre ces décès, ils évoquent aussi 152.000 nouveaux cas d'asthme infantile, 2,4 millions d'arrêts de travail et d'un coût économique de 1.200 milliards d'euros. Mais, question, comment les chercheurs ont-ils fait pour obtenir des résultats aussi précis ? Réponse évidente : ils ont utilisé des modèles informatiques.

Le moment choisi pour la publication de cette étude est interpellant. En Allemagne, la semaine dernière, quatre anciens cadres supérieurs de Volkswagen ont été condamnés à l'issue d'un long fleuve à Braunschweig. Deux d'entre eux (Jens Hadler et Hanno Jelden) ont été condamnés à des peines de prison ferme de respectivement quatre ans et demi et deux ans et sept mois pour leur implication dans la fraude. 

Des indemnisations via TestAchats

Le procès de l'ex-PDG Martin Winterkorn, lui, se poursuit. De nombreuses autres personnes impliquées ont aussi disparu de la scène. En Belgique, l’affaire n’est pas close non plus et des procédures civiles ainsi qu’un programme d'indemnisation (récemment annoncé via Testaankoop) sont toujours en cours. Ce dernier ne s'applique toutefois qu'à ceux qui n'ont pas effectué de mise à jour de leur logiciel. Ceux qui sont allés en toute bonne foi chez le concessionnaire pour adapter leur voiture n'obtiendront rien. Un accord illogique, voire révoltant.

DSLGate

L'ironie est totale. Il y a dix ans, les Diesel étaient encore plébiscités – même si c'était plutôt pour leurs faibles rejets de CO2 – et ils bénéficiaient même de subventions. Mais aujourd'hui, ils sont bannis. Et au lieu d’en tirer des leçons, les gouvernements se reposent à nouveau sur leurs lauriers. En France, par exemple, une proposition visant à réduire les zones à faibles émissions a même été votée (à ratifier) dimanche dernier, passant de 25 actuellement à seulement Paris et Lyon. La Belgique est aussi concernée : Bruxelles a assoupli ses règles d’interdiction pour deux ans. Et après ? 

Pourtant, l’étude est aussi claire sur l’aspect « rattrapable » des choses. Ainsi, 81.000 décès prématurés pourraient être évités si des mesures étaient prises dès à présent, par exemple en rappelant toutes les voitures concernées par des logiciels encore actifs ou par l’interdiction pure et simple des Diesel dans les villes ou les zones densément peuplées. Il semble qu’aujourd’hui, la volonté politique plie sous l'influence de la pression sociale et du coût élevé des seules alternatives, c’est-à-dire les voitures électriques. En définitive, si les effets du Dieselgate sont toujours perceptibles dans l’air, ils se sont en revanche effacés de la mémoire des politiques

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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