La base est connue : la Hyundai Ioniq 6 classique joue la carte de l’efficience avec une ligne presque aérodynamique à l’extrême, récemment revue. Il faut dire que sa première mouture n’a pas fait l’unanimité tant elle était bizarre. Devenue un peu plus « normale », la berline compte sur son récent facelift. La version N en détourne les codes tout en demeurant dans la même logique.
Les ailes sont élargies, les boucliers creusés, et surtout cet imposant aileron arrière en col de cygne impose immédiatement le respect et l’empêche de passer inaperçue. Là où la 5 N assume son côté massif, la 6 N apparaît encore bien plus complexe et plus fine.
Cette silhouette plus basse n’est pas qu’un exercice de style. Elle améliore la stabilité à haute vitesse et réduit la traînée, deux éléments clés pour une sportive électrique qui doit composer avec un poids conséquent.
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650 chevaux… mais surtout du caractère
Sous le plancher, la recette reste proche de celle de la 5 N dont elle reprend la mécanique : deux moteurs électriques, une transmission intégrale et une puissance culminant à 650 ch et 770 Nm avec le mode boost activé. Sur le papier, rien de révolutionnaire dans un monde où certaines voitures électriques dépassent largement les 1 000 ch.
L’accélération est brutale, évidemment. Le 0 à 100 km/h est expédié en 3,2 secondes avec le launch control et la vitesse de pointe est de 257 km/h. Malgré une masse de 2.200 kg, la Ioniq 6 N est très étonnante d’aisance, même sur un circuit très sinueux comme celui où nous avons pu nous en donner à coeur joie pour tester son potentiel.
Hyundai a travaillé la progressivité, la gestion du couple et surtout la répartition de la puissance entre les essieux. En plus d’être rapide, la Ioniq 6 N semble plus légère qu’elle n’est en réalité et elle est surtout parfaitement prévisible. En sortie de virage, le train arrière participe activement. On sent la voiture pivoter, s’inscrire, et presque jouer. Une sensation que nous n’avions pas encore ressentie dans une grande berline électrique capable d’emmener 5 passagers et leurs bagages en tout confort.
Fausse boîte, vraies sensations
C’est le point le plus polémique et sans doute le plus innovant et réussi de cette Ioniq 6 N. Comme sur la 5 N, Hyundai introduit le système N e-Shift, qui simule une boîte à double embrayage. Comme dans une voiture thermique, elle est équipée de palettes au volant qui permettent de passer de vrais faux rapports. La voiture réagit des coupures de couple, des à-coups et une montée en régime artificielle.
Sur le papier, cela paraître très gadget. En réalité, cela partie grandement au plaisir que l’on éprouve au volant de cette Ioniq 6 N. Tout véhicule électrique souffre de sa linéarité et de sa puissance délivrée immédiatement. C’est efficace… mais très monotone. Ici, Hyundai recrée une forme de rythme qui tient le conducteur en alerte.
On anticipe un rapport, on rétrograde avant un virage, on joue avec la mécanique, même si elle est virtuelle. Et surtout, on reste particulièrement concentré. Le système sonore qui accompagne l’ensemble renforce l’illusion. Plusieurs ambiances sont proposées, allant du son futuriste façon vaisseau spatial à l’imitation d’un moteur thermique. En mode Sport, les ingénieurs de Hyundai sont même allés jusqu’à recréer un son à l’échappement (dont elle est évidemment dépourvue) durant les rétrogradages.
Châssis d’une précision étonnante
Le travail réalisé par les équipes du projet N de Hyundai sur le châssis est impressionnant. La rigidité de la caisse a été renforcée en plusieurs endroits, les trains roulants retravaillés et les suspensions pilotées offrent une amplitude remarquable.
Sur route sinueuse, la voiture fait oublier son poids. La direction est directe, consistante, et surtout communicative, un autre fait rare dans le monde des voitures électriques. En mode sport, les mouvements de caisse sont contenus et la précision devient chirurgicale. Sur circuit, la Hyundai encaisse sans broncher, enchaîne les tours avec une constance remarquable, mettant tout de même les pneus et les excellents freins à rude épreuve, masse élevée oblige.
Hyundai a même prévu des fonctions spécifiques pour la piste : gestion thermique de la batterie, modes de conduite adaptés, et même un mode drift qui permet de désolidariser partiellement le train avant pour s’amuser sur les parkings déserts et ce, avec une facilité déconcertante.
Dualité bluffante
Là où la Ioniq 6 N impressionne vraiment, c’est dans sa capacité à changer de visage.En mode normal, elle redevient une berline électrique presque classique. Douce, silencieuse, confortable. Les suspensions s’assouplissent quelque peu même si elle demeurent assez sèches, la direction se fait plus légère, et les artifices disparaissent. On pourrait presque oublier ce dont elle est capable tant elle se montre docile.
L’habitacle reste fidèle à l’univers Ioniq : épuré, technologique, bien assemblé. Les sièges baquets spécifiques offrent un excellent maintien sans sacrifier le confort. À l’arrière, l’espace est généreux, et le coffre reste exploitable. Bref, une vraie voiture du quotidien, à ceci près qu’elle a un look qui n’est pas franchement discret.
Autonomie faible
Rançon de cette débauche de performances, l’autonomie n’est pas extraordinaire. Malgré une batterie d’une capacité de 84 kWh, comptez environ 400 km dans le meilleur des cas. Mais dès que l’on exploite le potentiel de la voiture, la consommation grimpe rapidement. Sur circuit, l’autonomie fond littéralement.
Heureusement, l’architecture 800 volts permet de compenser en partie le problème. Les recharges sont rapides, très rapides même, avec des sessions de 10 à 80 % en moins de 20 minutes dans des conditions idéales. Cela reste tout de même une contrainte à prendre en compte. La Ioniq 6 N est taillée avant tout pour être performance, plus que pour faire de longs parcours autoroutiers. Elle peut néanmoins assumer le rôle de voiture plus ou moins polyvalente ponctuellement.
Conclusion
Avec la Hyundai Ioniq 6 N, Hyundai ne signe pas seulement une sportive électrique réussie. La marque a osé développer une voiture différente qui repense totalement la manière dont le conducteur interagit avec elle. Bien que déroutante et fondamentalement assez futile dans ses prestations, cette berline n’en reste pas moins profondément attachante. Elle ne remplace pas une sportive thermique. Elle propose autre chose, une nouvelle manière de conduire, un feeling unique et on ne peut que s’amuser à son volant. Rien que pour cela, elle est mérite sa place dans les modèles les plus réussis que nous avons pu essayer récemment.
La Hyundai Ioniq 6 N en chiffres :
Moteur : 2 moteurs électrique, jusqu’à 650 ch et 770 Nm, batterie lithium-ion
Transmission : intégrale
Boîte de vitesses : transmission automatique à deux rapports
L/l/h (mm) : 4.935/1.940/2/144
Poids à vide (kg) : 2.166
Volume du coffre (l) : 371
Batterie (kWh) : 84
0 à 100 km/h (sec) : 3,2
Vitesse maximale (km/h) : 257 km/h
Autonomie (WLTP, km) : 487
Consommation (WLTP, kWh/100 km) : 18,7
CO2 : 0 g/km
Prix : 73.995 €
TMC : Flandre : 103 euro ; Wallonie : 1847,68 et Bruxelles : 75,79 euros
Taxe de circulation : Flandre : 62 euro ; Wallonie et Bruxelles : 102,96 euros
- Performances
- Système N e-Shift très réussi
- Sièges agréables
- Rapport prix/plaisir
- Autonomie
- Masse élevée
- Design peu discret
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