Les grands constructeurs rêvent de pouvoir enfin produire une voiture électrique polyvalente bien sous tous rapports et, surtout, et abordable. Renault est parvenu à le faire avec la R5 E-Tech. Volkswagen va tenter le coup avec l'ID.Polo qui est en phase finale de développement. Et Citroën a tout misé sur deux entrées de gamme, les ë-C3 et ë-C Aircross, avec un prix d'appel attractif, mais jusqu'à ce qu'on réalise que certaines options sont nécessaires. Kia a aussi décidé d’y aller avec l'EV2 : avec un tarif de base juste en dessous de 27.000 euros, elle reste accessible sans être toutefois la moins chère. Mais son objectif est ailleurs : ce modèle entend être le plus complet.
Moins étriqué qu'on ne le croit
L'EV2 est le plus petit modèle électrique de Kia et il boucle la boucle puisqu’avec lui, Kia dispose désormais d’un véhicule électrique dans chaque segment de marché. Au total, ce sont sept modèles qui sont disponibles. Un joli coup stratégique dont la concurrence est sans doute jalouse. Pourtant, l'EV2 ne souffre d'aucun complexe. Cette silhouette anguleuse, ces larges passages de roues et les célèbres feux de jour « Star Map » connu des autres modèles se retrouvent ici dans un gabarit de 4 mètres de long. C’est certes compact, mais pas réducteur. À titre de comparaison, sa cousine la Hyundai Inster s'arrête à 3,8 mètres. Et ce n'est pas qu'une question de taille : car là où l'Inster se profile comme une citadine pure jus, l'EV2 se positionne comme un SUV du segment B. Les deux voitures n'ont par ailleurs aucun lien technologique entre elles.
Il se trouve que les 20 cm de plus en longueur, mais aussi une cote un peu plus marquée en largeur changent beaucoup au niveau de l’espace disponible. À l'arrière, l'EV2 affiche un espace aux jambes aussi généreux que dans l'ancienne Kia Ceed. Il faut noter toutefois que Kia a donné l’avantage aux passagers, car avec un volume de coffre qui culmine à 362 litres en configuration cinq places, il faut un peu d'organisation. Un conseil ? Cochez l’option de la banquette coulissante à l’arrière pour 400 euros pour pouvoir moduler l’espace de chargement jusqu’à 403 litres – pile le volume de la Renault 4 E-Tech. Un frunk de 15 litres est également prévu et il accueille volontiers le câble de re charge.
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Ceux qui souhaitent soigner l'esthétique de leur EV2 pourront opter pour la GT Line, qui se distingue avec des jantes de 19 pouces, des poignées de porte encastrées, des vitres arrière teintées et une peinture bicolore qui met mieux en valeur les lignes. Les autres finitions sont nettement plus sobres, mais jamais ennuyeuses non plus.
Little brother is watching you
La planche de bord de l'EV2 est familière, car elle reprend les éléments de l'EV3 et de l'EV4. C’est le cas du volant à deux branches, mais aussi des trois écrans qui, réunis, occupent la moitié de la surface du tableau de bord. Il s'agit d'une instrumentation de 12,3 pouces, d'un écran tactile central de même taille et, entre les deux, d'un écran plus petit destiné aux commandes de la climatisation. Dommage toutefois que la jante du volant masque ce dernier.
Bonne nouvelle : dans l’habitacle, très peu d'éléments trahissent des économies. Il est d’ailleurs remarquable de constater à quel point la marque ne rogne pas sur la qualité des matériaux. Certaines marques pourtant réputées ne peuvent pas en dire autant !
Notez toutefois que les versions de base (Essential et Business) ne disposent pas de navigation intégrée (il reste donc le smartphone), mais les mises à jour OTA et Kia Connect sont disponibles dès le niveau d’accès. Ceux qui souhaitent bénéficier du meilleur de la technologie doivent opter au minimum pour une finition Business Plus. C'est également la seule disponible avec une pompe à chaleur plus économique.
Il faut noter que l’EV2 innove par ailleurs. Notamment avec le « In-Cabin Monitoring Unit ». Il s’agit d’une petite caméra dissimulée dans le rétroviseur intérieur et qui mesure l'état de vigilance du conducteur tout en suivant également la position des occupants. Si un conducteur qui fait un malaise ne réagit pas, le système est capable de réduire la vitesse et d’avertir les autres usagers de la route. Kia garantit par ailleurs qu'aucune donnée personnelle n'est enregistrée.
Recharge à 22 kW
L'EV2 repose encore sur une architecture 400V et il est disponible avec deux packs de batteries. La version 42,2 kWh utilise des cellules LFP (lithium-fer-phosphate) et développe 147 ch. L'autonomie WLTP attendue est de 317 km au mieux. La version 61 kWh s’en remet à des cellules NMC et développe 136 ch pour une autonomie de 453 km. Pas mal.
Recharger en courant continu (charge rapide donc) ne nécessite qu’une demi-heure pour passer de 10 à 80% pour chacune des deux variantes (seul le pic de puissance de la petite batterie est connu avec 118 kW). Mais plus intéressante est sans doute la capacité de recharge en courant alternatif de cette Kia qui supporte à la fois du 11 ou du 22 kW. Une première dans toute la gamme du Coréen.
Ce dernier chargeur est toutefois optionnel (Pack Chargeur 22 kW à 1.200 euros), mais pour les utilisateurs urbains qui doivent recourir régulièrement à une borne publique en courant alternatif, cet équipement n'est certainement pas un luxe et représente un gain de temps considérable. Une recharge complète de 10 à 100% ne nécessite alors que 2h35 (42,2 kWh) ou trois heures (61 kWh). De plus, c'est quelque chose que vous chercherez en vain chez la concurrence.
Un comportement classique
Le comportement de l'EV2 rappelle celui d'autres Kia comme l'EV3 ou l'EV4. Sous la carrosserie, il s'agit du véhicule le plus court conçu sur la plateforme E-GMP. On retrouve des traits de caractère connus : une suspension assez souple qui privilégie le confort de conduite. On est bien en présence d’une Kia électrique de deuxième génération.
Cela dit, l’EV2 est pourtant différent sur plusieurs aspects. Il est plus vif et plus maniable grâce à son gabarit réduit ainsi qu’à son rayon de braquage plus court. Ce sont des qualités qui ne font que renforcer sa vocation urbaine. De ce fait, on peut lui pardonner le calibrage de son assistance de direction qui est un peu trop léger. Bonne nouvelle : les conducteurs de grande taille trouvent leurs aises à bord. Plus que ce qu’on aurait imaginé pour un crossover de cette taille. Sur la route également, cette voiture donne l'impression d’appartenir à un segment supérieur. Les moteurs électriques n'ont aucun mal à propulser rapidement le véhicule à sa vitesse de croisière, alors qu’il accuse tout de même 1,6 tonne sur la bascule. Paradoxe surprenant : grâce à son poids plus faible et sa puissance plus élevée (+11 ch, mais valeur de couple identique), le modèle avec la batterie de 42,2 kWh atteint les 100 km/h une seconde plus vite que celui avec le pack de 61 kWh : 8,5 contre 9,5 secondes.
Autre caractéristique à retenir : les pneus à faible coefficient de roulement jettent vite le gant sur chaussée humide. On se retrouve vite avec des pertes d’adhérence et un train avant dépassé qui ne retombe sur ses pattes que lorsqu’on calme le jeu. La question de la qualité des pneumatiques se pose réellement.
Une autonomie réaliste
Un autre point qui pourrait aussi être amélioré concerne le mode de récupération automatique au freinage et qui détermine évidemment lui-même l'intensité du ralentissement en fonction du trafic et des conditions. Malheureusement, celui-ci n’autorise jamais la voiture à se mettre en roue libre et il pousse trop loin la régénération, même lorsqu’il n’y a aucun véhicule qui précède. Heureusement qu’on peut prendre les choses en main avec le mode manuel. Sur un parcours mixte, la consommation de notre modèle 42,2 kWh a été conforme à un demi-kilowattheure près à la consommation normalisée officielle WLTP. L'autonomie revendiquée doit donc être parfaitement réaliste dans la pratique.
Il est bon de préciser que le style anguleux de l'EV2 plaît au public. C’est même un argument de vente majeur et, bonne nouvelle, cette silhouette n’engendre pas de perturbations aérodynamiques. La quiétude règne à bord. À l'exception de la version d'entrée de gamme, toutes les EV2 disposent d’ailleurs de vitres feuilletées, y compris à l'avant, pour parfaire l’isolation.
La fiche des équipements ne fait que confirmer l’approche commerciale habituelle de Kia. Même la moins chère des versions (l’Essential) est loin d'être dépouillée. Elle dispose d’un régulateur de vitesse adaptatif, de la reconnaissance des panneaux de signalisation, des phares LED et de la climatisation automatique. Par ailleurs, les premiers clients bénéficient d’une offre de lancement qui fait passer le prix sous les 24.000 euros au lieu des 26.690 euros annoncés. Sachez encore que la version de base est également une quatre places et que la banquette arrière est fixe (même si elle est rabattable).
Conclusion
Kia ne joue sur la fibre nostalgique pour convaincre les particuliers comme le font les R4 et R5 E-Tech. Mais l'EV2 n'en a pas besoin. Cette voiture fait preuve d’un bel équilibre, d’une qualité convaincante, d’un prix d’accès attractif et d’une technologie issue des segments supérieurs. Certes, on pourrait lui reprocher une autonomie un peu limite pour la version d’accès (42,2 kWh). Ces clients-là devraient alors débourser plus pour accéder à l’EV3 nettement plus convaincante sur cet aspect. Mais cela n'enlève rien aux qualités intrinsèques de cette EV2, qui prouve qu'on peut charmer sans avoir de modèle culte à ressortir du passé. On lui souhaite de rencontrer un beau succès. Ce serait d’ailleurs amplement mérité.
- Banquette arrière coulissante (optionnelle)
- Recharge AC 22 kW, unique dans la catégorie
- Équipement ADAS dès le niveau d’accès
- Construite en Europe
- Pompe à chaleur (optionnelle)
- Habitacle spacieux et qualité de finitio
- Adhérence des pneumatiques perfectible
- Mode automatique de récupération d'énergie au freinage moyen
- Direction trop légère
- Prix des finitions supérieures proches de l’EV3
- Belles performances, mais batterie limitée
Kia EV2 42 kWh 2026 : spécifications techniques
Moteur : synchrone à aimants permanents, 147 ch, 250 Nm
Transmission : aux roues AV
Boîte de vitesses : réduction unique
L/l/h (mm) : 4.060/1.800/1.575
Poids à vide (kg) : 1.620
Volume du coffre (l) : 321-1 201 litres
Batterie (kWh) : 42,2
0 à 100 km/h (sec) : 8,5
Vitesse maximale (km/h) : 161 km/h
Autonomie (WLTP, km) : 308-317
Consommation (WLTP, kWh/100 km) : 15,1
CO₂ : 0 g/km
Prix : 26.690 euros
TMC : Flandre : 61,50 euros, Wallonie : 50 euros, Bruxelles : 75,79 euros
Taxe de circulation : Flandre : 102,96 euros, Wallonie et Bruxelles : 102,96 euros
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