Pilule amère pour Elon Musk et douche froide pour les nombreux propriétaires : la Tesla Model Y, championne mondiale des ventes parmi les voitures électriques, ressort comme le plus mauvais élève dans le prestigieux rapport TÜV allemand. D’une analyse massive portant sur des millions de contrôles techniques dans le pays voisin, il apparaît qu’aucune voiture âgée d’à peine deux à trois ans ne présente autant de « défauts graves ou dangereux » que le populaire SUV électrique. Le rapport met un point faible frappant en lumière : la voiture est au top numériquement, mais mécaniquement fragile. Et cela est dû au modèle unique de Tesla qui ne détecte pas les problèmes à temps.
9,5 millions de contrôles
Les résultats du TÜV Report 2026 ne laissent aucune place au doute. L’organisme allemand, réputé dans toute l’Europe pour sa rigueur et son indépendance, a analysé les données de pas moins de 9,5 millions de contrôles périodiques entre mi-2024 et mi-2025. La conclusion pour Tesla est sans appel. Dans la catégorie des voitures récentes, la Model Y termine bonne dernière parmi les 110 modèles analysés.
Les chiffres bruts ? Pas moins de 17,3 % des Model Y échouent à leur premier contrôle technique. Autrement dit, plus d’un véhicule sur six est renvoyé immédiatement au garage pour des défauts graves. Pour mettre cela en perspective : le taux moyen de rejet pour cette catégorie d’âge (trois ans, moment du premier contrôle en Allemagne) n’est que de 6,5 %. Au passage, la tendance globale inquiète : tous modèles et âges confondus, le taux de défauts atteint 21,5 %. Nos voitures ne deviennent donc pas plus fiables.
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Mais ce n’est pas tout : en plus de poser problème aux propriétaires, la Model Y obtient le pire score enregistré en dix ans par le TÜV pour une voiture de cet âge. Et ce n’est pas une anomalie isolée, car la Model 3 — déjà pointée du doigt lors d’une précédente étude — affiche elle aussi de mauvais résultats. La berline finit avant-dernière, avec 13,1 % de défauts, seule la Ford Mondeo s’intercalant entre les deux Tesla. Elle empêche ainsi Tesla d’occuper seule tout le bas du classement.
Suspension qui cliquette et freins rouillés
Ceux qui pensent que le problème vient de la chaîne de traction électrique ou de la batterie se trompent. Les moteurs et les batteries Tesla s’avèrent extrêmement robustes et fiables. Les problèmes — soulignent les inspecteurs allemands — proviennent de la mécanique classique. Les contrôleurs tombent massivement sur des éléments de suspension usés. Les bras oscillants, silentblocs et rotules semblent ne pas résister à la combinaison du poids élevé de la batterie et du couple instantané du moteur électrique. On pourrait dire que la voiture « mange » son propre châssis.
Les freins sont également un point sensible, paradoxalement. Comme les voitures électriques utilisent beaucoup le freinage régénératif, les disques de frein physiques sont peu sollicités. Dans notre climat humide, cela entraîne une corrosion sévère. En cas de freinage d’urgence, les disques risquent alors de ne pas fonctionner correctement — une situation potentiellement dangereuse. L’éclairage pose aussi plus de problèmes que la moyenne, malgré les technologies LED modernes.
Battue par Dacia
Les fans de Tesla invoquent souvent le concept électrique comme excuse — les batteries sont lourdes et usent les composants. Pourtant, le rapport montre de tout autres exemples. La Mini Cooper SE électrique, par exemple, s’en sort admirablement avec seulement 3,5 % de défauts. L’Audi Q4 (4,0 %), la Fiat 500e (4,2 %) et la VW ID.3 (5,5 %) affichent aussi de très bons résultats, nettement sous la moyenne. Mais la comparaison la plus embarrassante reste peut-être celle avec la Dacia Spring (13,0 %). Même cette petite citadine électrique bon marché, fabriquée en Chine pour la marque roumaine, fait mieux que les Tesla beaucoup plus chères se revendiquant premium.
Pourquoi une telle mauvaise performance ?
La Model Y et la Model 3 sont très populaires comme voitures de société, donc de véritables « gobe-kilomètres ». Un compteur affichant 50 000 km ou plus après seulement deux ans n’a rien d’exceptionnel, alors qu’une voiture comme la Mazda 2 — vainqueur général avec seulement 2,9 % de défauts — roule beaucoup moins. Cette utilisation intensive entraîne logiquement une usure plus rapide.
Maintenance logicielle
Les experts du TÜV pointent également la philosophie d’entretien particulière de Tesla. Sans réseau classique de concessionnaires, la marque ne suit pas de planning rigoureux d’entretien annuel. Tesla mise surtout sur les mises à jour à distance (over-the-air) et les réparations dans ses rares centres de service lorsqu’un problème survient. Mais si l’on peut corriger des bugs logiciels à distance, une mise à jour ne supprime pas le jeu dans un bras de suspension ni la rouille sur un disque de frein.
Dans les marques traditionnelles, un mécanicien voit la voiture chaque année sur un pont. Un début de défaut est alors souvent corrigé avant le contrôle technique officiel. Une preuve que l’ancienne approche n’était pas si mauvaise, et que même les propriétaires de voitures électriques devraient faire vérifier leur véhicule chaque année, même s’ils pensent que ce n’est pas nécessaire.
Avertissement pour le marché de l’occasion
Le rapport TÜV sonne aussi comme un avertissement pour le marché de l’occasion. Celui-ci sera bientôt inondé d’anciens modèles de Tesla provenant du marché du leasing. La chaîne de traction est souvent encore en excellent état, mais ceux qui veulent en acheter un — et les prix deviennent de plus en plus attractifs — ont tout intérêt à faire examiner attentivement le châssis et les freins afin d’éviter des factures salées.
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