Depuis le début de l’année, la Belgique fait figure d’exception dans le paysage automobile européen. Selon les données de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), 52.867 nouvelles voitures entièrement électriques y ont été immatriculées en seulement quatre mois, ce qui implique qu’une voiture électrique sur dix vendue sur le continent a trouvé preneur en Flandre, en Wallonie ou à Bruxelles.
Ce volume d’immatriculations place la Belgique devant plusieurs pays traditionnellement bien placés sur le marché automobile, comme l’Italie (29.600 unités), l’Espagne (26.000 unités), ou encore les Pays-Bas (41.000 unités) et même la Norvège (39.000 unités) souvent citée en exemple et pionnière dans l’électromobilité. Seules l’Allemagne (158.000 véhicules sur un total de 2 millions) et la France (101.000 sur un total de 1,7 million) font mieux, mais leur taille démographique et économique rend la comparaison assez relative.
Une fiscalité incitative
On s’en doute, cette dynamique s’explique avant tout par un levier fiscal des plus efficaces : les taux de déductibilité maximum pratiqués pour les voitures de société « vertes ». On constate en effet qu’en seulement deux ans, les incitants fiscaux ont été à l’origine d’une accélération notable des choix des automobilistes professionnels pour les voitures électriques. D’ailleurs, une voiture neuve sur trois vendue en Belgique est désormais 100% électrique.
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Mais cette situation va-t-elle perdurer ? Elle pourrait changer d’ici peu, car le gouvernement fédéral a assoupli les règles concernant les voitures hybrides rechargeables. On ignore encore quel sera le comportement des entreprises face à cet aménagement. Celles-ci restent actuellement en phase d’observation, car les règles de calcul des émissions de CO2 va changer en 2026, ce qui pourrait aussi réserver de (mauvaises) surprises à ceux qui ont opté pour une hybride rechargeable (qui ne tomberait alors plus sous le coup de la déductibilité).
Un exemple pour la Commission
Il n’en reste pas moins que la Belgique ne passe pas inaperçue auprès des autorités européennes. Dans son plan directeur présenté cette année, la Commission européenne cite explicitement le système fiscal belge comme une bonne pratique et elle incite d’ailleurs les autres pays à l’adopter. On ignore toutefois si la pratique sera généralisée, car en Belgique, celle-ci vise à réduire la pression fiscale sur le travail, ce qui n’est pas nécessairement la réalité ailleurs.
Les chiffres qui classent la Belgique troisième au niveau européen sont toutefois à relativiser. Car ils ne traduisent nullement un taux d’adoption de la voiture électrique plus élevé qu’ailleurs. Car ce sont les entreprises qui choisissent. Or, chez les particuliers, les achats de voitures électriques restent trop rares en raison d’une méfiance vis-à-vis de la technologie, mais aussi de prix trop élevés. C’est ce qui explique d’ailleurs qu’en Europe, les voitures hybrides s’octroient toujours 35% de parts de marché, contre 15% à la voiture électrique.
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