Le moteur thermique fait-il vraiment un retour spectaculaire dans le monde entier ?

Les automobilistes du monde entier reviendraient massivement vers le moteur thermique. C’est ce que dévoile une étude du consultant EY. Une situation globale donc et qui laisse avec beaucoup de questions au moment où l’Union européenne doit se décider sur un éventuel assouplissement pour le 100% électrique à l’échéance 2035.

Publié le 15 décembre 2025
Temps de lecture : 7 min

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Le moteur thermique fait-il vraiment un retour spectaculaire dans le monde entier ?

Au départ, on pensait que le virage vers le tout électrique semblait irréversible. Mais cette trajectoire est aujourd’hui complètement remise en question. Car les derniers indicateurs montrent un paysage en recomposition. Le marché mondial est loin d’embrasser unanimement la batterie et on remarque un net recul de l’intérêt pour les technologies zéro émission. Selon la dernière étude d’Ernst & Young, la dynamique vers le 100% électrique est en train de basculer : leur enquête montre qu’un acheteur sur deux prévoit désormais de choisir un véhicule thermique dans les deux prochaines années. Par rapport à l’an dernier, c’est une progression à deux chiffres.

Ce retournement s’inscrit dans un contexte où les discours politiques s’assouplissent. Aux États-Unis, la résurgence d’une ligne propétrole sous l’impulsion de Donald Trump alimente la tendance. En Europe, l’horizon 2035 – censé signer la fin de la vente des moteurs thermiques – est désormais ouvertement questionné. Les acheteurs constatent surtout que l’équation technologique, économique et pratique ne se résout pas aussi facilement que prévu.

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Les raisons du revirement

Le désamour pour la voiture électrique ne tient pas à un seul facteur. Le prix d’achat demeure élevé, les réseaux de recharge sont jugés complexes ou insuffisants et la valeur résiduelle des modèles électriques est au plus bas. Résultat : les intentions d’achat de véhicules 100% électriques chutent à 14%. Plus surprenant encore : même les modèles hybrides reculent (en recul de 5 points à 16%). En revanche, l'essence et le Diesel ont la cote, car 50% des acheteurs interrogés dans le monde prévoient d’acquérir un véhicule thermique (neuf ou d’occasion) d’ici deux ans. C’est une hausse de 13 points par rapport à 2024.

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Cette prudence des automobilistes est renforcée par un climat international instable. Plus d’un tiers des acheteurs potentiels d’électriques déclarent repousser ou réviser leur projet en raison des incertitudes géopolitiques (36 %). Le rapport de EY souligne que la transition avance « plus lentement que prévu » et que les consommateurs ne veulent pas sacrifier leur mobilité ni leur pouvoir d’achat. Cette situation interpelle d’autant plus que l’Union européenne doit trancher d’ici au 16 décembre sur une série de mesures visant à soutenir l’industrie automobile et, surtout, réexaminer de la date butoir 2035 qui devait marquer l’arrêt total des voitures thermiques neuves. Mais comment légiférer et agir sans tenir compte de la trajectoire réelle du marché ?

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Deux mondes qui s’opposent ?

Cela dit, toutes les régions du monde ne sont pas logées à la même enseigne : si les ventes de voitures à batterie se contractent en Europe et en Amérique du Nord, la Chine, elle, poursuit son expansion électrique, une dynamique qui ne reflète cependant pas un attachement profond à la batterie dans l’empire du Milieu. En effet, les clients chinois recherchent avant tout des véhicules ultra-connectés et intégrés dans un écosystème numérique. Pour ce public, l’énergie utilisée importe moins que l’expérience digitale embarquée, note EY. Question de culture donc.

Quelles limites à l’étude de EY ?

EY a donc mené l’enquête. Mais celle-ci ne s’arrête toutefois qu’aux intentions et, finalement, au ralentissement du marché de la voiture électrique dont la croissance est plus faible qu’attendu et qu’en 2019 ou 2020. Les chiffres de ventes racontent toutefois une autre histoire. Car les chiffres de ventes belges et européens racontent jusqu’ici une autre histoire. En Belgique, les chiffres montrent que la transition vers l’électrification ne faiblit pas. En 2024, près de 66% des voitures neuves immatriculées étaient hybrides ou électriques, tandis que les motorisations thermiques pures ont poursuivi leur recul : l’essence est passée sous les 30% des ventes et le Diesel représente à peine 5%. En 2025, la tendance se confirme : la voiture électrique atteint environ 33% du marché sur les neuf premiers mois, l’essence reste encore la première motorisation en volume, mais sans regagner de terrain structurellement. Les hybrides non rechargeables progressent fortement, notamment auprès des particuliers. Le parc roulant reste certes majoritairement thermique, mais la bascule est visible : en deux ans, la part des véhicules électrifiés dans le parc belge est passée d’environ 11% à plus de 20%.

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En Europe, la dynamique est comparable : les ventes de voitures thermiques pures continuent de reculer, tandis que les motorisations électrifiées gagnent du terrain. Après un ralentissement du marché électrique en 2024 – avec un léger recul des ventes –, l’année 2025 montre un rebond : les voitures électriques atteignent 16,4% du marché sur les dix premiers mois, et les hybrides dominent désormais les immatriculations européennes avec plus de 34% de part de marché. En un an, la part cumulée essence - Diesel a perdu environ 10 points, tombant sous les 37%. La voilà la réalité.

Quelle perspective ?

Chez non, les acheteurs ne se ruent donc pas sur les voitures thermiques, sauf peut-être chez les particuliers qui ne disposent pas des budgets pour passer à l’électrique et ne trouvent pas vraiment d’intérêt à y passer : il n’y a pas de soutien, la différence dans les taxes est parfois ténue. Aucune vraie bonne raison donc. Le plus grand problème réside sans doute dans le fait que l’Europe a bien mal préparé cette transition. Elle n’a su tenir ses promesses ni en matière d’infrastructures ni en matière de baisses de prix. Ces dernières années, les études de l’Union garantissaient des voitures électriques pas chères ainsi qu’un maillage dense pour le réseau de recharge. Mais aucun de ces objectifs n’a été atteint. L’Europe n’a pas pu créer la confiance et c’est bien la cause du ralentissement.

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Retour au moteur thermique

Il n’empêche, un bras de fer subsiste. Et il subsistera tant que l’Europe n’a pas décidé de la trajectoire et d’éventuels assouplissements. En coulisses, plusieurs constructeurs européens se préparent d’ailleurs discrètement à prolonger la vie des moteurs à combustion, convaincus que l’Union européenne va assouplir son interdiction prévue pour 2035. Selon des sources industrielles récoltées par Automotive News Europe, des équipementiers sont déjà sollicités pour poursuivre le développement de modèles non électriques au-delà de cette échéance, un signe que les stratégies industrielles sont en train d’être réévaluées. Mercedes-Benz confirme d’ailleurs s’organiser pour proposer aussi bien des modèles 100% électriques que des moteurs thermiques électrifiés « bien au-delà des années 2030 ». Et ils ont raison.

La sortie totale des moteurs thermiques en Europe à l’horizon 2035 ne devrait finalement pas avoir lieu. C’est Manfred Weber, président du Parti populaire européen au Parlement européen, qui a confirmé ce revirement vendredi dernier en déclarant que l’interdiction stricte de vendre des voitures neuves essence ou diesel serait abandonnée. En lieu et place de cette mesure radicale, Bruxelles maintiendrait une exigence beaucoup plus flexible : les constructeurs devront réduire de 90 % les émissions moyennes de CO₂ de leurs nouveaux modèles d’ici 2035. Autrement dit, la porte resterait ouverte à certaines motorisations thermiques très optimisées ou hybrides, pour autant qu’elles respectent ce seuil drastique.

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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