ÉDITO : Le salut du moteur thermique : simple sursis ou réel renouveau ?

L’industrie automobile a remporté une bataille. La décision de revenir sur l’interdiction des moteurs thermiques est applaudie par le public passionné d’automobile. Mais, en coulisses, n’est-ce pas simplement une perte de temps ? Ceux qui pensent que le moteur thermique au caractère bien affirmé est désormais sauvé pourraient bien se tromper.

Publié le 15 décembre 2025
Temps de lecture : 4 min

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ÉDITO : Le salut du moteur thermique : simple sursis ou réel renouveau ?

Beaucoup d’amateurs d’automobiles poussent un soupir de soulagement : le moteur thermique obtient un sursis. Pas de coupure nette en 2035, pas de fin définitive pour le diesel et l’essence. Bruxelles fait marche arrière et laisse de la place aux voitures dotées de blocs moteurs, mais sous des normes d’émissions beaucoup plus strictes. Cela ressemble à une victoire pour la conduite « à l’ancienne ». Mais ceux qui regardent plus loin que ce soulagement immédiat voient un plan moins clair, qui se moque des choix courageux des dernières années et expose les décideurs politiques au ridicule.

Une expérience générique

Le plan initial était limpide : à partir de 2035, seules les nouvelles voitures sans émissions de CO₂ seraient autorisées. C’était confrontant, parfois inconfortable, mais clair. Les constructeurs, les investisseurs et les passionnés savaient à quoi s’en tenir. Aujourd’hui, cet objectif est remplacé par un taux de réduction de 90 %, assorti d’exceptions via une moyenne de flotte. Cela signifie que le moteur thermique n’est pas interdit, mais je parierais qu’il n’est pas réellement sauvé pour autant.

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Pour faire entrer les moteurs essence et diesel dans les clous, un constructeur devra malgré tout vendre beaucoup d’électriques, ou électrifier fortement ses blocs thermiques. Comme c’est déjà le cas aujourd’hui. Résultat : toutes les marques nous servent la même recette – un moteur 1.5 essence assisté par une batterie. Même dans leurs versions les plus modestes, les turbos n’ont plus aucun temps de réponse. Le moteur moderne a perdu une bonne partie de sa personnalité. Ce qui paraît diversifié en théorie finira en pratique par une motorisation générique dont on ne distingue plus l’origine : France, Allemagne ou Chine, tout se ressemble.

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Une niche pour les privilégiés

Les voitures électriques sont-elles trop chères ? Oui et non. Ouvrez un configurateur : la version hybride rechargeable équivalente coûte souvent autant… voire plus. Certes, au sein des grands groupes, cette nouvelle règle est un cadeau pour les AMG et Porsche de ce monde : ils peuvent continuer à fabriquer des moteurs sonores et musclés, dont les émissions sont compensées par une armée de modèles électriques à l’entrée de gamme. Amusant, mais cela reste une niche pour privilégiés, dont le citoyen moyen ne profite pas.

Pour les passionnés d’auto, la volte-face européenne s’accompagne d’une vérité dérangeante : ceux qui espèrent un retour durable du diesel et de l’essence se trompent lourdement. La tendance mondiale est à l’électrique, poussée par la technologie, les coûts et la concurrence. Les marques chinoises – sans parler de la Norvège – ne doutent pas une seconde et ne fondent pas leur avenir sur des demi-mesures, mais sur une stratégie claire, de l’échelle et de la vitesse. Comme les États-Unis, l’Europe risque de se convaincre que plus de temps équivaut à plus de force.

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C’est également amer pour les marques qui ont misé tôt et massivement sur l’électrification. Imaginez être à la tête d’une marque comme Polestar, qui a orienté tous ses investissements sur la base de l’interdiction promise pour 2035. Le marché est déjà suffisamment instable, et voilà que Bruxelles renie ses propres décisions. Espérons que cela sauvera des emplois, mais plusieurs études prévoient que la transition technologique liée à la fin du thermique n’entraînerait pas réellement de pertes à long terme.

Perte de crédibilité

Reste à savoir si ce sont les constructeurs automobiles ou les fabricants de batteries – et encore une fois, les Chinois – qui ont appuyé sur la gâchette de cette reculade politique en mode « procession d’Echternach ». L’Europe a complètement mal évalué son potentiel dans la production de batteries et n’a pas fait assez pour bâtir une base solide sous sa courageuse interdiction. Ce manque de vision, elle le paie aujourd’hui par une perte de crédibilité.

Je ne pense pas que le moteur thermique sorte vainqueur de cette nouvelle proposition, mais il n’est pas perdant non plus. Il reste sur le banc de touche. Bill Gates disait un jour que nous avons tendance à surestimer ce que nous pouvons accomplir aujourd’hui, et à sous-estimer ce qui sera possible dans dix ans. Or, dix ans, c’est précisément le temps qui nous sépare encore de 2035…

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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