Le mois d’octobre 2025 n’aura pas inversé la tendance sur le marché automobile belge. Selon les chiffres du SPF Mobilité et de la FEBIAC, 33.955 voitures particulières neuves ont été immatriculées, soit une baisse de -6,8% par rapport à octobre 2024. Sur les dix premiers mois de l’année, le recul cumulé atteint encore -9%, même si la contraction s’atténue légèrement depuis la rentrée.
Le segment des voitures de société qui est habituellement le moteur du marché belge, reste le principal frein : il recule de plus de 10% sur un an, avec seulement 20.726 immatriculations contre plus de 23.000 l’an dernier. À l’inverse, la clientèle privée montre une stabilité relative, avec 13.229 nouvelles immatriculations, un niveau quasi identique à celui d’octobre 2024.
Côté motorisations, la recomposition du paysage s’accélère. Les modèles essence dominent encore (38,5% des parts de marché), mais l’électrique rattrape son retard (36,4 %) et confirme ainsi la mutation du parc belge malgré un contexte économique incertain et des aides à la transition jugées insuffisantes par les professionnels.
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Un marché de l’occasion dynamique, mais vieillissant
Si le neuf peine à redémarrer, le marché de l’occasion reste lui relativement solide. D’après les chiffres de TRAXIO, 65.351 voitures d’occasion ont changé de mains en octobre, soit une baisse plus modérée de -2,8% par rapport à 2024. Sur les dix premiers mois de 2025, le secteur enregistre cependant une légère progression de +0,5%, avec 621.316 véhicules immatriculés, un résultat presque équivalent à celui de l’an dernier et qui était pourtant exceptionnel.
Ces chiffres confirment une tendance structurelle : près de deux immatriculations sur trois en Belgique concernent désormais un véhicule d’occasion (63,5% en 2025 contre 58,4% deux ans plus tôt). L’occasion devient donc la voie privilégiée d’accès à la mobilité, notamment dans un contexte de taux de crédit élevés et de prix record sur le neuf. Mais cette vitalité cache une autre réalité, plus préoccupante celle-là : le parc automobile belge vieillit de plus en plus rapidement. L’âge moyen des voitures revendues atteint 9 ans et 10 mois et plus de 22% d’entre elles ont plus de 15 ans. Les statistiques montrent que de nombreux particuliers se tournent vers des modèles plus anciens et abordables, ce qui, forcément, freine la décarbonation du parc. Quoiqu’une voiture non remplacée est aussi une voiture non produite. Mais ça, ce n’est toujours pas comptabilisé : on se focalise sur les seules émissions de CO2 à l’échappement, ce qui est réducteur.
Les motorisations reflètent également cette inertie : le moteur essence reste dominant (55,8%) tandis que le Diesel recule encore (26,4%). L’électrique (4,3%) et l’hybride (13%) progressent, mais trop lentement pour rajeunir le parc. Et à cela, il faut ajouter une confiance fragilisée des consommateurs selon Filip Rylant, porte-parole de TRAXIO : « le marché reste stable, mais l’attentisme domine. Il faudra voir si les promotions pré-Salon de l’Auto [2026] relanceront la dynamique. »
Un secteur européen convalescent
Ce ralentissement ne se limite pas à la Belgique : l’ensemble du secteur automobile européen vit une période d’ajustement. Après une année 2025 marquée par des avertissements sur résultats en série, les grands constructeurs – de Volkswagen à Stellantis, en passant par Porsche, Mercedes-Benz et Renault – cherchent à redresser la barre.
Selon les dernières analyses de Bloomberg Intelligence, 2025 devrait marquer le point bas de la rentabilité du secteur. Les industriels paient à la fois les conséquences d’un ralentissement du marché des véhicules électriques, d’une demande atone en Chine, de droits de douane américains renforcés et de tensions sur l’approvisionnement en semi-conducteurs. En particulier, la crise actuelle Nexperia se prolonge. Malgré les signaux positifs de ce week-end, les tensions avec la Chine persistent et une interruption prolongée des livraisons de puces a été annoncée. Pour l’heure et malgré l’accord intervenu avec les États-Unis, chacun campe sur ses positions.
2026, retour des jours meilleurs ?
Malgré ce climat tendu, les perspectives semblent toutefois s’éclaircir pour 2026. Les ventes de voitures en Europe progressent depuis trois mois consécutifs et plusieurs signaux laissent espérer une remontée durable. Les analystes anticipent un rebond des bénéfices pour l’ensemble du secteur en 2026 et 2027, soutenu par des plans de réduction des coûts et des aides publiques à la transition électrique. En Allemagne, près de 3 milliards d’euros de nouvelles subventions sont programmés pour stimuler les ventes de véhicules à batterie jusqu’en 2029. Ces mesures combinées aux efforts internes des constructeurs pour rationaliser leurs gammes pourraient redonner de l’élan à l’industrie.
Les signaux sont déjà visibles : Porsche estime avoir surmonté la phase la plus critique et revoit à la hausse ses marges sur le segment du luxe. Du côté de chez Volkswagen, le flux de trésorerie semble solide malgré une charge exceptionnelle liée à la réorganisation. Chez Mercedes-Benz, la stratégie se concentre sur la maîtrise des coûts avec un vaste plan d’économies accompagne un rachat d’actions de 2 milliards d’euros. Stellantis commence, lui, à redresser la barre en Amérique du Nord grâce à une offre SUV repensée tandis que Renault profite du succès de ses nouveaux modèles comme la Dacia Bigster avec une hausse de chiffre d’affaires de +7% au troisième trimestre. L’ensemble de la filière estime donc avoir touché le fond. Peut-on y croire ? À suivre...
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