Pourquoi les Belges n’osent plus faire de l’auto-stop ?

Longtemps symbole de liberté et d’économie pour se déplacer, l’auto-stop a presque disparu de nos routes. Et il y a de bonnes raisons à cela. Certes, les formes de mobilité alternatives et certaines solutions de transport bon marché se sont développées, mais les Belges avouent aussi craindre pour leur sécurité. L’âge d’or de l’auto-stop est loin... 

Publié le 5 octobre 2025
Temps de lecture : 3 min

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Pourquoi les Belges n’osent plus faire de l’auto-stop ?

Pendant des décennies, lever le pouce en bord de route faisait partie du paysage routier européen. Étudiants, routards et automobilistes formaient un écosystème plutôt spontané où régnaient entraide et économie. Mais aujourd’hui, les choses ont radicalement changé et la pratique est devenue marginale.

Dans les années 1970, des initiatives comme Taxistop avaient cherché à structurer ce mode de déplacement. Les membres étaient assurés et versaient une modeste contribution au conducteur, ce qui rendait l’auto-stop plus sûr et mieux accepté. Le succès avait été immédiat.

La sécurité, le frein

Mais au fil des décennies, un facteur a fragilisé la pratique : le sentiment d’insécurité. En Belgique, l’affaire Dutroux a profondément marqué les esprits selon certains observateurs. Cette sombre période a renforcé l’idée que l’auto-stop représentait un danger. Les préoccupations de sécurité personnelle sont devenues prioritaires, au détriment d’une pratique jugée trop risquée.

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Pourtant, les données ne corroborent pas ce sentiment : le risque réel reste limité, à condition que le dispositif soit encadré. Taxistop reposait précisément sur ce principe : assurance, identification des conducteurs et compensation financière. Aujourd’hui encore, des applications permettraient de sécuriser les trajets, par exemple grâce à l’enregistrement des plaques d’immatriculation. Mais il règne néanmoins un climat de méfiance qui semble difficile à casser.

Des alternatives

Le déclin de l’auto-stop réside également dans la montée en puissance de solutions alternatives. Le covoiturage organisé via des applications dédiées s’est imposé comme une pratique crédible. Au point que le nombre d’adeptes du covoiturage est aujourd’hui comparable à celui des transports publics, signe d’une véritable intégration dans les habitudes de mobilité.

À côté, d’autres services connaissent un essor notable. C’est le cas des services de voitures partagées comme Cambio, mais aussi des solutions de voyage à bas coût comme les Flixbus qui permettent de relier de nombreuses villes européennes pour quelques euros seulement, le tout avec une connexion WiFi à bord. Les temps changent et la solution de l’auto-stop apparaît de plus en plus surannée.

L’auto-stop n’a pas totalement disparu, mais la pratique reste marginale. Ce qui est aussi dommage, car c’est un potentiel sous-exploité. Car à l’heure où on prône la sobriété énergétique à tout va, l’auto-stop nous rappelle aussi qu’un véhicule peut transporter plus qu’un seul passager...

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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