Si la transition vers la voiture électrique est souvent perçue comme une solution écologique, elle ne règle évidemment pas tous les problèmes environnementaux liés à l’automobile. Les batteries restent en effet très énergivores à produire, les tôles nécessaires aux carrosseries génèrent encore d’importantes émissions de CO2 tandis que les freins et les pneus participent également à la pollution de l’air avec des émissions de particules fines notamment.
Consommable par nature, le pneu s’use et se remplace. Or, sa production comme son usage libèrent des particules polluantes. C’est sur ce point que Continental concentre ses efforts sur la capacité à produire des pneus 100% durables d’ici à 2050. D’ici 2030, l’objectif est d’atteindre un seuil de 40% contre seulement 26% actuellement. La route est encore longue...
L’huile de cuisson
Et justement, Continental vient de franchir une nouvelle étape. L’industriel révèle l’intégration d’un nouvel ingrédient pour le moins inattendu dans sa production : de l’huile de cuisson usagée. Collecté auprès de fournisseurs spécialisés comme Synthos et TotalEnergies Cray Valley, ce type de résidu est utilisé dans la fabrication du caoutchouc synthétique. les partenaires ont été sélectionnés pour leur conformité aux critères de durabilité de la certification internationale ISCC PLUS.
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Rappelons que les pneus modernes combinent deux types de caoutchouc : le naturel – principalement employé pour la bande de roulement en raison de sa résistance aux chocs – et le synthétique qui présente une faible résistance au roulement et de meilleures caractéristiques pour le freinage. C’est dans ce dernier – le synthétique donc – que l’huile recyclée est désormais incorporée. Dans quelle proportion ? Jusqu’ici Continental se garde bien de dévoiler sa recette.
Un virage prometteur
Cela dit, l’intérêt de cette nouvelle technique dépasse le seul volet environnemental de la production. Car l’usage de composants plus durables permet aussi de limiter la toxicité des particules émises lors de la phase d’usure, ce qui réduit ainsi l’impact négatif sur la santé publique et l’environnement. Last but not least, Continental annonce aussi que les pneus produits avec cette huile seraient aussi plus faciles à recycler.
L’ensemble du secteur aussi
On s’en doute, Continental ne se positionne pas seul sur ce créneau. Le groupe se targue néanmoins d’être le premier fabricant à intégrer l’additif pour caoutchouc TMQ du chimiste LANXESS qui affiche une empreinte carbone inférieure de 30% par rapport à sa version classique. Mais d’autres acteurs du secteur, comme Michelin, avancent sur des terrains complémentaires. Le manufacturier français a récemment dévoilé un système de mesure des particules issues de l’usure des pneus afin d’en analyser l’impact sanitaire et d’ajuster la composition des futurs produits futurs.
L’utilisation de l’huile de friture usagée est inattendue. Et non, bien évidemment, elle ne permettra pas aux amateurs de drifts d’exécuter de grandes glisses lors de leurs sorties sur circuit. Bien au contraire. Cette innovation s’inscrit dans une trajectoire à long terme, celle d’une décarbonation où chaque composant compte.
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