EcoFlow a mis en ligne son HeatGuard, un film solaire semi-rigide destiné au toit panoramique des Tesla Model 3 et Model Y. La marque, née en 2017 d'une équipe d'ingénieurs batterie transfuges de DJI, s'est bâti une réputation solide sur les stations d'énergie portables avant de multiplier les accessoires solaires. Le produit a d'abord circulé sur X avant d'alimenter un fil entier sur le forum r/TeslaLounge, preuve que le sujet intrigue autant qu'il prête à confusion. Et il y a de quoi. Car la promesse d'une voiture qui carbure au soleil ne correspond pas tout à fait à ce que fait réellement l'accessoire.
A solar panel that fits right on the roof of the Model Y https://t.co/eXOWbrhqEn pic.twitter.com/vsUba9Irw0
— Whole Mars Catalog (@wholemars) July 14, 2026
Cellules et isolation
Le film solaire se colle directement sur le toit vitré avec un adhésif double face 3M VHB, sans laisser de trace au retrait. Deux versions existent : 256 W pour la Model 3, en deux modules de 2,4 kg chacun et 290 W pour la Model Y en une seule pièce de 5 kg. EcoFlow mise sur des cellules TOPCon de type N, un standard aujourd'hui parmi les plus performants du marché avec un rendement annoncé à 25 %. L'étanchéité IP68 et une durée de vie de cinq ans complètent la fiche technique, pour un tarif qui tourne autour de 683 euros pour l’application réservée au Model Y. En prime, le film joue un rôle de bouclier thermique avec une isolation annoncée supérieure à 10°C sous le pic de chaleur habituel du toit. Un vrai plus quand le thermomètre s'affole.
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Une énergie qui file ailleurs
Mais il y a un endroit où le bât blesse. Car l’énergie produite ne permet en fait pas de recharger ou de faire avancer la voiture. La fiche produit d'EcoFlow le précise d’ailleurs : le film recharge une station d'alimentation portable, pas la batterie de propulsion. L'électricité captée n'entre jamais dans le circuit électrique de la voiture. Elle file vers une batterie externe de la marque, une réserve d'énergie autonome que l'on pose à côté du véhicule ou qu'on embarque en voyage avec un rendement de 1,3 kWh par jour en plein soleil pour la Model 3 et 1,5 kWh pour la Model Y. Comptez trois à quatre jours d'exposition pour tenir un week-end de camping. On est donc loin d'une Tesla qui grappille des kilomètres pendant qu'elle patiente sur un parking.
Cette approche se distingue donc nettement de ce que fait par exemple Nissan avec son Ariya Solar Concept dévoilé fin janvier 2026 en partenariat avec le néerlandais Lightyear qui a fait faillite depuis. Ses 3,8 m² de cellules réparties sur le capot, le toit et la lunette arrière rechargent directement la batterie de traction, avec 23 km d'autonomie récupérés par jour, du moins en théorie.
Un horizon qui recule
Ces deux exemples n'appartiennent d'ailleurs pas au même monde. L'Ariya Solar Concept reste un simple démonstrateur signé par un constructeur généraliste et sans date de commercialisation annoncée. À l’inverse, Aptera est une entreprise entièrement bâtie autour du véhicule solaire, mais dont la promesse tarde à se concrétiser : son usine de Carlsbad tourne et une quinzaine de carrosseries y sont visibles en cours d'assemblage. Mais les premières livraisons promises pour cette année se font toujours attendre.
Avant elle, un autre constructeur avait tenté le pari d'une voiture roulant uniquement au soleil. Lightyear a fini par déposer le bilan en 2023, après avoir stoppé la production de sa berline solaire faute de financement. Ce sont deux trajectoires différentes, donc, mais qui racontent la même histoire : la voiture qui roule au soleil reste aujourd'hui encore une équation des plus difficiles à résoudre...
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