Encore plus que les codes-barres traditionnels, les QR codes font désormais partie de notre quotidien. Panneaux d’information, magazines, emballages, menus, terminaux de paiement, et même bornes de recharge pour voitures électriques : un peu partout, ces petites mosaïques servent de porte d’entrée vers une information supplémentaire ou une application, après un simple scan avec un smartphone.
C’est pour cette raison que l’ingénieur Masahiro Hara, au début des années 1990, a eu l’idée d’inventer quelque chose de plus performant que le code-barres classique, limité par une vingtaine de lignes et donc par la faible quantité d’informations qu’il peut contenir. Hara travaillait chez Denso Wave, une filiale (partielle) de Denso, elle-même intégrée au groupe Toyota. Cette entreprise est depuis toujours l’un des grands fournisseurs de pièces du plus grand constructeur automobile au monde.
Il a donc conçu le QR code (pour Quick Response), après que Toyota a demandé un système permettant d’identifier plus rapidement et plus clairement les pièces grâce à des caméras numériques, afin de rendre la chaîne logistique et la gestion des composants plus efficaces.
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Une inspiration venue d’un jeu de plateau
Hara s’est inspiré du jeu de Go, un jeu de plateau de stratégie où l’on place des pions sur un damier. Il rappelle un peu le jeu de dames.
Le grand avantage du QR code, c’est qu’il permet un nombre beaucoup plus élevé de combinaisons, et donc de stocker beaucoup plus d’informations. Autre atout : même un QR code partiellement endommagé reste lisible grâce à l’algorithme qui se cache derrière. Très pratique, par exemple, dans un compartiment moteur, où la saleté ou l’usure peuvent facilement altérer un code au point de le rendre illisible.
Quelques années après avoir adopté les QR codes, Denso et Toyota ont ouvert la technologie à d’autres utilisateurs. Mais ce n’est qu’au XXIᵉ siècle, avec l’arrivée massive des téléphones équipés d’appareils photo et l’essor de l’internet mobile, qu’ils sont devenus réellement populaires.
Il existe aujourd’hui différentes variantes, avec plus ou moins de blocs, dans diverses couleurs, et parfois même intégrant un logo d’entreprise. Les trois grands carrés situés dans les coins restent toujours présents : ils servent de repères pour que le lecteur numérique sache dans quel sens interpréter le code.
Un berceau de l’innovation
Toyota, via Denso dans ce cas-ci, a souvent été un berceau de l’innovation industrielle. On pense notamment au Toyota Production System, qui a permis à ses usines d’opérer de manière bien plus efficace que la norme de l’époque, en éliminant les gaspillages et les déplacements inutiles.
On sait que des constructeurs allemands comme Porsche se rendaient au Japon dans les années 1990 pour étudier les méthodes de Toyota et améliorer leurs propres processus. Il faut toutefois rappeler que bon nombre de ces principes trouvent leur origine… aux États-Unis. Les Américains les avaient introduits au Japon après la Seconde Guerre mondiale afin d’y reconstruire l’industrie.
La philosophie Kaizen, qui consiste à améliorer continuellement les processus, par tous les intervenants, est également née au Japon et a été appliquée à grande échelle pour la première fois par Toyota. Une démarche toujours payante aujourd’hui, puisque les voitures de la marque figurent fréquemment parmi les meilleures dans les classements de fiabilité.
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