Ce procès pourrait faire jurisprudence, car, outre Volkswagen, de nombreuses marques automobiles utilisent également des commandes tactiles sur le volant, comme Mercedes, BMW ou Tesla. En fonction de l’issue de la procédure, Peugeot pourrait être aussi amené à revoir son concept de volant carré basé sur cette technologie.
Dommages matériels coûteux
Que se passe-t-il concrètement ? Aux États-Unis, deux conducteurs d’un Volkswagen ID.4 électrique poursuivent la marque en justice, affirmant qu’ils ont « peur d’utiliser encore leur voiture ». En effet, lors de manœuvres de stationnement, ils ont accidentellement effleuré le bouton tactile du régulateur de vitesse adaptatif. Résultat : l’un a percuté la porte de son garage, l’autre un arbre. En dehors d’une légère blessure à la main, les incidents n’ont pas fait de blessés graves, mais les dégâts matériels ont atteint jusqu’à 12.000 euros dans l’un des cas.
Par ailleurs, des dizaines de plaintes similaires ont été enregistrées auprès de l’agence américaine de sécurité routière (NHTSA), concernant des accélérations involontaires ou des freins d’urgence défaillants. Ces incidents ont souvent eu lieu pendant les manœuvres de stationnement, moment où les boutons sont le plus souvent touchés par inadvertance. Depuis l’an dernier, l’agence mène une enquête, ce qui pourrait pousser davantage de victimes à se tourner vers la justice, voire mener à une interdiction totale de ce type de commande.
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Violation des lois sur la consommation
La plainte ne se limite pas à une critique sur la sensibilité des boutons dits « capacitifs » ; les plaignants accusent également Volkswagen de fraude, de rupture de contrat et de violation des lois sur la protection des consommateurs. Ils affirment que l’entreprise était au courant du problème, mais n’a rien fait pour y remédier. La question est désormais de savoir si ce procès aboutira à une simple indemnisation ou à un rappel massif de véhicules — une option bien plus coûteuse, mais fréquente dans l’industrie automobile actuelle.
Un retour aux bons vieux boutons ?
Volkswagen est effectivement conscient des critiques. Lors du restylage de la Golf 8 l’an dernier, les boutons physiques traditionnels ont fait leur retour — ironiquement, sur le même modèle qui avait inauguré les boutons capacitifs en 2019. D’autres marques, comme Hyundai, ont également annoncé un retour en arrière, en réintroduisant des boutons physiques sur certains modèles, comme on peut le voir sur la nouvelle Ioniq 6 restylée. Cela dit, il ne faut pas oublier que les touchpads sont appréciés par les constructeurs pour leur flexibilité et leur capacité à regrouper plusieurs fonctions, ce qui permet de réduire les coûts.
Pas seulement Volkswagen
Ce dossier montre surtout que les intérieurs de voitures inspirés des smartphones et tablettes ne sont pas des succès unanimes. Volkswagen n’est pas le seul constructeur visé. En 2023, Tesla a retiré le levier de clignotant traditionnel des Model 3 et Model Y pour le remplacer par des boutons sur le volant. Cette décision a suscité de vives critiques : de nombreux conducteurs ont signalé un manque de retour physique et une dangerosité en situation de stress. Tesla est depuis revenu partiellement sur cette décision.
Vers une prise de conscience ?
L’ensemble de l’industrie automobile suit cette affaire de près. La prise de conscience d’une digitalisation excessive des habitacles commence à émerger. Le verdict de ce procès pourrait accélérer un retour vers les boutons physiques, une solution éprouvée qui reste largement plébiscitée par les conducteurs.
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